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Chronique
 | note : 17/20 | Les bons live de groupes de death metal ne sont pas légion et pour tout vous dire sont plutôt rares si on excepte les bootlegs au son horrible comme le live in Brazil de Monstrosity. Pas simple de faire ressortir sur un disque l’essence d’un bon live tout en obtenant un son correct, sachant qu’un concert de folie peut être antagoniste à une bonne prise de son.
Cependant l’exercice ici a l’air d’avoir fonctionné avec Cryptopsy, et leur brutal death / grind de ce None So Live (2003) dégage une force et une brutalité peu commune.
Enregistré à domicile dans leur ville de Montréal, on sent les québécois parfaitement à l’aise sur cette date qui clôt une longue tournée. Ce choix est judicieux pour deux raisons : la première il n’y a qu’à écouter les échanges entre Martin Lacroix et le public, évidemment entièrement acquis à leur cause pour comprendre, tabernacle ! La seconde raison est qu’en fin de tournée, les musiciens sont parfaitement à l’aise sur les morceaux joués des dizaines et des dizaines de fois. Vous constaterez effectivement à quel point Jon Levasseur et ses acolytes sont affûtés !
Dès les premières notes de l’intro, on sait que Cryptopsy va débuter par Crown Of Horns, et quel démarrage, un des morceaux les plus violents du groupe. L’habileté et la rapidité de nos bûcherons est impressionnante, Flo Mounier le batteur fou a encore accéléré par rapport à la version studio. A noter que Martin Lacroix s’en tire aussi bien que Lord Worm au niveau du chant, avec son style à mi-chemin entre ce dernier et de Mike Disalvo.
En ce qui concerne la set-list, Cryptopsy a habilement pioché dans ces quatre albums studio précédents : ainsi s’enchaînent White Worms et Cold Hate, Warm Blood (Whisper Supremacy), Shroud (And Then You’ll Beg), le redoutable Phobophile et Slit Your Guts (None So Vile).
Le groupe a même ressorti du placard un vieux morceau du premier album Defenestration que le public accueille avec un enthousiasme non dissimulé, encore un titre des plus furieux mais ça c’est la routine chez Cryptopsy qui pratique couramment le 260 bpm.
Force est de constater que si sur albums on remarque une cassure entre Blasphemy Made flesh / None So Vile et les plus récents Whisper Supremacy et And Then You’ll Beg, ce n’est pas le cas dans ce live qui en plus d’être dévastateur est homogène : aucun titre ne vient ici faire baisser l’intensité et c’est tant mieux.
En intermède avant le bouquet final, le batteur supersonique (on ne le dira jamais assez) pose au milieu de Graves Of The Fathers un solo de batterie à en faire avaler ses baguettes à Lars Ulrich (normal), mais aussi à la majeure partie de ses collègues marteleurs dans le death metal (moins normal).
« On va en faire une p’tite dernière pour vous autres qu’on aime tant » comme l’explique le chanteur. Un dernier titre en rappel Slit Your Guts tiré de leur disque le plus marquant None So Vile et les musiciens lâchent tout ce qu’ils ont, ce diable de Flo Mounier parvient encore à accélérer le tempo par rapport la version originale.
Voilà le tour est joué, la leçon simultanée de brutalité doublée de précision touche à sa fin, et comme le veinard public de Montréal il y a de fortes chances pour que vous ayez pris un pied d’enfer devant une telle démonstration de force.
Bien sûr ce live a effectué un petit stage au Victor Studio chez Pierre Rémillard pour rebooster un peu le son en studio (il faut bien que je trouve un truc à critiquer) mais que le premier qui n’a jamais fait ça leur jète la pierre…
Quoi qu’il en soit cela ne remet pas en cause l’esprit spontané de ce live et c’est bien là l’essentiel.
Septique sur les productions live des groupes de death metal ? Foncez sur celui-ci et le problème sera résolu.
BG
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Vendredi 18 Avril 2008 |

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