In Hoc Signo Vinces

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Nom du groupe Cristalys
Nom de l'album In Hoc Signo Vinces
Type Album
Date de parution 26 Fevrier 2013
Labels Pagan Pride
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album18

Tracklist

1. In Hoc Signo vinces
2. S'Rhiogal Mo Dhream
3. La Marche des Insurgés
4. Soldats du Sang
5. Sigilum Militul Templi
6. Drang Nach Westen
7. La Valse des Martyrs
8. Incantation Franque
9. Mercenaires de l'Ancien Temps

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Cristalys


Chronique @ AlonewithL

13 Mai 2013

Par la fleur de lys et la croix celtique, au nom des francs et des gaulois

Qu’importe les monarques, les ornements de couronne, les traditions et les nations. C’est par ces mots, lourds de conséquence, que l’on a éduqué ces dernières générations. Nous nous sommes ainsi détournés de fausses futilités pour mieux se gaver des vraies. L’insouciance et le pavanement auront au final un prix. Et personne n’est prêt à le payer. La déchéance menace tous les habitants d’un pays. Qu’importe le multiculturalisme, sorte de non-culture qui depuis des décennies nous arrachent à nos racines et nous condamnent à vivre l’instant sans jamais œuvrer pour l’avenir. L’Histoire nous a appris énormément de choses. Elle est de moins en moins inculquée au grand damne d’une jeunesse qui devra affronter de plein fouet les remous d’un monde en constante ébullition. Beaucoup de leçons sont à tirer du passé, et nous devrions être fiers de la terre qui nous a fait naître. Cette terre, au nom de nation, a été maintes fois baignée dans le sang des hommes et des femmes, pourtant, elle a fait pousser le blé qui nous a nourri, elle a fait les murs de nos chaumières. Fils et filles de France entendez la voix de « Cristalys », l’âme perdue de vos ancêtres.

Cette voix, elle résonne depuis l’abîme et l’an 2002. Création commune de Northail et de Blizzard, « Cristalys » est un produit du littoral du sud-est de la France. Nous aurons aussitôt l’audace et l’expérience de songer à d’autres formations affiliés au black metal, caractéristiques de cette région de Provence, parfois décriés à tort ou à raison pour leur penchant nationaliste. Il en va ainsi de « Peste Noire », de « Seigneur Voland », pour les plus connus. « Cristalys » se consacre effectivement dans ses textes à la passion, que dis-je, à l’amour fidèle et extrême de sa terre natale, à la tradition plurimillénaire qui a fait autrefois de la France (ou Gaule) une des nations les plus craintes et respectées. La fleur de Lys accolée à la croix celtique n’est pas sans rappeler l’existence d’un passé glorieux, avant même l’avènement de la République. Cette dernière serait illégitime et pernicieuse pour les membres de la formation. Le « ministère en bois », à l’abri derrière les fausses dorures, aurait remplacé le trône d’or qui gouvernait autrefois sous un chêne.

Quelques années se sont écoulées suite à son avènement. Riche désormais de deux démos réalisées en 2004 (« Jadis…vers les Puretés ») et en 2006 (« Quintessence Celtique »), puis d’un album en 2009 (« Sureminence ») révélant au grand jour les travaux allaités par la nostalgie et la profondeur épique de « Cristalys ». Depuis sa fondation, cette maison s’est étoffée de nouveaux chevaliers, ayant tous une approche différente à la musique, mais une volonté commune, inébranlable. Imaginez la précision, la vélocité d’un « Crystalium », la mélancolie païenne d’un « Belenos », la désinvolture d’un « Peste Noire », la noblesse et parfois le côté noctambule d’un « Forbidden Site ». De ces pierres, ils ont bâti les murs de leur second album « In Hoc Signo Vinces ». L’ouvrage paraît sur leur label Pagan Pride et s’abreuve une fois encore des pensées qui ont donné naissance au projet. « La France fut faite à coups d'épée. La fleur de lys, symbole d'unité nationale, n'est que l'image d'un javelot à trois lances. », disait Charles de Gaulle. « Cristalys » est une arme au service de ce qui fît la grandeur de la France.


Sans s’aventurer par hasard, les humbles et passifs auditeurs que nous sommes retiendrons un second chapitre riche et conséquent, peut-être aussi valeureux que fut le premier. Au vue du titre d’album et donc aussi de l’introduction éponyme, il y aurait de quoi s’interroger sur le sens des mots « In Hoc Signo Vinces ». Les curieux iront voir là une allusion édifiante à l’empereur romain Constantin Ier et à sa conquête du trône de Rome. « Par ce signe tu vaincras » ; ce signe était alors la croix du Christ. Peut-on y voir un détournement de ce symbole romain et chrétien au profit des francs et païens ? La question se pose, mais deviendra vite futile, sans grand intérêt, à l’écoute de l’œuvre. Car ce qui compte avant tout c’est la musique, le reste n’est que libre interprétation. Elle est martiale d’entrée. L’introduction nous propulse à découvert en pleine préparation de bataille. Nous assistons à une véritable mise en pression ordonnée, calculée, à la constitution de factions prêtes à s’affronter. La phrase de Constantin « In Hoc Signo Vinces » est plusieurs fois proférée, comme si l’on voulait ressusciter un mythe, galvaniser une armée en lui montrant un signe du ciel. Le signe de « Cristalys » n’est aucunement céleste, il vient de la noirceur d’une terre fertile.

Cette noirceur, nous aurons tout le temps de la rencontrer. Elle devra néanmoins s’atteler à franchir la barrière impénétrable produite par le duo guitare rythmique/batterie sur « S’Rioghal Mo Dhream ». L’alliance de choc va nous initier à la puissance, au courage. Le martellement et le grondement produits ont quelque chose d’épique, de militaire. Pour l’égaler, le chant black de Northail, décharné, nerveux, aura fort à faire. Et comme pour nous égarer, la formation s’emploie à quelques menues incursions contemplatives heavy metal en fin de piste. Enthousiasme et fougue renouvelés avec « Soldats du Sang ». Ce n’est plus exactement à la même rythmique de rouleau compresseur auquel nous assistons. Ici, elle serait saccadée, sujette à des spasmes, nous amenant droit à l’excellente illumination du milieu de piste, au comble de l’harmonie. Le titre diffuse un vibrant appel à marcher en rangs fermés au service du glaive et de la royauté. Un appel à contrer les pourfendeurs de l’ancien temps, qui ne sont autre que les mercenaires avides de la mondialisation.

Honneur aux hommes vaillants. Hommage aux prussiens et à la solide Germanie sur « Drang Nach Westen » (allusion à la longue phase de peuplement et de conquêtes allemandes en Europe Centrale depuis la création de l’ordre teutonique en 1191). Étrange vision que voilà. L’entame couverte d’une nappe de brume a de quoi nous glacer le sang. Des râles se font entendre malgré cette épaisse couverture. Cette étrange atmosphère, ces limbes, vont resurgir pour nous hanter sur une bonne partie du morceau. La rigueur de la guitare de J'Hell'M et du chant de Northail tenteront à plusieurs reprises de contrer cette malédiction. Ils redoubleront d’effort, pris d’une cruelle détermination. La longue Histoire de la nation au-delà du Rhin est immanquablement, à jamais, associé au court épisode critique et polémique de la seconde guerre mondiale. « La Valse des martyrs » nous renvoie pèle-mêle au bombardement de Dresde, aux règlements de comptes de toutes sortes qui ont essaimé l’Europe entière, la France, dans l’après 1944, allongeant la longue liste macabre par des pointillés. Des vaincus, d’anciens bourreaux, des pommés et des victimes collatérales pour beaucoup. Nous entrons dans un véritable cauchemar. Pour tout accueil, le morceau proposera des errements stridents et mécaniques, puis une musique langoureuse, progressive, tragique. Le riff qui ouvre le refrain est un regain vital, un soubresaut de dignité, pour affronter un spectacle vous donnant la nausée. La victoire a un goût amer.

Nous ferons également état de ces incursions progressives, à la délicatesse froide et enivrante, sur l’entame de « Sigilum Militum Templi ». Une oasis qui sera rapidement prise d’assaut, cédant face à la toute-puissance des coups de Wolfsangel couplés à des sonorités épiques grandiloquentes. Le refrain fera rejaillir un tout autre paradis, lumineux cette fois. Les paroles « In Hoc Signo Vinces » se rappellent même à notre bon souvenir. Et comme si cela ne suffisait pas, une petite partie instrumentale incluse peu avant le dernier tiers-piste, nous mènera au comble de l’extase. A tous ceux qui n’auraient pas encore jaugé l’entité la plus éminente, sachez que « Cristalys » s’impose physiquement et techniquement. Il est mobile, caractériel, foudroyant, massif. Les mélodies ont une âme malgré cette image impassible que l’on retiendra, parfois de manière frustrante. Ainsi l’ombrageux « Incantation Franque » nous laisserait quelque peu songeur. Est-ce la pesanteur obsédante qui nous tracasse dans ce morceau ? Est-ce cette sauvage et taciturne batterie, broyeuse de vieux os, qui nous fascine ? L’invocation de tous ces anciens dieux éveillera nos craintes.

Les dieux oubliés réclament leurs offrandes dues. Le sang est appelé à être versé impitoyablement pour pitance et réparation. Les furies sont de sortie. Justice doit être rendue. Par la bravoure et la férocité, les « Mercenaires de l’Ancien Temps » agiront en justiciers vengeurs. Tirés du confort douillet d’une aube divine, ces cavaliers nous initierons au crépuscule démoniaque, au massacre et à la haine. Les fières cavalcades sont entrecoupées de scènes atroces et d’une surenchère de violence. Cette violence atteindra un point culminant avec « La Marche des Insurgés ». Le chant hargneux, haineux est en proie à de sombres souvenirs, au vertige de la vengeance. La troupe procède à une marche. Identique à celles de leurs ancêtres, qu’ils aient eu lieu dans les chemins de Vendée ou ailleurs. Celle de « Cristalys » mènera à un coup d’éclat final, chassant toutes traces de mélancolies laissées. « Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais » ; telle était la devise du général Charette de la Contrie.

Par la fleur de lys et la croix celtique, au nom des francs et des gaulois, « Cristalys » a vaincu et franchit les portes de la félicité. « In Hoc Signo Vinces » ne sera pas retenu pour la signification liée à l’empereur Constantin. Point de dévouement à la foi chrétienne ou à l’Empire, chez cette milice. Celle pour la France et pour un retour aux valeurs ancestrales prévalent au-dessus de tout. L’Histoire, passant tour à tour de grandeur à décadence, de décadence à grandeur, est en perpétuel écriture. Trop peu savent la lire, personne n’en connait tous ses secrets. Elle est indéchiffrable, ineffaçable, incalculable. Il en est ainsi. Le black pagan de « Cristalys » a fait bien plus que de s’étendre sur quelques marquants récits, il nous a permis de connaître un fort potentiel français, prêt à défendre l’honneur d’une nation dans un genre dominé par les pays du Nord. Par son éloquence, la qualité de ses textes, du son remarquablement soigné et de sa composition méthodique, le groupe triomphera des obstacles mis en travers sa route. Nul ne saura résister à sa musique. Ce second album, espérons-le, sonne une charge à venir, où les plus preux et plus talentueux vaincrons. Et la France, la grande nation guerrière, a été plusieurs fois victorieuse sur de nombreux théâtres.

16/20

3 Commentaires

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Icare - 19 Mai 2013: Eh ben dis donc, sacré pavé (on dirait que j'ai trouvé mon maître en la matière! :-D).

Ceci dit, chronique très bien rédigée et qui donne sacrément envie de se pencher sur cette offrande. Les références à Bélénos et Crystalium ainsi que cette narration historico-épique ont attisé ma curiosité. Merci beaucoup pour le papier!
AlonewithL - 21 Mai 2013: Tu peux le dire. Des écrits comme ça je n'en ferai pas souvent. J'ai failli avoir le fion retourné, et les trois derniers paragraphes ont été très difficiles à écrire. J'ai estimé qu'il fallait aborder l'oeuvre en profondeur pour la comprendre. Cela va plus loin que le reflet royaliste ou identitaire. On ne peut pas vraiment passer furtivement au-dessus de cette oeuvre. Pour moi, il aurait été indélicat de faire autrement.
svad - 03 Août 2013: Bravo, très beau texte. Outre la chronique, que tu fais toujours avec originalité et application, une certaine introspection. Merci.
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