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| CD paru enAvril 2008 - Cold Dimensions |
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1. A Dream of a Dead Sun 7.34
2. Tortured by Solitude 6.13
3. Winterreise 4.06
4. Schmerzensschreie 5.45
5. Red Snow 8.27
6. Stille 1.21
7. Hymn To Eternal Frost 5.58
8. My Dead Bride 2.44
9. Escape 7.34
Total playing time 49.42 |
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| Chronique |
 15 / 20 |
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Toute nouvelle signature du label germanique Cold Dimensions, déjà responsable de la sortie d'une dizaine de productions placées sous le signe d'un black / dark ambiant cristallisant des atmosphères glaciales (on pense notamment aux deux pointures du genre que sont les désormais défunts Lunar Aurora et Trist), ColdWorld emprunte les mêmes sentiers que ses compagnons d'écurie, d'où l'assurance, pour nous auditeurs, de savoir exactement où l'on pose les pieds sans risquer une quelconque déconvenue, à défaut de tomber sur de réelles surprises.
Mené par le multi-instrumentiste Georg Börner, seul et unique maître à bord, ColdWorld se situe à mi-chemin entre un black metal lent et un dark ambiant aux atmosphères typiquement hiémales. Comme si sa musique se retrouvait constamment tiraillée entre les styles caractéristiques de Burzum, de par ses nombreux mid-tempi hypnotiques sur lesquels viennent se poser des riffs lancinants au son aussi sec que l'écorce d'un arbre pourrissant, et Vinterriket, de par ses parties de synthé grandioses dégageant une ambiance hivernale envoûtante, révélant des sensations ambivalentes, si belles et si tristes à la fois, la solitude et l'espace, donnant l'impression de se retrouver perdu, abandonné au beau milieu d'une contrée enneigée étendant son manteau de glace à perte de vue, tandis que les flacons tombant dru dissimulent les traces de nos pas égarés, rendant au paysage sa blanche virginité originelle.
Rien de bien novateur certes, mais il y a tout de même pire comme références. D'autant que ColdWorld dispose d'un atout maître : sa diversité.
Beaucoup trop de formations musicales œuvrant dans le black dit atmosphérique ont tendance à servir une formule immuable en se calant sur des rythmes linéaires et des riffs répétitifs sur toute la durée d'un album, la sensation d'hypnotisation recherchée se transformant alors progressivement en lassitude.
ColdWorld parvient admirablement à éviter cet écueil en proposant une musique relativement riche tout en restant cohérente, ce qui n'est pas un mince exploit dans un style aussi balisé, et c'est tout à son honneur !
Les alternances entre black et ambiant tombent toujours à point nommé, naviguant entre mélodies éthérées et nappes contemplatives, agrémentées de quelques touches acoustiques fort bien venues ("Escape", la fin de "Red Snow" enchaînant avec "Stille") et de passages typés old-Katatonia avec des leads dégageant un vague à l'âme tenace, avec une mention particulière pour "Tortured by Solitude" sur lequel vient se poser une superbe mélodie de violon révélatrice d'une tristesse infinie. ColdWorld sait même se ménager quelques (brèves) accélérations (comme sur le morceau d'ouverture "A Dream of a Dead Sun") soutenues par des nappes de claviers vaporeuses, si bien qu'aucune agressivité ne vient troubler la quiétude ambiante.
Beaucoup de relief donc dans ces paysages défilant sous nos yeux et il est très agréable de s'imaginer parcourir ces contrées pourtant d'apparence inhospitalière.
Malgré la désolation et la profonde tristesse exprimées par la musique, le titre de l'album semble tout de même quelque peu exagéré, la mélancolie étant l'un des états dépressionnaires les plus graves, s'apparentant à une torture mentale accompagnée de malaises physiques atroces et d'un extrême dégoût de vivre. Rien de tel avec ColdWorld, la sensation dominant au sortir de l'écoute étant plutôt l'apaisement … du genre de celui que l'on ressent lorsque, enveloppé d'une aura glaciale, notre corps s'engourdit à mesure que le froid s'insinue dans nos veines et cristallise progressivement notre sang. La mort tout en douceur, en somme ... comme l'exprime parfaitement le titre "Escape" clôturant l'album.
Malgré toutes ses qualités, cette œuvre n'en est pas pour autant parfaite, la musique souffrant parfois de l'isolement de son unique compositeur. On notera surtout un son un peu trop synthétique (défaut accru par l'usage d'une boîte à rythmes) ainsi qu'une qualité de mixage perfectible et une voix black remplissant son rôle mais sans plus.
Mais Goerg Börner s'est avéré suffisamment inspiré et ses compositions sont suffisamment bien réalisées pour réussir sans peine à convaincre l'auditeur, à condition que celui-ci soit réceptif. Il s'agit bien du genre de disque qu'il est inutile de proposer aux partisans de black brutal et malsain, ceux-ci ne pouvant que rester de glace face à tant de morosité.
En revanche, les âmes en peine adeptes d'ambiances froides et contemplatives peuvent s'y jeter dessus sans aucune hésitation. Elles y trouveront de quoi leur faire passer l'envie de voir le soleil d'un bon moment.
Ne reste plus qu'à leur souhaiter la bienvenue dans le royaume de l'Hiver éternel … et bon voyage …
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