Chargement ...
Vous allez être redirigé
|
| CD paru le 18 Septembre 2006 - Candlelight Records |
ajouter les paroles de l'album
|
Vous devez être membre pour déposer une note
1.Chapter I 6.04
2.Chapter II 4.44
3.Chapter III 5.08
4.Chapter IV 5.41
5.Chapter V 6.35
6.Chapter VI 5.01
7.Chapter VII 6.38
8.Chapter VIII 7.19
Total playing time : 47.15 |
|
|
|
| Chronique |
 |
|
S’attaquer à ce type d’album c’est se confronter à autre chose... C’est se tendre vers un but indicible, vers un au-delà immatériel. C’est sentir chaque cellule de notre enveloppe charnelle se désagréger, disparaître et tomber dans le néant. Avoir dans la main un disque de Blut Aus Nord c’est comme braver un interdit, évaluer et mesurer la potentialité de l’être humain. Sommes nous en vraiment capable ? C’est un peu la question que se pose le groupe français en nous la posant. Avec son titre aussi connu car terme inhérent à la vie elle-même que concept abstrait dont nous cherchons toujours une signification, Blut Aus Nord ne choisit pas la facilité, non loin de là...
Au contraire il nous immerge dans les parties amorphes du cerveau, y farfouille, lacère et en ressort cet album. Disque inquiétant, intriguant, hybride d’une portée métaphysique. Ce qu’on ressent c’est une lente éviction, la séparation de l’esprit avec le corps, la déchirure d’une phase. Pertes de repères, indétermination de l’espace, « Mort » est une expérience qui demande l’élaboration, et même plus, l’apprivoisement de l’objet. Sinon, nul doute que le lecteur lambda sera perdu dans les méandres et autre flux obscurs que dissèque ce disque. Nul titre au morceau, absence de structure linéaire… ce disque déblaie les fondements du black, déplace les pierres et façonne sa propre identité (ou sa « non –identité »). Une démarche qui se trouvait déjà amorcée sur « The Mystical Beast Of Rebellion » où le groupe posait sa marque atonale qui allait devenir l’essence de sa musique. Son style appartient à lui seul et pousse ici ses expérimentations à son paroxysme. Déficience des reliefs, abstraction des lignes de guitares se confondant presque aux voiles ambiants qui parcourent sans cesse l’album au point d’en créer une unité atmosphérique inquiétante. D’ailleurs les frontières sont à ce point effacées que c’est l’écoute d’une œuvre global (et je le pense sincèrement) auquel nous sommes convié et aspiré...
Proche de l’insatiable volonté de rester insaisissable jusqu’au-boutiste, Blut Aus Nord construit un style plénier et absolu… Un style dont les parcelles déterminantes se trouvait sur le mystique et non moins intraitable « The Work Which Transform God ». La boite à rythme (volontairement synthétique) transforme ce flux marécageux en décrépitude orchestrée alors que les voix se trouvent mises ici en arrière plan. Chuchotements, sifflements utilisés comme passé sous un filtre donnant encore plus cette impression d’évoluer dans un monde sans frontières si on excepte le chant clair habilement utilisé sur le cinquième titre.
Je n’irai pas par quatre chemins (et je pense que cela ne surprendra personne) en disant que cet album risque de clairement divisé les auditeurs. On atteint ici un tel point de d’effacement et de perte d’identité sur bande qu’on ne peut que difficilement réagir. Album d’une grande maturité il demande une compréhension ainsi que concentration (Comment un métalleux qui fait fonctionner sa caboche ? Quelle Horreur !). Je ne pensais être ainsi surpris mais c’est avec un bon nombre d’écoute que cet opus se démarque ostensiblement de ce que j’ai pu entendre dans l’année et depuis un bon moment. Il y a quelque chose d’unique sur cet album que je n’explique pas vraiment et qui, si ça se trouve, n’en demande nécessairement pas. Oui, après tout... Voici le type d’album qui se vit, possédant une portée que je n’hésiterai pas à qualifier mystérieusement de philosophique.
Album de l’absence par excellence, mais aussi de la perte, de l’oubli et de la décomposition spirituelle, « Mort » est à la fois l’OMNI de 2006 et peut-être même le plus subtil, le plus intriguant, le plus fascinant et le plus impénétrable (tu m’étonnes).
Le mystère de l’année et perso, l’une des meilleures sorties mais ceci ne regarde que moi, le débat est ouvert...
4 commentaires |
|
|