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Le mieux c’est de dire que le bougre s’en sort admirablement bien. Les fans feront la différence bien sur mais le fossé qui le sépare de Messiah est bien mince. Ce n’est guère qu’une mini fissure. Tant mieux car on trouve dans ce King Of The Grey Island quelques petites pépites du meilleur effet. Tous les éléments qui ont fait la renommé du groupe sont présent. On y retrouve des rythmiques aussi pesantes que déprimantes mais surtout on retrouve une véritable patte. Le Candlemass des débuts est de retour a son quasi meilleur niveau. Je dis quasi car si certains titres sont assez monstrueux on y retrouve aussi des titres beaucoup moins inspirés. On peut dire que c’est bien dommage car si l’on y regarde de plus prêt un titre comme « Destroyer » est ce que Candlemass peut faire de mieux. Typique mais en même temps moderne ce titre est l’apogée de ce que l’on pourrait qualifier de renouveau. Au contraire un titre « Man Of Shows » ne sait pas trop ou il va et à la deuxième écoute, il sera zappé sans hésitations. On va dire qu’il y a 40% de titres passables ce qui au final est quand même un bon score compte tenu des déboires du groupes juste avant l’enregistrement. Indépendamment la production est très léché et l’on identifie rapidement le son lourd et pesant (ou inversement) du groupe. Trois suffisent a comprendre le message du groupe. Rock’n Heavy a souhait. Bon nous voilà quand même rassurez sur l’avenir du groupe. Il faudrait simplement voir a arrêter de changer le line-up tout les 2 mois afin de ne pas tomber dans un syndrome Dallas. Reste que cet album est de bonne qualité dans son ensemble et que la prestation de Robert Lowe est impressionnante de maîtrise.
Bref, le devenir du groupe reposait finalement sur les frêles épaules de son bassiste. Et comme Leif s'est surpassé sur ce "King of the Grey Islands", nous pouvons annoncer haut et fort qu'il y a bien une vie après Messiah. D'abord, musicalement, jamais Candlemass n'a maîtrisé aussi parfaitement son sujet. Les compos, fort bien structurées, ne se révèlent jamais ennuyeuses, bien qu'elles dépassent toutes les 4:30' (jusqu'à plus de 8:00' pour le monumental "Embracing The Styx"). Leur variété est aussi un atout, de l'oppressant "Demonia 6" au plus aéré "Of Stars And Light" en passant par le "rapide" (on parle de Candlemass quand même !) "Clearsight", digne successeur de "Born In A Tank" et autre "The Bell Of Acheron". Et le chant, me direz-vous ? No problem ! Le père Eidling a sorti un atout maître de sa manche en recrutant l'expérimenté Robert Löwe, vocaliste en titre de Solitude Aeturnus. Et s'il est moins lyrique que Messiah, Robert Löwe délivre néanmoins une superbe performance, son timbre un poil plus agressif se révélant également très expressif (pour ceux qui pouvaient trouver les vocalises de Messiah parfois un peu monotones). Son adaptation à des compositions qui n'avaient pas été écrites en pensant à lui est de ce point de vue proprement bluffante. Preuve s'il en était encore besoin de la qualité de cet opus, on retrouve l'identité du groupe dès la première écoute, malgré le changement de voix. Un grand album pour un grand groupe qui a été bien inspiré de persévérer en dépit des frasques de son ex-moine chanteur...
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