Deux longues années et demi séparent
Gore Obsesssed, huitième full lenght de
Cannibal Corpse, de son brutal prédécesseur
Bloodthirst. Cette trêve reste toutefois entrecoupée par
Live Cannibalism, premier album live officiel de l’infatigable bande d’Alex Webster. Si son line up reste inchangé depuis 1998, le groupe floridien décide en revanche de changer d’ingénieur du son, laissant le redoutable Colin Richardson pour rejoindre le non moins célèbre & expérimenté Neil Kernon au Sonic Ranch studios, débouchant sur la sortie de son nouveau méfait en février 2002, chez son label dévoué
Metal Blade Records.
A l’image de son titre, et la nouvelle double illustration de Vince Locke (dont la version non censurée, assez méconnue, reste à mon sens plus convaincante),
Gore Obsessed n’affiche aucune surprise notoire, appliquant une recette similaire à son prédécesseur. En effet, tandis que Webster, signant la majorité des titres, privilégie l’art du riffing précis & assassin (
Savage Butchery, Pit of Zombies), Pat’O Brien met quant à lui l’accent sur les structures & plans techniques (Hatched to The
Head), laissant à Jack Owen l’écriture des titres les plus torturés, à l’image du court Dormant Bodies
Bursting et de son break renversant, ou encore de l’excellent When Death Replaces Life et de son intro subtile, au climat fort bien entretenu. Le métalleux possédant le premier pressage peut également savourer No
Remorse, titre initialement enregistré par
Metallica (
Kill ‘Em All), que
Cannibal Corpse s’est fort bien approprié au passage.
Toutefois, bien que le gang floridien possède toujours ce couple rythmique inattaquable de Mazurkiewicz & Webster, ces plans de guitares complémentaires d’Owen & O’Brien, et le guttural dynamique de Fisher, lui permettant de lâcher de nouveaux morceaux parfaitement huilés,
Gore Obsessed manque d’une certaine couleur et d’atmosphères particulières, n’apportant rien de plus dans la longue discographie du groupe. Si le changement d’ingénieur du son constituait également une bonne initiative, il ne permet pas non plus le détachement attendu de l’album en regard de ses prédécesseurs, perdant même une partie de la puissance de
Bloodthirst, fort bien capturée par Colin Richardson.
Sans livrer ses titres parmi les plus mémorables et les plus meurtriers, et commençant parallèlement à entrer dans une certaine routine,
Cannibal Corpse signe un
Gore Obssessed convaincant, à défaut de transcender. Néanmoins, le groupe de Webster possède une maîtrise et une technique toujours aussi irréprochables, ainsi qu’une identité à toute épreuve, constituant un gage de qualité indéniable, mais rivalisant difficilement aux attaques triomphantes d’
Hate Eternal,
Nile,
Origin &
Immolation, qui bombardent à coups de Kings of all Kings, Darkened Shrines, Informis Infinitas &
Unholy Cult particulièrement déboulonnants, en cette terrible année 2002.
Fabien.