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| 1984 - Noise International |

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1. Human (Intro)
2. Into The Crypts Of Rays
3. Visions Of Mortality )
4. Dethroned Emperor
5. Morbid Tales
6. Procreation (Of The Wicked)
7. Return To The Eve
8. Danse Macabre
9. Nocturnal Fear
Emperor's return EP (bonus CD réédition)
10. Circle Of The Tyrants
11. Visual Agression
12. Suicidal Winds
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| Chronique |
 18 / 20 |
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Retour fin 1984, lorsque Hellhammer se rebaptise en l’entité Celtic Frost, enregistrant dans la foulée son premier album Morbid Tales pour le compte de Noise Records, avant de retourner en studio en tout début d’année suivante, pour les sessions du terrible EP Emperor’s Return. Si les formats sont respectés aux Etats-Unis, Noise Europe, contre la volonté du groupe, décide par contre d’amputer Morbid Tales de deux titres et de les rajouter aux trois morceaux d’Emperor’s Return, sortant ainsi deux Mini LP au lieu du LP et du EP prévus à l’origine. En respectant l’histoire et la volonté du groupe, Morbid Tales est donc chroniqué en tant que premier album à part entière du diabolique Celtic Frost.
Croisement entre les corpse-paints de Kiss (version morbide) et l’attitude satanique de Venom, Celtic Frost impose en 1984 une nouvelle image dans le monde du metal, adoptée quelques années plus tard par nombre de formations black. Sa musique est tout autant d’avant garde, inspirée de Show No Mercy de Slayer et de Black Metal de Venom, mais balançant un thrash beaucoup plus rapide, soutenant les vocaux de Tom G.Warrior, ni chantés, ni hurlés, mais profonds et rocailleux, annonçant les prémices des voix gutturales, développées quelques années plus tard.
Les compositions sont basées sur des structures simples, mais diaboliquement efficaces, à l’image des terrifiants Into The Crypts Of Rays ou Morbid Tales. Parallèlement, au détour de breaks ou de titres d’une lourdeur exemplaire, Celtic Frost ralentit judicieusement le rythme, pour repartir alors de plus belle et terrasser définitivement le métalleux, qui en 1984/85 n’a encore jamais entendu pareille brutalité sonore, exécutée avec une dextérité et précision.
De par son image et sa musique, Celtic Frost s’impose directement en véritable visionnaire, initiant nombre de formations thrash, ainsi que tous les futurs groupes de death et de black, qui se revendiquent haut et fort de l’école Celtic Frost, à l’instar d’ Obituary ou Darkthrone, pour ne pas tous les citer. Monument du metal, Morbid Tales connaît depuis 1999 une seconde jeunesse, grâce à la réédition remasterisée de Noise, lui rendant enfin son format d’origine.
Fabien.
2 commentaires |
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| Chronique |
 11 / 20 |
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La note doit résumer à elle seule ce que l'on pense et que l'on essaie d'expliquer en plusieurs paragraphes, souvent c'est même la première chose que le lecteur voit, et la première impression que donne l'auteur. Elle doit donc être conforme à la chronique. Mais en de rares cas, une note objective ne correspond pas toujours à la valeur réelle du disque. Vous vous en doutez, c'est le cas ici. Je vais même mettre ma note dès le début. Ce disque récoltera 11/20. Cela équivaut à un bon album mais pas exempt de défauts, et loin d'être indispensable donc... mais est-ce vraiment le cas de ce "Morbid Tales"??
Je ne mets que la note moyenne, en reflet de la musique de Celtic Frost. Issu des cendres de Hellhammer, un groupe avant-gardiste, Celtic Frost naît en cette année 1984, avec une première touche gothique (apparition très brève mais bien réelle d’une voix féminine sur "Return Of The Eve") qui sera développée par la suite. Pour l'heure, il s'agit de noter "Morbid Tales", édition remaster de 1999. La musique pratiquée est assez étrange, je la qualifie perso de "heavy/thrash dark". Une recette qui paraît vieille par rapport aux standards actuels du metal extrême. Mais ne nous arrêtons pas à cet aspect superficiel…
Pas encore question de black ou de death même si quelques indices rappellent ces styles ; ici, les riffs sont simples, heavy à la Black Sabbath, ou thrash à la Slayer, les tempos sont variés. Souvent au sein d'un même morceau se côtoient des vitesses élevées et des ralentissements du rythme, qui nous font presque penser à du doom, comme sur "Procreation (Of The Wicked)". Le gros avantage, c'est le "groove" qui se dégage du disque. Impossible de ne pas headbanguer sur les passages rythmés du disque, comme le break de "Nocturnal Fear". Ainsi, malgré une simplicité étonnante des riffs, certaine compos deviennent déjà cultes : "Into The Crypts Of Rays" et son refrain et "Dethroned Emperor" et son riff si entraînant.
Le son est unique. La touche Celtic Frost quoi. Dur à décrire, les guitares ont un son qui parait dénué de tout "trebble" et donc d’agressivité. Plutôt un son lourd, qui me rappelle celui des gratteux d'Obituary, entité fortement inspirée par Gabriel Warrior et ses sbires. Les rares solos sont plutôt dans le style Slayer : torturés et chaotiques. La basse et la batterie sonnent classiquement et sont présents, mais j'aurais aimé entendre plus la grosse caisse. L'édition remaster possède donc une bonne prod, qui n'est pas dénaturée par rapport à l'original. Enfin, le chant de Gabriel Warrior. Pas de growl, le Suisse se contente de réciter ses textes, aux thèmes occultes, dérivés du satanisme de foire de Venom, en utilisant sa voix profonde et sombre. Au final, l'ambiance est vraiment étrange. Macabre (évidemment…), mais aussi décalée. Ecoutez donc "Danse Macabre", une interlude totalement loufoque. Ou juste l’intro "Human" qui repasse en boucle des cris… Une certaine forme de misanthropie s’installe, précurseur des ambiances black metal.
L'EP "Emperor's Return" est rajouté au disque, dont 3 titres non remasterisés. Son beaucoup moins bon, surtout le chant totalement en retrait. Mais il permet quand même de présenter une version intéressante de "Circle Of The Tyrants". J'accroche moins aux deux derniers titres, sûrement dû au manque de diversité de cette édition, qui dure tout de même 50 minutes. Certains riffs semblent similaires, à cause de la recette qui n’évolue plus tout au long de l’album, et l’ambiance devient étouffante. Enfin, le livret retranscrit les paroles, la pochette initiale de "Emperor’s Return" plus quelques photos du groupe pas transcendantes mais qui donnent un aperçu du premier corpse paint de l’histoire du metal.
Alors voilà, je ne suis pas un fan ultime de ce disque, je préfère les deux suivants du Frost. D'où ma note. Mais il faut savoir remettre ce disque dans son contexte. Il bénéficie d'un statut culte, véritable OVNI à la date de sa sortie, et il a influencé toute une génération de death et de black metalleux. Au final?? 11/20 aujourd'hui, mais indispensable à une discothèque metal fournie. De plus cette réédition est de qualité, tout en respectant le caractère originel de "Morbid Tales" première édition.
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