Peu après la sortie du terrible
Symphonies of Sickness, bouleversant la scène death grind par son extrême brutalité, et parfaitement canalisée par la production de Colin Richardson, Bill Steer & Jeff Walker contactent de nouveau Michael Amott, pour son intégration dans les rang de
Carcass. Cette fois, le jeune guitariste accepte la proposition de ses deux amis, jugeant l’affaire beaucoup plus sérieuse qu’à l’époque de
Reek of Putrefaction. Il met alors fin à son groupe
Carnage en janvier 1990, juste après les sessions d’enregistrement de Dark Recollections, quittant sa Suède natale pour l’Angleterre en avril de la même année, et laissant le soin à Fred Etsby, Matti Karki et David Blomqvist de ressusciter
Dismember, leur premier projet.
Désormais fort de deux guitaristes talentueux et complémentaires,
Carcass s’attaque alors aux compositions de son troisième effort, puis rejoint Colin Richardson aux mythiques Slaughterhouse Studios l’année suivante. Necroticism sort ainsi en fin d’année 1991 chez Earache, commercialisant dans les mêmes temps Clandestine d’
Entombed ainsi que
Forest of
Equilibrium de
Cathedral, le nouveau groupe doom de Lee Dorrian, ancien acolyte de Bill chez
Napalm Death.
Conservant son langage nécrologique et médicinal,
Carcass aère en revanche son death-grind-gore originel, délaissant ses passages brutaux & tapageurs au profit d’un deathmetal à la musicalité considérablement accrue, gagnant alors au passage de nouveaux adeptes effrayés par ses deux premières réalisations. En effet, à l’exception du dernier titre Forensic Clinicism, aux relents Symphonies encore marqués, Necroticism se veut plus abordable, magnifié par les batailles de soli mélodieux de Bill & Michael, l’un des points forts de l’album. Le groupe conserve également la dualité des ses vocaux, bien que les éructations hémoglobineuses de Bill soient plus discrètes, laissant plus de marge au chant éraillé de Jeff.
En outre, depuis les subtiles notes acoustiques de Pedigree Butchery, jusqu’aux soli délectables de Solvent Abuse & Lavaging Expectorate, en passant par les rythmes mémorables et entraînants de Ken Owen sur Jigsore Quandary, Necroticism regorge de finesse, exécuté par des musiciens débordant d’imagination pour varier au maximum leur style brutal, et le rendre particulièrement exquis. Colin Richardson donne enfin le meilleur de lui-même, dotant l’ensemble d’une profondeur, d’une clarté et d’une puissance formidables.
D’une qualité équivalente à son incroyable prédécesseur, Necroticism s’écoute en revanche différemment, mais avec un plaisir brillamment renouvelé, montrant tout le talent et le savoir faire du quatuor britannique. Ainsi, tout en conservant son identité intacte, au soulagement des fans de la première heure,
Carcass réussi royalement sa reconversion en cette année 1991, aux côté de Death,
Pestilence ou
Atheist, comprenant l’évolution nécessaire de son style death grind pour maintenir son excellence et tout son intérêt. Ultime !
Fabien.