Secrets of Nature

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Nom du groupe Coronatus
Nom de l'album Secrets of Nature
Type Album
Date de parution 08 Décembre 2017
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 Howling Wind
 04:59
2.
 Mountain Sky
 05:19
3.
 The Hunter
 04:47
4.
 Sleigh Ride to Asgard
 04:33
5.
 Die See
 06:38
6.
 The Little People of Iceland
 04:01
7.
 Dance of the Satyr
 03:06
8.
 Tränen des Himmels
 04:39
9.
 Herr Mannelig
 05:24

Durée totale : 43:26

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Coronatus


Chronique @ ericb4

07 Décembre 2017

Une œuvre aussi charismatique qu'éclectique...

C'est à un projet aussi pharaonique que novateur auquel s'est attelé le prolifique combo allemand initialisé il y a dix-huit ans déjà, par le coproducteur, auteur-compositeur et batteur Mats Kurth (Battlefield, Might Of Lilith...). Aussi, pas moins de deux ans suite à un authentique et puissant « Raben im Hertz » sort de terre « Secrets of Nature », huitième album full length à la production rutilante, signé une nouvelle fois chez Massacre Records. Au fil des neuf morceaux de l'opus, le groupe teuton nous invite alors à une œuvre metal mélodico-symphonique gothique pimpante et plus riche en contrastes vocaux que son aînée, dans la lignée de Leaves' Eyes, Lyriel, Xandria, Dark Sarah, Amberian Dawn et consorts.

Pour la première fois, le groupe allemand délivre un concept album tourné vers la mysticité et la contemplation de dame nature. Ce que ne saurait démentir l'artwork de la jaquette tout de bleue vêtue, d'inspiration néo-romantique et naturaliste, signé une fois encore par un certain Jan Yrlund (Darkgrove Design), connu pour avoir oeuvré pour Sirenia, Imperia, Sonata Arctica, entre autres. Une alléchante vitrine nous intimant d'aller explorer plus en profondeur les arcanes de cette nouvelle proposition...

Fort d'une riche discographie et de moult prestations scéniques significatives et remarquées lors de festivals internationaux (Metal Female Voices Festival (Belgique), Gothica Festival (Hongrie), Wave-Gotic-Treffen (Allemagne (2012)), Metal Frenzy Open Air (Allemagne (2014))...), le collectif germanique a élevé d'un cran ses exigences techniques et artistiques pour nous octroyer la quintessence de son art. Aussi, on comprend mieux pourquoi il a fait appel à Markus Stock (Klangschmiede Studio E (Mellrichstadt, en Allemagne)) pour assurer à la fois la coproduction, l'enregistrement, le mixage et le mastering des 43 minutes de la galette, ce dernier ayant contribué à l'optimale réalisation d'albums de grosses pointures telles que Eluveitie, Eisregen ou encore Vision Bleak. Et l'expérimenté combo ne s'y est pas trompé, cette rondelle témoignant d'une stupéfiante profondeur de champ acoustique, d'un mixage parfaitement équilibré entre instrumentation et/ou lignes de chant et de finitions à faire pâlir les cadors du genre, c'est dire...

Pour parachever de nous convaincre de l'évolution de son message musical, dans la logique qu'elle s'est fixée, la troupe originaire de Stuttgart a opéré des transformations de fond de son line up. Si Mats a une nouvelle fois sollicité les talents de la soprano Carmen R. Lorch (ex-Mighty D, ex-Wolfswinter), soucieux de diversifier, en les intensifiant, les joutes oratoires, il s'est séparé d'Anny Maleyes au profit de l'empreinte rock de Mareike Makosch (Sister Zero, Illuminate) - déjà présente sur « Terra Incognita » (2011) et « Recreatio Carminis » (2013) -, des limpides et saisissantes volutes de la mezzo soprano Gaby Koss (Nota Profana, Diskelion, Death Army...) et des chaudes et rugueuses impulsions masculines de Teddy Möhrke (Tales Of Nebelheim).

Dans une perspective de densification du corps oratoire, et plus qu'il ne l'avait proposé jusque là, le combo allemand a fait la part belle aux choeurs. Une tendance déjà suivie par ses homologues, à l'instar de Leaves' Eyes ou Epica, qui leur avait réussi et qu'il compte bien mettre à son profit pour espérer un jour faire partie du noyau dur du metal symphonique à chant féminin. Quant aux arrangements instrumentaux, au demeurant d'excellente facture, ils relèvent à nouveau de la patte experte de Dennis Schwachhofer (Vroudenspil), Markus apportant pour l'occasion son concours à la basse et aux guitares et Kristina Jülich, épouse de Mats, au violon. Tout un programme...

C'est sur les passages heavy symphonique un tantinet opératiques, à la cadence mesurée et dominés par les envolées lyriques de leurs interprètes que le groupe marque ses premiers points. En témoigne l'entraînant « Howling Wind », mid tempo aux relents d'un Xandria dans sa seconde période qui ne tarde pas à encenser le tympan. Variant ses effets, ses tonalités et le rythme de ses frappes tout en nous octroyant un cheminement mélodique des plus onctueux, le méfait nous projette sur des couplets savamment taillés que relayent des refrains catchy bien qu'un poil convenus. Au fil de fins arpèges au piano surplombant d'enveloppantes nappes synthétiques, les empreintes lyriques des Gaby et Carmen sont à l'unisson, jouant habilement des complémentarités de leurs timbres chatoyants. Sans omettre l'opportun concours d'une muraille de choeurs, galvanisant dénominateur commun de cette offrande. De même, on ne passera pas outre l'opératique « Sleigh Ride to Asgard » qui ne manquera pas de rappeler les captatrices joutes oratoires entre Manuela Kraller et Heidi Parviainen sur « Memories Fall » (in « Behind The Black Veil ») de Dark Sarah, sur un mode peut-être plus théâtral.

Parfois, le rythme s'intensifie, le groupe nous octroyant quelques instants propices à un headbang bien senti. Ainsi, sur le frondeur et épique « The Little People of Iceland » exulte un frontman à la voix rocailleuse, sur fond de samples d'accordéon, sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Up tempo heavy symphonique dans la lignée d'After Forever, « The Hunter », pour sa part, délivre un riffing rageur, des gimmicks guitaristiques et pianistiques bien amenés et un environnement synthétique omniprésent. Parallèlement, la dense chorale n'a de cesse de faire onduler ses impulsions, tout comme Teddy qui, de sa voix mordorée, donne le change à sa comparse aux inflexions rock. On regrettera toutefois une ligne mélodique quelque peu linéaire et en proie à de lassantes répétitions.

Le groupe s'est aussi orienté vers un horizon folk symphonique, qui lui sied à merveille. Aussi on appréciera « Dance of the Satyr » pour son caractère enjoué et sa troublante assise violoneuse. Mise en lumière par la soprano, cette offrande à mi-chemin entre Lyriel et Leaves' Eyes intensifie progressivement le rythme de ses frappes. Ce faisant, elle prend des allures de hit en puissance qui assurément restera gravé dans la mémoire de ceux qui s'y seront engagés. Dans cette énergie, on ne pourra se soustraire aux magnétiques envolées du duo de sirènes en voix de gorge sur l'endiablé « Tränen des Himmels ». Doté de percussions tribales et de choeurs venus des entrailles de la terre, cet effort vient nous chercher au plus profond de nous-mêmes pour ne plus en ressortir.

Les effets de contrastes n'ont pas non plus été laissés pour compte et prennent toute leur dimension sur l'une des pistes. En effet, évoluant sur une rythmique syncopée secondée d'un léger tapping dans la veine d'Epica, les jeux d'ombre et de lumière vocaux dispensés sur « Mountain Sky » nous happent, les puissantes attaques de Mareike répondant à merveille aux envolées lyriques de Gaby et Carmen. Doublée de choeurs massifs et habilement insérée sur une sente mélodique d'une précision d'orfèvre, cette triangulation fait mouche.

Enfin, lorsqu'il s'adonne aux moments intimistes, le combo teuton témoigne d'un bel élan d'inspiration. Ainsi, on retiendra la sculpturale et graduelle ballade « Die See » qui, dans la lignée de Dark Sarah et dans la langue de Goethe, mêle les empreintes lyriques de deux sirènes que rien ne pourrait arrêter en plein vol. De plus, de fines gammes au piano corroborées à des riffs émoussés s'insèrent opportunément dans le cortège instrumental, suivant un cheminement mélodique des plus infiltrants. Et l'émotion est au rendez-vous de nos attentes. Et que dire de la reprise de « Herr Mannelig », ballade traditionnelle entonnée dans sa langue d'origine, le suédois, par le même et charismatique duo ? Un joli moment de poésie...

Aussitôt le parcours de la rondelle achevé que l'on éprouve le désir d'y revenir, le groupe ayant su concocter les séries d'accords susceptibles de nous retenir plus que de raison. Et ce, sans s'être travesti, ni avoir cédé à d'évidentes mélodies pour tenter nous rallier à sa cause. Diversifié dans ses atmosphères et ses jeux rythmiques, foisonnant dans ses joutes oratoires, doté de subtils arrangements, s'avérant plutôt émouvant, n'accusant que peu de baisses de régime, le message musical témoigne ainsi de la féconde inspiration de ses auteurs. Aussi le combo allemand a-t-il franchi une étape décisive de sa carrière, celui-ci pouvant dès lors espérer faire partie des valeurs de référence du metal symphonique actuel. Bref, une bien belle surprise de cette fin d'année...

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