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Cold In Berlin The Comfort of Loss and Dust
Album, date de parution : 04 Mai 2015 - Candlelight Records
Style: Stoner Doom

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NOTE : 18/20
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Tracklist
1. She Walks
2. The Bell
3. Dopamine
4. The Sinner
5. Fucking Loud
6. Mysterious Spells
7. Coming Back for More
8. Pray for Us
9. Ghosts
10. Natural Order

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1 avis 1 18/20
Chronique
18 / 20
    Luthor, Vendredi 03 Avril 2015 parlez-en à vos amis  
Entre Stoner Doom et Gothic Rock, un album confirmant l'émergence d'un futur grand groupe

Quand un groupe débarque en prétendant pratiquer un nouveau style, le chroniqueur blasé ne peut généralement pas se retenir d'un petit sourire sardonique. C'est qu'il en a connu beaucoup de ces groupes qui prétendaient révolutionner le Metal, et dont la grande majorité ne se sont révélés au final n'être que des pétards mouillés... Alors, un de plus, hein... Pas de quoi fouetter un chat, aussi le chroniqueur ouvre son fichier Word et commence à écouter les fichiers (c'est qu'il est devenu moderne, le chroniqueur), en se disant qu'au pire ce sera un bon album qui méritera quelques encouragements.

Et à l'écoute de la première chanson, le sourire sardonique se fige. Et au fur et à mesure que l'album se déroule, il se change en un sourire franc et joyeux. Le sourire du chroniqueur qui vient de découvrir un vrai bon truc. Et il commence à se traiter d'imbécile de ne pas avoir lu la bio qui était livrée avec les MP3. En y revenant, il s'aperçoit que Cold In Berlin n'est pas un groupe récent, qu'en fait le groupe traîne ses basques depuis un peu plus de 5 ans mais pas tellement dans la scène Metal. Car Cold In Berlin fait ses armes dans la scène Goth/Alternative anglaise. Alors, qu'est-ce qui amène ce disque chez le chroniqueur plus porté sur le Metal ? Le simple fait que Cold In Berlin soit un groupe de Doom. Et même plus que ça : un groupe de Doom ORIGINAL.

Sur le site du groupe, le style est proclamé comme du Stoner Goth. Et ce n'est pas un mensonge. Musicalement, Cold In Berlin propose un gros mur du son particulièrement épais dont les guitares psychédéliques doivent beaucoup aux classiques opiacés du genre, de Electric Wizard à Acid King en passant par Ramesses et autres crasseux comme seule l'Angleterre sait en enfanter. Et puis, sur cette muraille sonore, viennent se greffer une section rythmique dont le son regarde plus loin en arrière. Une basse qui claque, froide et clinique. Une batterie capable de plomber l'ambiance sans nécessairement tout écraser. Des mélodies parfois légèrement éthérées. Et bien sûr, une chanteuse.

Et là où 99% des groupes aujourd'hui vous proposeraient, avec une telle description, au choix un truc occulte foireux pompé sur les années 70 ou 2010 (c'est que c'est de la vraie consanguinité aujourd'hui, la scène Occult Rock 70's) ou un machin épico-kitsch à base de chanteuse qui veut vous faire souffrir parce qu'elle a raté sa carrière dans l'opéra (et il faut reconnaître que certaines ont la dent très dure, vu comment elles nous font saigner les oreilles). Pas Cold In Berlin. Car s'il y a bien des chanteuses qui inspirent Maya (la chanteuse, donc), ce serait plutôt Siouxsie Sioux, Nina Hagen, Gitane Demone, Dinah Cancer ou Eva O. Car c'est là l'autre facette de Cold In Berlin : un côté Post Punk/Goth Rock totalement assumé, autant musicalement que visuellement. Et si, sur le papier, le mélange Stoner Doom occulte et Batcave semble un truc totalement incohérent, il se révèle sur disque une réussite impressionante de bout en bout.

L'album s'ouvre sur un « She Walks » rapeux, sorte de Blues/Doom matiné de Southern Gothic. Le genre de truc qui doit bien faire plaisir au fantôme de Jeffrey Lee Pierce, un truc conjugant les ombres de Concrete Blonde et Acrimony dans une fanfare endiablée. « The Bell » dévoile l'aspect le plus occulte et horrifique du groupe, avec son atmosphère de rituel satanique pratiqué dans le grenier d'une vieille maison en ruines isolée dans un terrain vague abandonné (dans le même état d'esprit, mais beaucoup plus ritualiste, on notera les 7 minutes flippantes de « Mysterious Spells » qui renvoient tous les groupes occulto-sataniques trop gentillets jouer à la marelle) : on est ici très loin des gamineries de groupes comme Jess And The Ancient Ones et tous les autres se contentant d'essayer de grapiller les miettes du cadavre de The Devil's Blood. « Coming Back For More », « Ghosts » ou « Dopamine » permettent à Maya de se lâcher et au groupe d'assumer l'aspect le plus Post-Punk/Goth Rock de sa musique, renvoyant à une version ultra-heavy de groupes comme La Peste Negra. L'ambiance est macabre, renvoyant au superbe artwork qui se permet d'être aussi sinistre que dépouillé.

Il est difficile de définir pour à quel type de chevelu un groupe pareil peut s'adresser. Le chroniqueur pourrait dire que les bûcherons fans de Stoner Doom aux riffs épais comme des bûches trouveront dans « The Comfort Of Loss & Dust » largement de quoi étancher leur soif d'enfumage cannabique. Il pourrait aussi dire que les fans de Southern Gothic et de Post-Punk/Batcave trouveront aussi largement de quoi nourrir leurs chauve-souris et animer leurs soirées dans les cimetières et les catacombes du coin : il y a même sur cet album de quoi danser, mais plus à la manière décrite par Iggy Pop dans « Nightclubbing ». Il pourrait conseiller cet album aux amateurs d'aventures musicales, à ceux que ne rebutent pas le mélange de styles à priori antinomiques et à ceux pour qui la musique ne peut se vivre que comme une découverte permanente de groupes qui n'ont pas peur de ruer dans les brancards et de repousser plus loin les barrières musicales.

Il pourrait dire tout cela, mais à la place il va juste faire une chose simple : se remettre un casque sur les oreilles et se réécouter pour la énième fois un album qui a réussi à le charmer, un album foutrement addictif qui lui fait se dire que ça fait du bien de découvrir qu'il existe encore des groupes avec une vraie personnalité, et surtout capable de bien l'exprimer musicalement. Et en se repassant une fois de plus ce qui est pour lui son album favori du trimestre, le chroniqueur se dit qu'il en a bien rien à foutre de savoir si le groupe fait du Goth ou du Metal. Parce que Cold In Berlin fait de la bonne musique, et qu'au final c'est la seule chose qui compte.




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