Retour en avril 1998, deux ans après
Vile, pour le 6ème assaut des cadavres cannibales. Le groupe garde son dessinateur attitré, mais change par contre d’ingénieur du son, l’album étant enregistré sous la houlette de Jim Morris.
Gallery of Suicide marque également le départ du guitariste Rob Barrett, reparti chez
Malevolent Creation, et remplacé au pied levé par Pat O’Brien, encore inconnu dans le circuit death metal.
Gallery of Suicide est différent de
Vile dans son approche, présentant pas moins de 14 morceaux d'une coloration death métallique de tout instant, mais dégageant une ambiance souvent plus fine, quasi surprenante de la part de
Cannibal Corpse. Il reste bien sûr de nombreux titres courts et expéditifs comme le laminant I Will
Kill You, mais s'opposant désormais à d’autres plus posés, à l’image des remarquables
Gallery of Suicide, Headless ou Every Bones Broken, montrant une facette du groupe encore inexploitée et ô combien délectable. L’illustration de Vince Locke, une galerie aux suicides très inquiétante, contribue également à cette atmosphère pesante, développée pendant les 45 minutes de l’album.
De plus, la venue de Pat O’Brien apporte beaucoup de sang frais au quintette américain. Ce dernier possède un jeu différent de celui de Rob Barrett, mais tout aussi technique, et s’offre de surcroît le luxe de composer trois titres excellents, avec sa touche toute particulière, à l’image de son redoutable instrumental From Skin To Liquid. Enfin, le choix de Jim Morris s’avère particulièrement judicieux, l’ingénieur du son apportant un travail différent, posé et pourtant terriblement puissant.
Cannibal Corpse sort ainsi un
Gallery of Suicide original dans sa discographie, et vraiment fabuleux, lui permettant de se renouveler brillamment et de conserver l’attention de ses fans. Le deathmetal sortant tout juste d'une période de flottement à cette époque, le quintette floridien force d’autant plus le respect, rappelant haut et fort aux côtés de
Nile,
Morbid Angel et
Incantation, combien le genre est encore bel et bien vivant en cette année 1998.
Fabien.