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| 24 Fevrier 1994 - Cacophonous Records |

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1. Darkness Our Bride (Jugular Wedding) 2.00
2. The Principle of Evil Made Flesh 4.34
3. The Forest Whispers my Name 5.06
4. Iscariot 2.33
5. The Black Goddess Rises 6.48
6. One Final Graven Kiss 2.15
7. A Crescendo of Passion Bleeding 5.30
8. To Eve the Art of Witchcraft 5.28
9. Of Mist and Midnight Skies 8.10
10. In Secret Love We Drown 1.29
11. A Dream of Wolves in the Snow 2.10
12. Summer Dying Fast 5.39
13. Imperium Tenebrarum 0.49 (Hidden Track)
Total playing time 52.34 |
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| Chronique |
 13 / 20 |
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Toute culture se doit d'évoluer et se diversifier afin d'éviter une sclérose prématurée et ainsi perdurer à travers les âges. Ainsi est la règle, implacable, universelle, et le metal n'y échappe pas.
Les années 80 virent alors, parallèlement à la continuation des styles dits traditionnels tels que le heavy, l'émergence des scènes extrêmes doom, death et black, certaines formations musicales aventureuses cherchant un renouveau salvateur vers davantage de lenteur et de lourdeur, ou au contraire dans une course effrénée vers toujours plus de vitesse, toujours plus de brutalité, tout en restant fermement enracinées dans un terreau metal "traditionnel".
Dans les années 90, ces mêmes genres extrêmes furent le théâtre d'une révolution interne leur conférant un habillage esthétique, les éloignant ainsi plus ou moins de leur rudesse originelle, résultant en des orientations plus mélodiques, atmosphériques ou symphoniques (d'ici à ce qu'on puisse également les qualifier de plus accessibles, il n'y a qu'un pas qui est très souvent franchi), héritées de la muse de certains avant-gardistes n'hésitant pas à remplir leur puits d'inspiration artistique à la source de divers styles situés hors du microcosme metallique.
Ainsi, la base doom de Thergothon s'acoquina à l'ambiant pour créer la pierre angulaire du funeral doom ("Stream from the Heavens"), le doom/death de Paradise Lost se colora de manière très subliminale d'éléments darkwave pour jeter les bases du metal gothique ("Gothic"), et Emperor insuffla au black une dimension symphonique héritée du goût immodéré de Ihsahn pour la musique classique ("In the Nightside Eclipse"), pour citer non-exhaustivement quelques exemples historiques.
Dans ce constant renouveau qui permit au metal de bénéficier de toujours plus de richesse et de variété, les britanniques de Cradle Of Filth vont quant à eux proposer avec leur premier album "The Principle of Evil Made Flesh" une approche très personnelle, basée sur un mélange inédit de black metal et d'atmosphères gothiques (qui inspirera par la suite moult formations telles que Ancient Ceremony, Hecate Enthroned, Enslavement Of Beauty ou encore Agathodaimon), le terme "gothique" (revenant souvent au sujet de Cradle) ne provenant aucunement d'une quelconque affiliation directe avec la musique gothique (bien que certaines formations de darkwave telles que Untoten jouent ostensiblement sur les mêmes thèmes que Cradle), mais plutôt en référence aux ambiances de roman gothique que Cradle a la volonté d'insuffler dans sa musique, sous l'impulsion de son incontestable et incontesté leader et directeur conceptuel Daniel Lloyd Davey (alias Dani), un invétéré mordu de ce genre littéraire, de même que de tout ce qui est en rapport avec le mythe des vampires, le "Dracula" de Bram Stoker en tête.
Cette première œuvre sortie en 1994 et ornée d'une remarquable pochette esthétiquement crue représentant deux femmes dénudées s'enlaçant en une étreinte mortuaire, s'oriente donc sur une sorte de "black vampirique", qui, au sein de la seconde vague du black metal essentiellement localisée en terres scandinaves, se distingue nettement de l'expression symphonique et grandiloquente d'un Emperor ou de la stylisation atmosphérique et nostalgique d'un Dimmu Borgir (considérant leurs premiers albums respectifs, "In the Nightside Eclipse" et "For All Tid", publiés la même année), grâce à des harmonies et nappes de claviers vespérales, vecteurs de l'expression d'un romantisme sombre et de l'invocation des créatures de la nuit, délivrant leur plein pouvoir envoûtant lors des magnifiques instrumentaux que sont la cérémonie d'ouverture "Darkness Our Bride (Jugular Wedding)", le mystérieux et inquiétant "Iscariot", faisant naître l'image d'une antique bâtisse perdue aux confins d'une sinistre forêt labyrinthique, battue par la pluie, le vent et le tonnerre, et le poignant "One Final Graven Kiss" dépeignant l'incommensurable mélancolie d'une solitude éternelle.
Une atmosphère ténébreuse, aussi belle que menaçante, décuplée par l'usage appuyé d'un orgue tout en solennité et virtuosité ("To Eve the Art of Witchcraft", "Summer Dying Fast" ou encore "Of Mist and Midnight Skies" débutant sur le thème d'ouverture de la Toccata et fugue en ré mineur - œuvre attribuée à Jean-Sébastien Bach - en y superposant quelques discrets chœurs vespéraux du meilleur effet), et par les interventions d'attirants succubes personnifiés par de séduisantes voix féminines parlées ("The Principle of Evil Made Flesh", "The Black Goddess Rises", "To Eve the Art of Witchcraft").
Les "gothic vampyric overtures" (dixit le livret pour signaler les claviers, en une approche substitutive de la fonction des instruments qui deviendra un gimmick chez Cradle) de Benjamin Ryan, dont le magnétisme des arrangements n'a d'égal que leur raffinement, jouent un rôle prépondérant dans la création d'un univers surnaturel où se mêlent sans vergogne charme et épouvante, sexe et mort, mais leurs incursions dans les morceaux à base metal demeure bien timide (même si le break au piano adjoint d'un violoncelle sur "The Black Goddess Rises" demeure un exemple de jolie réussite), si bien que le concept vampirique reste encore sous-jacent au niveau musical, de même qu'inexistant au niveau visuel, les musiciens arborant vestes et pantalons en cuir, warpaints et autres cartouchières, bien loin des apparats de suceurs de sang qu'ils revêtiront dès leur second méfait "Vempire".
Fermement positionnés sur une assise metal, les morceaux non instrumentaux sont dominés par les "dark immortal screams" de Dani, au timbre grave et éraillé, ne réalisant que très parcimonieusement les cris suraigus qui feront sa réputation par la suite, le duo des Paul (Allender aux "despondent night chords" et Ryan au "satanic war noise") qui savent très bien souffler le chaud et le froid en délivrant tour à tour charges soudaines et apaisements mélodiques, soli endiablés ou plus éthérés, le solide "nocturnal pulse" de la basse de Robin "Graves" Eaglestone et les dévastateurs "winter evening storms" de Nick Barker qui apparaît déjà comme un batteur de haut niveau, capable d'enchaîner blasts énergiques, cavalcades accrocheuses, breaks vigoureux et jeu plus calme et posé, sans jamais perdre en impact ni en fluidité.
Encore teintés d'influences death (ultimes réminiscences du style pratiqué sur les premières démos de la formation du Suffolk), tout en s'ouvrant à des velléités heavy et ambiancées, "The Principle of Evil Made Flesh", "The Forest Whispers My Name" ou encore "A Crescendo of Passion Bleeding" sont autant de morceaux à double facette capables, au détour du moindre break, d'apparaître en voluptueuse créature ou se métamorphoser en monstre sanguinaire.
Le vampire Cradle cherche à charmer sa proie pour mieux l'attirer entre ses pognes griffues, mais les nombreuses maladresses et approximations de "Principle…" l'empêchent d'user de la technique de servitude à son plein potentiel, d'autant qu'il s'en retrouve avec les canines limées.
Premier défaut et pas des moindres : la production, avec un son aussi bas en volume que ce que les guitares manquent d'épaisseur. Pourtant assurée par l'expérimenté Mags (qui avait déjà enregistré un bon paquet de disques avec My Dying Bride et Anathema) dans son antre des suréquipés studios Academy, elle montre une fâcheuse tendance à l'hésitation, craignant de mettre en exergue la brutalité intrinsèque de la facette metal des compositions par rapport à leur bien timide habillage esthétique, si bien que la violence en ressort émasculée autant que les atmosphères diluées.
"Principle …" tombe également dans le piège du remplissage. Le très paisible instrumental "In Secret Love We Drown", où coule l'eau d'un ruisseau faisant miroiter la lueur cristalline de lucioles scintillantes sur fond d'un rythme hypnotique égrené à la cadence d'un métronome, aurait plutôt sa place sur une compilation du type "Musique & Nature". Pas que le morceau en lui-même soit mauvais ni que je critique la musique de relaxation (au contraire, j'en suis même un adepte), mais dans l'album qui nous intéresse, cet interlude est totalement hors-sujet.
De même que le dispensable "A Dream of Wolves in the Snow" que le suit directement et où la voix de Darren White (ex-batteur du groupe qui s'en ira pour un temps chanter chez Anathema), mi-rêveuse mi-pleurnicharde, ne convainc pas et se vautre complètement à côté de la plaque. Un morceau qui n'aura d'intérêt que par sa version remaniée servant d'ouverture à l'homérique et invincible "Queen of Winter, Throned" sur "Vempire".
Enfin, la louable volonté d'écrire des longues pièces musicales est présente ("The Black Goddess Rises", "Of Mist and Midnight Skies"), mais leur construction bancale coupe tout semblant de souffle épique, la première citée traînant en longueur tandis que la seconde souffre d'un ventre mou. Elles font pâle figure en comparaison des monuments que seront plus tard les "Queen of Winter, Throned", "The Rape and Ruin of Angels (Hosannas in Extremis)" et autres "A Gothic Romance". Le chemin jusqu'à l'excellence semble long, tortueux, et pourtant il sera franchi …
Bref, Cradle a les idées mais ne dispose pas encore, pour son premier essai, des moyens techniques et des aptitudes compositionnelles nécessaires à leur pleine expression.
Au-delà de l'aspect purement musical et conceptuel, "Principle…" est aussi le premier album sorti chez Cacophonous Records, dont le boss Frater Nihil reste dans les mémoires comme le plus fin limier des années 90 en termes de formations de metal extrême à la pointe de l'avant-gardisme et de l'excentricité (Sigh, Bal Sagoth, Ebonylake, …), de même que l'un des plus gros arnaqueurs de l'industrie underground : tous les groupes qui s'y sont frottés s'y sont piqués et ce n'est certainement pas Dani qui viendra dire le contraire.
Car question business, entre vols crapuleux des recettes des concerts et royalties sur les ventes de l'album non reversées, rien ne va plus pour Dani et sa bande qui entrent en conflit avec Cacophonous.
Coincé par un contrat qui va l'obliger à sortir un second disque au format full-length en urgence (d'autant que des écuries plus friquées voudraient bien avoir les vampires dans leur catalogue) et déjà en proie à d'importants changements de line-up (la moitié du sextet s'étant barrée), Cradle baigne dans une atmosphère délétère qui résultera pourtant en son œuvre la plus énorme à ce jour : j'ai nommé l'immense "Vempire" où l'association Cradle / Mags / Academy Studios fera, bien plus que des étincelles, une gigantesque fournaise explosant littéralement "Principle …" à tous les niveaux. Pour s'en rendre compte, il suffit d'écouter la reprise de "The Forest Whispers My Name" : dotée d'orchestrations et de chœurs opulents, ainsi que de riffs plus incisifs que jamais, cette version totalement transfigurée fait passer l'originale apparaissant sur "Principle…" pour une pauvre démo à trois sous cinquante.
Voilà bien le problème de "The Principle of Evil Made Flesh", manifeste d'un groupe qui se cherche encore : avec le recul, cet album souffre énormément de la comparaison avec ses successeurs directs. Un premier essai demeurant une ébauche du "black vampirique" qui atteindra son apogée sur l'excellent "Vempire" (où Cradle n'aura jamais été aussi mordant) et le très bon "Dusk … And Her Embrace" (un ton en-dessous à cause d'une production émoussée), une esquisse naviguant entre promesses hésitantes et maladresses de jeunesse, mais constituant néanmoins un morceau d'histoire que tout passionné de musique s'intéressant de près ou de loin au black metal se doit de connaître.
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| Mini-Chronique |
 16 / 20 |
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Voici l'album le plus brutal et le plus black de Cradle of Filth. Autant le dire tout de suite, on est très très loin de ce que Dani et sa bande font aujourd'hui. On a droit ici à un véritable black metal bien violent, blasphématoire, où les vocaux sont démoniaques. Les guitares sont saturées dans l'aigu, la batterie est très en avant et rapide, avec parfois une petite touche de clavier (plus rare que dans leurs compos actuelles). La production est relativement "cheap", donnant une ambiance bien glauque au tout. Le plus marquant ici, c'est la voix de Dani Filth, écorchée comme pas possible et bien loin de la voix qu'il a aujourd'hui (ou plutôt devrais-je dire de celle qu'il n'a malheureusement plus!!). J'avoue ne pas être très fan de COF mais cet album m'a vraiment surpris et cela d'une manière très agréable. Le plus drôle, c'est que cet album ne plaira probablement pas beaucoup aux fans des sorties actuelles du groupe, qui fait plus dans le gothic/dark commercial.
Un très bon album black en somme, avec des morceaux furieux comme "The Black Goddess Rises" ou "Darkness our bride".
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| Mini-Chronique |
 14 / 20 |
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Voici le seul album de Cradle Of Filth reconnu "officiellement" en tant que Black Metal.
Je vous préviens déjà, arrivistes , c'est loin d'être le Cradle que vous connaissez.
L'introduction est funeste est très mélodique comme à son habitude mais avec un petit quelquechose de différent...
La suite est encore plus différente. La voix est plus froide et rauque, avec juste quelques bribes des suraiguës auxquels Dani nous a habitué au cours des albums suivants.
Les riffs sont agressifs et puissants avec des solos écorchants. Ceux-ci, contrairement à Nymphetamine, ne détruisent ni ne cachent les mélodies au clavier qui sont ténébreuses et malsaines. On retrouve comme sur les autres albums l'envoutante voix de Sarah Jezebel mais à des doses plus modérées et sans doute plus habilement placée dans les morceaux.
Un album infernal et déplaisant à bon nombre de personnes dont je ne fais pas partie. Compositions sublimes et ambiances démoniaques à souhait... On en fait plus de comme ça, enfin Cradle...
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| Mini-Chronique |
 17 / 20 |
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Cradle Of Filth a déçu plusieurs de leur fans aux fils des ans,et pour moi,The Principle of Evil Made Flesh est l'album le plus pure que COF est jamais fait! Je dois dire que c'est également l'album le plus faible de production,à l'entendre,il faut l'admettre,cradle of filth ne fait plus de la bonne musique.
Pour entrer dans le concept,COF a décidé de sortir ce premièr opus nommé The Principle of Evil Made Flesh,un titre qui laisse sur la faim,et qui attire les mains gratteuses! Alors,cet opus est underground,et très encouragant pour la deuxième vague de la scene Black Métal,à remarquer aussi que dans ces temps-la,Cof n'avait pas la célébriter qui encombrait leur bonheur!
Cacophonous Records ne faisait pas de très grandes productions à l'époque,donc,Cradle Of Filth(ou dois-je dire Dani Filth)se ventait que sa musique ne deviendrait jamais du "PopulaireBlack",six ans après,leur carrière a été gâchée.
Alors,je dois avouer que The Principle of Evil Made Flesh est le seul souvenir de COF qui nous aide à oublier le reste.Et que le Black Métal n'est plus ce dont il était.
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| Mini-Chronique |
 18 / 20 |
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En 1994, après plusieurs démos sonnants mi-death et mi-black, un nouveau groupe sort apparemment du lot et son album, The Principle of Evil Made Flesh, s'annonce très bon. J'en suis d'accord. Il est très bon, pour un début. Même que c'est une part de génie. Tout commence par une pochette relevant déjà le côté poétique et grotesque du groupe, faisant déjà allusion au lesbianisme vampirique de Elizabeth Bathory, l'album ne s'y dédiant par contre pas plus que ça.
En vérité et en affirmation, ce disque sonne comme un Black metal plus accessible que le Black de Burzum ou de Mayhem. Pour ce faire, Cradle Of Filth a ajouté des riffs Heavy très respectables, un clavier aux sons parfois lents, parfois rapides, jouant des mélodies diaboliques et digne d'une église inconfortable dû à la présence de Satan et pour embellir le tout, par total facteur exclusif, une voix narrative grave et parfois féminine (notamment dans To Eve The Art Of Witchcraft) rendant l'album étrange et tristement lyrique. Autre point remarquable : La batterie, contrairement aux albums avenirs, varie entre le lent dépressif et le rapide violent, sans se répéter ignominieusement, rendant l'album palpitant et inlassable. Quant à la voix qui nous a tant déçu par le futur, elle est tout simplement jouissive ainsi qu'énormément diversifié, ne voulant pas toujours s'imposer et variant entre le grave où des cris plaintifs et martyrisant.
Album que j'ai réécouté plusieurs fois grâce à son talent et à ses paroles qui sont, eux aussi, très poétiques et très attirantes et que j'aimerais toujours. Entré réussite !
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