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Quand je dis apogée c’est encore un euphémisme tant ce CD est probablement le chef d’œuvre parfait que rêverait de faire n’importe quelle groupe. Alors pourquoi tant d’engouement pour le disque le moins rapide du groupe. Eh bien c’est simple, jamais un groupe n’aura joué autant sur les contre temps. J’ai essaye de battre la mesure au pieds, impossible, la mesure ne colle avec rien de connu et pourtant cet structure ne donne jamais l’impression d’être perdu. L’auditeur musicien l’est mais, eux jamais. Alors oui le disque va moins vite mais le coté expérimentale est poussé a son paroxysme. Les structures alambiquées confèrent au disque une atmosphère toute particulière. Comme quoi il n’est pas nécessaire de faire de l’ambiant pour faire du malsain, le thrash peut l’être tout autant. Car ce rythme bizarre, ne génère pas instamment un mal-être, mais c’est seulement au bout de quelques titres que ce sentiments s’installe. Comme elle n’est pas naturelle, elle perd son auditeur qui peut devenir fou (je vais un peu loin mais de nombreuses touffes de cheveux ont été arraché pendant son écoute). Pour le reste le son est le plus qu’il n’est jamais eu (mais tout est relatif c’est pas le son du black album) mais reste très caractéristique du groupe. Le chant est toujours impeccable et les solos de guitares moins rapide, sont en revanche les plus techniques jamais vu chez Coroner. C’est le chef d’œuvre d’une vie, ne passé surtout pas à coté de cette merveille si tenté soit il que vous puissiez vous le procurer. Pour une raison encore inconnu il n’a jamais été ré-éditer donc bon courage pour votre recherche. Ma quête a duré longtemps, trop longtemps……..
Comment définir Grin simplement ? Je le vois personnellement comme l’aboutissement final en forme d’apothéose de l’évolution artistique d’un groupe de génie. Et il n’est pas paradoxal de constater que c’est dans son oeuvre la plus lente, la plus dépouillée et la plus pure que se matérialise l’art absolu de Coroner. Pourtant, à ses origines, le trio Helvète semblait avoir tant de choses à exprimer musicalement qu’il jouait un thrash technique ultra sophistiqué, complexe, baroque. A des années lumières de Grin. Mais son talent et son potentiel intacts, le groupe a cheminé en mûrissant d’albums en albums, parvenant à gagner en maîtrise pour, touche par touche, épurer ses structures, affiner sa musique, éliminer les figures de style inutiles tout en concentrant avec toujours plus de force et de puissance son art créateur. Abandonnant définitivement toute référence à un modèle stylistique, toute construction superflue, gommant la moindre note qui pourrait nuire à la signification musicale profonde, Grin est né, touchant à la perfection, dépouillé et pur. Pour apprécier l’oeuvre, il convient néanmoins de prendre quelques précautions. Pour ma part, j’estime que la meilleure situation pour appréhender Grin est de l’écouter entièrement, d’un trait, dans des conditions telles que l’on peut se laisser plonger sans dérangement dans la musique. Il convient également d’avoir le relâchement et la patience nécessaire pour se laisser hypnotiser. La musique proposée est en effet hypnotique. C’est notamment le cas des deux premiers titres, aux structures redondantes, aux riffs épurés et à la batterie maîtrisant l’art du contre-temps, ce qui au fil des minutes vous rend prisonnier des compos, et ce qui prépare le terrain pour mieux apprécier les soli libérateurs et quasi mystiques. Mid-tempo sur The Lethargic Age, plus rapide sur Internal Conflicts, cette entrée en matière constitue une passerelle musicale avec le thrash de l’album précédent, Mental Vortex, tout en augurant l’atmosphère incroyable qui va se révéler par la suite. Le coeur de l’album, passé ces premières dix minutes, bat à un tempo plus lent; l’incroyable maîtrise des mélodies et des constructions, tout en subtilité et en précision, emmène l’auditeur dans un voyage profond vers des sentiments exacerbés, de la douce mélancolie, à la colère, à une morbidité glaciale ou un désespoir d’une obscurité incroyable. Cette débauche d’émotions, cette intensité évocatrice des atmosphères visitées, constituent tout bonnement un tour de force. En effet, pris avec un peu de recul, ces morceaux sont fortement teintés d’une froideur presque industrielle par moments, et leur dépouillement confine avec l’austérité. C’est là justement que j’y trouve une forme d’apothéose: l’incroyable union de la forme fondamentalement redondante et épurée, et la richesse et la profusion du fond musical. Je ne trouve aucun autre artiste ayant réussi ce tour de force. Quand bien même Celtic Frost s’en est approché avec Monotheist, les sentiments et les émotions transmises, bien que très intenses, n’ont pas la richesse et la diversité de celles que l’on éprouve à l’écoute de Grin. Cette lente évasion musicale atteint des sommets de bonheur avec le titre Paralized, Mesmerized, dont on souhaiterait qu’il dure de longues, longues minutes encore...l’hypnose étant désormais totale, Coroner parachève son oeuvre par un prodigieux Grin, agressif à souhait. La lente montée en régime explose dans un blast libérateur qui nous achève longuement, la batterie faisant son oeuvre quasiment seule, livrée à elle-même, sans figure de style aucune; c’est simple, mais tellement pertinent à cet instant. Enfin, comme pour aller au bout de son exploration musicale qui devient abyssale, il y a Host, ce long monologue destructuré, amené par un riff de basse désabusé d’une noirceur sans égale. Entre folie et colère, monumental et violent comme une agonie...puis le silence, sur un fond de bruit de mouches. Un silence de mort. Je ne vais pas en rajouter. Vous aurez compris que me concernant, Grin va bien au delà d’un simple disque de metal. Je ne peux que vous souhaitez de connaître les mêmes sentiments à son écoute.
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