1. Tuisto's Heart
2. The Death Of Wuotan
3. Ansuzgardaraiwô
4. Nerþus' Love
5. The Lonesome Mourning of Frijô
6. The Power of Empathy
7. Fijô's Golden Tears
8. The Crying Hadnur
Deuxième album dark ambiant de Burzum et pour le moment dernier sorti en date. Le style n’évolue pas beaucoup par rapport au dernier, à cause des conditons de création et d’enregistrement restées les mêmes (la prison). On a donc droit à un clavier toujours aussi pourri (un vieux Casio ou un truc dans le genre...), mais heureusement surtout à des mélodies bien meilleures, mieux écrites, plus amples et moins répétitives. Le son ne rend malheureusement pas justice aux compositions, mais après tout, c’est peut-être le but recherché dans une optique ultra-minimaliste et dépouillée. L’atmosphère qui découle de ce cd est vraiment très crépusculaire, sans doute en raison de l’enfermement prolongé de Vikarnes, mais aussi parce qu’il est question du Ragnarök, plus connu sous le nom de Crépuscule des dieux.
Je trouve cet album bien meilleur que le précédent, surtout dans son écriture plus complexe et ses mélodies mélancholiques, mais encore une fois, c’est à écouter avant d’acheter.
Le morceau « Ansuzgardaraiwô » est vraiment dépaysant...sic !!
Voila le dernier album de Burzum: "Hlidskjalf" (et oui c'est finit maintenant!), un nom imprononcable, un second album d'une trilogie (donc un troisième album qui ne verra jamais le jour (normalement du moins)), et comme son prédécesseur: "Daudi Baldr's", cet album est entièrement de l'ambiant.
Côté son, un son bien meilleur que celui de "Daudi Baldr's", une pochette plus que magnifique et une ambiance sombre et pesante comme Vikernes sait si bien les faire (que ce type ait un guitare, ou un sytnhé, rien ne change c'est toujours aussi bon!). Ici les compos sont plus travaillées et recherchées que sur l'opus précédent. Autant en écoutant "Daudi Baldr's", on croyait se retrouver dans une sorte de château au moyen âge, avec de la grande musique (bon ok de la grande musique sombre mais de la grande musique...) alors que là on se croit dans une forêt, espionné, surveillé par des créatures et autres...(Si vous faites des Jeux de Rôle, cet album est à passer en fond sonore!)
Et oui, il est loin le temps de "War" ou "Lost Wisdom", même "Filosofem" avec son terrible "Dunkelheit" n’a plus grand chose à voir avec cet album.
Bref, dernier album de la discographie de Burzum, c'est vraiment dommage car avec cet album Varg avait réussi à bien reprendre du poil de la bête (Daudi Baldr's avait vraiment été mal accepté des fans et des chroniques.) et à refaire une très bonne musique tout en empruntant un chemin différent.
Remarquez, il vaut peut-être mieux se dire que Burzum nous a quitté sur un album génial qu'un album merdique (J'aime beaucoup Daudi Baldr's mais c'est vrai qu'il est très difficile à écouter... Et si Varg avait arrêté Burzum après cet album ça n'aurait pas été top.)
Bref, selon moi un album intéressant, à posséder pour tout les fans bien sur, mais peut-être pas le prioritaire à prendre dans la discographie du groupe!
Lorsque la musique se fait trop abstraite, le sens des mots censés la décrire devient obstacle et insulte, alourdi la mélopée et empêche son envol. La chronique se devra alors d’être aussi poétique et euphorique que la musique. Essayons de réaliser cette communion en langage raisonné.
Car Burzum surprend et s’affranchi de toutes conventions. Certes, un modeste synthé ne parait pas de prime abord le vecteur idéal d’une mystique particulière, les dieux n’ayant pas l’électricité… Mais Vikernes a pris ici conscience des possibilités d’ouverture de son engin ; Vikernes disparaît et s’efface derrière son œuvre ; tout comme les procédés ; tout comme la musique dépasse la musique et appelle nos autres sens.
Inutile de s'appesantir sur les procédés ; la musique ambiante diluant par nature des sons espacés et traînants, voire commet quelques imitations de percussions. Les samples utilisés sont étonnamment proches de ce qu'aurait pu rendre des sons naturels ; parfois le son est une bourrasque qui s'engouffre partout, parfois de tranquilles piques disséminées dans la toile de fond. Autant dire que la rareté de toute "attaque" et que la répétitivité -qui, attention, ne nuit pas à la diversité entre les morceaux- de cet album font que l'orchestration se doit d’être parfaite, que tout tintement risque de rompre un délicat équilibre -ni vide baveux ni pompe grotesque-, que chaque élément doit subvenir au seul instant idéal et que la gestion du vide et des silences surtout emportera l'auditeur en appelant son imagination. Qu'ajouter ? Sinon attaquer le plus important ; vers quoi nous fait tendre L'"Observatoire d'Odin" ?
Immédiatement, l’auditeur de Hlidskjalf est pris à la figure par un souffle qui ne peut être que celui de l’expression de l’essence même de la nature intacte et irrévélée ; débuter l’écoute de cet album fait vraiment l’effet d’une bourrasque, comme lorsque l’on sort par un jour de grand vent… Ainsi “Tuistos Herz”, malgré la sérénité dont il ne se départira jamais -comme d’ailleurs l’album dans sa totalité- nous fait tout de suite changer d’univers, et commencer à arpenter la forêt, superbement rendue par le vieux maître Kittelsen, décorant la pochette. La détente et la noyade totale avec la musique s’expliquent d’autant plus mal que rien de rationnel ne parait permettre la transcendance : quelques lignes de synthé superposées, des thèmes se répétant, naissant et périclitant à l’infini, comme le cycle vie/mort symbolisé par la frise de runes Algiz à l’endroit et renversées, au dos de l’album. Chaque morceau est une sorte de recueil de sons organiques, volés au cœur de forêts, porteur de secrets affleurant toute chose naturelle ; ces sons paraissent d’abord étranges et peu familiers, jusqu’à ce que le thème réentame sa boucle ; ils se révèlent à nous dans toute leur splendeur, expriment tout ce dont ils sont la métaphore, des émotions précieuses, communes et pourtant si personnelles et uniques. Vikerne donne un éclaircissement sur le sens de ces ambiances ; à travers les mornes photographies spectrales du livret, les textes flattant de manière par trop descriptive et lasse des faits héroïques ou des sentiments élégiaques, toujours dans cette sempiternelle relation au panthéon nordiste. Ainsi, “Frijôs Einsames Trauern” nous narre l’histoire d’une mère abattue et vidée par la mort de son fils, le thème tranquille et répétitif de boîte à musique ( semblable à celui de “Der Liebe Nerthus”, qui lui conte le sacrifice festif d’hommes à Gaïa/Nerthus ) ou perce parfois des sifflements retranscrit bien l’univers de Hlidskjalf, entre sens et nature; la musique accompagne avec une force équivoque le spectacle de cette mère apathique, au regard vide, tandis qu’elle impose aussi l’image qu’elle pourrait contempler à sa fenêtre : sous-bois encore humide, un rayon de soleil venant réchauffer la nature grise malgré le levé de soleil précoce, des enfants vikings courant insouciants dans le village…
Chaque morceau est accompagné de son paysage et des sentiments dégagés violemment par ces images fortes. Pleurs de bébés, boucles de cris vaguement animaliers indéterminés, musique des arbres et des pierres, ruisseaux, ballet de feuilles, mélodie de là où la canopée ne permet pas à la lumière de pénétrer, troncs creux, fertilité et stérilité, bambous, respiration de la Terre souveraine et omniprésente, symbiose.”Frijos Goldene Tranen” s’envole vers une immensité stellaire, par ses pointes d’échos en provenance des plus lointaines étoiles, affluant et refluant en un don glacial ; la dernière piste est l’occasion du retour sur terre, délicat et désorienté, nouveau-né spirituel, faisant ainsi la liaison entre tout le pénible folklore odiniste et une musique côtoyant les divinités qui nous entourent, et leurs occurrences dans les stades de réalités nous transcendant. Vikernes échoue à donner à son œuvre un arrière-goût de propagande, mais ouvre une vraie porte transportant tout auditeur attentif vers un voyage mystique et contemplatif, plein de réponses sur lui-même et le monde alentour ; évidemment il n’en restera rien au réveil… Cet album n’est pas simplement noir ; il se fait plus porteur d’une certaine mélancolie et d’une langueur virant parfois au récit martial.
Et je ne perce pas là le mystère de l’œuvre -bien malgré moi, mais il aura fallu cet exercice pour concevoir qu’aucun mot ne pourrait chatouiller la dimension d’Hlidskalf- qui doit rester l’expérience solitaire de chacun.
L’intolérable silence réoccupe ensuite doucement l’espace. A son vide s’ajoute déjà la nostalgie de cette longue berceuse ; dans l’air, un changement imperceptible. Réentrevoir cela, rien qu’une fois !