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Chronique
 | note : 18/20 | Depuis quelques années déjà, les anglais de Cradle of Filth ne faisaient plus rêver grand monde, et semblaient condamnés à ne recevoir que rouleaux de papier toilette, cannettes, insultes et autres quolibets lors de leurs passages sur scène. Pourtant, voici sans doute l’album surprise de cet automne 2008, peut-être le meilleur de Cradle depuis leur tout premier que fut The Principle Of Evil Made Flesh (1994).
En effet, on retrouve les rythmiques et le style général qui ont fait les beaux jours du groupe, et les déceptions affichées sur les albums Nymphetamine et Thornography seront vite dissipées et les mauvaises langues coupées.
L’ambiance générale du disque est d’abord incarnée dans sa riche pochette, magnifique, où s’entrecroisent la religion, le bucher, le démon, puis un personnage aux personnalités multiples, des thèmes toutefois classiques dirons-nous. A noter que l'album nous conte l'histoire de Gilles de Rais, alias Barbe-Bleue, aristocrate francais déclaré et exécuté comme hérétique au cours du XVème siècle.
Conditionnés par une excellente introduction mélodique et dramatique dont le groupe s’est fait une spécialité, avec notamment ce son de clavier si inquiétant, on est heureux dès le second morceau Shall out Hell, de retrouver toute l’agressivité et l’énergie dégagées par le groupe à ces débuts, donc adieu Nymphetamine et comparses, ici il n’est point honteux de parler de Black Metal, épique, pur et dur, étiquette souvent refusée au groupe en raison des précédents albums jugés moyens, et du fait que par sa réussite commerciale, Cradle n’est pas un groupe underground.
Quasiment l’intégralité des morceaux seront d’une beauté absolue, tous soignés de A à Z. On notera beaucoup de monologues en guise d’introduction, comme un enchevêtrement de personnalités, apportant chacun le fragment d’une histoire. Dani Filth nous surprend par ce regain de violence dans sa voix, les autres nous servent un instrumental irréprochable, et ce glorieux ensemble est servi par une production ahurissante.
On avait rarement connu cradle aussi convaincant dans ses compositions, les mélodies de clavier et de guitare étant d’une réelle fraicheur.
Parmi les très grands moments on notera les déjà cultes The death of love, le titre éponyme Godspeed on the Devil’s thunder, Tragic Kingdom, Ten Leagues beneath contempt, ou encore les très bons morceaux instrumentaux que sont Tiffauges et Corpseflower. Les excellentes guitares, un jeu de batterie soutenu, la voix métamorphosable de Dani Filth, tantôt basse tantôt aigue et torturée, et le célèbre clavier sont ainsi les grandes composantes habituelles.
Il demeure difficile d’isoler dans cet album le moins bon, car chaque morceau semble ici indispensable. Cradle of filth aura attendu quatorze longues années pour mettre au monde un digne descendant de The Principle Of Evil Made Flesh. L’ensemble reste un album de Cradle, avec tous ses éléments habituels au rendez-vous, mais il est probable cette fois que même les plus réticents au Black Metal symphonique soient agréablement surpris, voire séduits.
Bluffant.
18/20
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40 commentaires
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Mercredi 15 Octobre 2008 |
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Chronique
 | note : 17/20 | Haa, Cradle Of Filth .
Adulés à juste terme à leurs débuts (enfin... en tout cas, jusqu'à Cruelty & The Beast), puis (injustement ?) conspués depuis le début de ce millénaire, ce groupe fait clairement partie des groupes "metal" les plus controversés .
Pourtant, si le changement opéré sur Damnation & A Day, et à plus forte raison sur Nymphetamine (je n'aborderai pas le cas Thornography ici), avait de quoi désorienter les fans, le coté plus "heavy" de la musique du groupe n'avait rien de mauvais . Ce n'était plus du black, cela reste la seule certitude... le reste n'est que prises de positions (plus ou moins bien) argumentées .
Mais en cette année 2008, Dani nous dit avoir désirer, de par le parallélisme thématique entre ce nouvel album et celui de Cruelty & The Beast (celui-ci parlant, est-il besoin de le rappeler encore, de la Comtesse Bathory, et ce nouvel album parlant de Gilles "Barbe-Bleue" De Rais) un certain "retour aux sources"... il semblerait d'ailleurs que ce brave Dani se soit un peu emmêlé les pinceaux car dans une autre interview on l'entend dire qu'il avait désiré un retour aux sources, et donc avait décidé ce thème de Gilles De Rais... un peu embrouillé tout ça .
Mais, désir mercantile, nostalgie ou retour naturel aux sources, le résultat est là : ce Godspeed On The Devil's Thunder est clairement le plus "black" des albums de CoF (aucun rapport avec un certain Metallica mais bel et bien avec le style de musique...) depuis Midian .
De là à dire le meilleur, il n'y à qu'un pas, que je franchis allègrement .
Dès l'intro orchestrale, seule habitude jamais perdue par le groupe, on se sent en terrain connu... puis vient le premier titre de l'album, titre black comme CoF en pondait sans trop se forcer à l'époque... riff black (un peu trop répété sur la longueur...), chant étonnamment agressif (là aussi, le meilleur chant depuis Midian, on ne croyait plus Dani capable d'une telle agressivité), avant un retour sur le "refrain" (à vrai dire, juste un bref "shat out of hell") d'un coté plus accrocheur . Réussite toutefois .
Pour ce qui est du second morceau, que les abhorrateurs de Nymphetamine le zappent : si l'esprit CoF est bien là (ambiance black,intro parlée et clavier), un (magnifique selon moi...) chant féminin vient vite se greffer au chant de Dani, rappelant le morceau-titre Nymphetamine, en plus black cependant.
A ce stade-ci, il est bon de noter que les riffs particulièrement black signent également le retour fracassant du blast-beat... blast-beat également bien présent sur le morceau plutôt classique The 13th Caesar, très speed et se terminant sur des répétitions accrocheuses du nom de la chanson... à noter, toujours ces claviers omniprésents.
Tiffauges nous rappelle la beauté des interludes que CoF savait nous pondre à l'époque, avant que le déjà connu Tragic Kingdom ne vienne nous rappeler légèrement l'époque Thornography pour le chant et les riffs plus "accrocheurs", tout en restant extrêmement agressif (haa, ce retour de la batterie, quel bonheur !).
Le risque dans ce genre de chronique est de vite devenir répétitif, car on constate indéniablement la même chose sur chaque chanson : des riffs plus black que tout ce que CoF ne nous proposait depuis 2000, un chant étonnamment agressif sans atteindre le niveau de Midian et Cruelty & The Beast, des chansons toujours accrocheuses (on sent que le groupe a évolué et retenu des leçons de sa période Nymphetamine) mais terriblement black .
Et le tout sonne bien . Très bien . Que ça soit dans les riffs, le chant, le retour du clavier et des ambiances symphoniques, le coté très "narratif" de l'album (on rentre très vite dans cet univers sombre qu'est celui de Barbe Bleue)... tout est une réussite dans cet album, si on reste relatif compte tenu du fait que Godspeed On The Devil's Thunder n'est peut-être pas le chef d'oeuvre qu'était Cruelty & The Beast .
Si cet album ne suffit pas au groupe pour reprendre son trône de roi du black metal symphonique, c'est à n'y rien comprendre... reste à voir si la période Thornography et ses shows décevants à l'avenant de l'album n'auront pas eu raison de la popularité de Cradle Of Filth .
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Lundi 20 Octobre 2008 |
Chronique
 | note : 11/20 | Un nouveau Cradle ? Vraiment ? Je dois y jeter un oeil. Je vais tout de suite acheter l'album, ayant déjà vu l'artwork démarquante qui inspire la confiance et qui a les mêmes teintes que Midian. Donc, peu de temps après avoir acheté le disque, je l'écoute. Sa première écoute m'a contrarié car les commentaires laissaient croire que c'était le retour aux sources et que parfois, dans certaines chansons, la nostalgie faisait revivre un peu de Dusk ou de Cruelty parmi la voix. J'ai dû le réécouter attentivement sans arrêt, et avec analyse réceptive, j'en suis venue à une conclusion : Le retour n'est pas véridique. Et cet album est le mélange d'un Nymphetamine plus hard que l'original et d'un semi Midian. Cessons les vaines affirmations, car pour le groupe, l'espoir n'a pas fait son effet et même si les cris sont un peu mieux que dans Thornography, ils restent dignes d'un épuisement baroque et traumatisant d'une voix en puberté retardé et d'une épiglotte cartilagineuse toujours trop relevé.
Autre chose : Où est passé ma Sarah Jezebel Deva ? La belle voix travaillée ? À-t-elle vraiment laissé place à une voix fade, sans saveur et exercé par le biais de la faciliter ? Sans oublier quelques voix à la Luciano Pavarotti embarquant par-dessus celle de Dani Filth, ce qui donne un effet imposant et bordélique. Les voix ne sont même plus rauques, aigus, elles sont ridiculement satiriques. C'est surtout les pleurs de Dani qui rendent cet album comme une rigolade caustique. Ce dernier gémit plus qu'il n'hurle et sa voix suit parfois trop la mélodie et les rythmes de la batterie, ce qui rend certaines chansons, pas simplistes, mais banales.
Je peux parfaitement remarquer que Tragic Kingdom a été la première parution pour une raison : C'est celle qui ressort le mieux du lot et qui a le plus de distinction. C'est clair, ils ont essayé de refaire quelque chose de surprenant, ils ont presque réussi, mais, ce n'est pas assez. Le studio fait bien des miracles et Cradle nous le prouveront en live. Dani est épuisé et il ne suit plus ses musiciens, qui eux, sont totalement rendues à un autre niveau, un peu plus travaillé, dommage.
Donc, un retour en forces ? Pas vraiment. Vous voulez un grand retour ? Metallica en ont fait un avec Death Magnetic. Cradle, eux, n'ont fait qu'enfoncer le deuxième pied dans une tombe énormément creuse. Les funérailles glorieux et mélancoliques de Cradle Of Filth ont eu lieux en 2003 et comme tout le monde en est conscient, seul Jesus ressuscite les morts, mais il est déjà mort depuis deux millénaires.
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15 commentaires
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Samedi 25 Octobre 2008 |
Chronique
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| J'attendais avec impatience la sortie du nouvel opus de COF, comme à chaque fois, même si l'idée d'un concept album m'inquiétait quelque peu. Il faut dire que je suis resté sur ma fin avec le plus que moyen "Nostradamus" de Judas Priest, que je vénère par ailleurs.
Je voudrais également préciser, n'en déplaise aux fans de la première heure, que je ne déteste pas "Nymphétamine" et "Thornography". Le fait est que je ne suis pas fan de Black Métal pur et dur type Burzum ou Gorgoroth. Et c'est peut-être pour cela que j'adore COF : c'est du Black mais c'est beaucoup plus riche, varié et technique.
La presse spécialisée a par ailleurs "vendu" ce nouvel album comme un retour à la période "Cruelty and the Beast". Ça tombe bien, c'est mon album préféré.
Il faut plusieurs écoutes afin de vraiment rentrer dans cet album. Mais ce qui m'a tout suite marqué, c'est le retour d'un son plus Black Métal, en particulier sur de nombreuses parties de batterie. Quel frappeur que ce Martin SHAROUPKA ! Il imprime un rythme et une densité énormes, tout en alternant avec des passages plus heavy. Respect.
Après une superbe introduction symphonique, mettant en place le décor tragique et oppressant de l'histoire, "Shat ouf of Hell" démarre sur les chapeaux de roue. Le rythme est soutenu, les riffs puissants et la batterie énorme. En entrée de concert, ça va saigner...
Hélas l'effet s'estompe rapidement avec le très étonnant "Death of Love". Les détracteurs du groupe vont s'en donner à cœur joie. Le rythme s'en trouve brisé. Cela ressemble à "Nymphetamine" en plus mièvre. Mais pourquoi l'avoir placé si tôt dans la set-list? Dommage.
Heureusement, cela repart de plus belle avec "The 13th Caesar", plutôt péchu malgré un refrain que je qualifierais de trop "commercial".
Le superbe "Tiffauges" (mais comment font-ils pour créer à chaque fois de nouvelles ambiances aussi magnifiques?) introduit une des 3 chansons phares de l'album, "Tragic Kingdom", dotée d'une entrée surpuissante et de changements de rythme fort agréables. Et puis qu'ouïs-je? Un solo de guitare, suffisamment rare pour être souligné. Car de mémoire, le seul qui précède se trouve sur "Tonight in Flames". Nouvelle tendance?
Cela se pourrait bien, car ils remettent ça sur "Sweatest Maléficia", titre accrocheur dont la fin est carrément énorme.
"Honey and Sulphur" est la 2ème bombe de l'album. Les chants en intro sont superbes, le batteur énorme et la voix de Dani déchirée à souhait. L'alternance Black/Heavy plus ou moins rapide en fait pour moi un hit.
Arrive ensuite un triptyque que je qualifierais de moyen : "Midnight Shadows Grawl to Darkness Councel with Life" rappelle les plus mauvais passages de "Thornography", quant à "Darkness Incarnate" (plus rapide) et "Ten Leagues Beneath Contempt" (plus lente), je les trouve quelconques, manquant de profondeur.
Cela ne gâche pas le final néanmoins, car "Godspeed On The Devil's Thunder" enfonce le clou par son intensité. C'est le 3ème moment fort de l'album, mon préféré en tout cas, "Corpseflower" clôturant magnifiquement l'ensemble.
En conclusion, c'est du bon COF, avec une énergie Black retrouvée, des compositions d'une densité remarquable. Le concept autour de Gilles de Rais, avec une mention particulière à la pochette et au livret (remarquables), colle parfaitement à l'univers COF. Dani s'y montre très accrocheur, le nouveau batteur est au RDV et les passages symphoniques créent une ambiance malsaine comme jamais.
Le moins bon réside dans certaines compositions trop éloignées de leur style original, trop "commerciales", même si j'adore certaines chansons des 2 albums précédents, honnis par les puristes ("Gilded Cunt", "Nemesis", "Mother of Abominations", "Dirge Inferno", "Tonight in Flames"). Je trouve également qu'il manque LA chanson, celle qui met tout le monde d'accord, à l'instar d'un "Cruelty Brought Thee Orchids".
Quoi qu'il en soit, je lui met un bon 17/20, car encore une fois j'admire leur créativité sans cesse répétée. C'est une nouvelle pierre à l'édifice COF, tout à fait digne de la richesse de leur œuvre et de leur talent.
LUCIFRED
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Lundi 01 Decembre 2008 |
Commentaire
| note : 20/20 | | Bonjour à tous.
Cela fait quelques années que j'attends (comme beaucoup d'autres fans) une nouvelle "innovation" de Cradle of Filth, qu'elle fasse son apparition en plein éclat.
Il est vrai que la légère déception causé par l'album Thornography m'a, personnellement, écarté du "droit chemin", malgré les rumeurs d'une conception prochaine d'une autre entité CD (du même goût que leurs grands classiques, comme Midian ou Bitter Suits To Succubi).
… Et j'avoue que j'ai eu honte d'avoir été un temps déçu car là, je me dois de dire "Chapeau" à CoF (que tout métaleux ou gothique connais un tantinet).
C'est un excellent opus (avis personnel, la sérénité retrouvée) et j'espère qu'il fera beaucoup parler de lui, en faisant taire les mauvaises langues. | Lundi 06 Octobre 2008 |

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