Grand Morbid Funeral

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Nom du groupe Bloodbath (SWE)
Nom de l'album Grand Morbid Funeral
Type Album
Date de parution 17 Novembre 2014
Enregistré à Ghost Ward
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album122

Tracklist

1. Let the Stillborn Come to Me 04:38
2. Total Death Exhumed 03:51
3. Anne 04:01
4. Church of Vastitas 03:37
5. Famine of God's Word 04:56
6. Mental Abortion 03:48
7. Beyond Cremation 04:41
8. His Infernal Necropsy 03:36
9. Unite in Pain 03:53
10. My Torturer 04:17
11. Grand Morbid Funeral 05:35
Total playing time 46:53

Chronique @ growler

23 Novembre 2014

Sinistrement beau, brutalement sale !!

Fer de lance du « revival swedish death-metal » vieille école, Bloodbath, initialement conçu comme un projet parallèle, est devenu une institution au sein du microcosme métallique, où chacune de ses sorties est scrutée de très près. Après un « Fantomless Mastery » pas franchement inoubliable, la force d’impact des suédois se fait moindre et les bougres vont être handicapés du départ de leur charismatique frontman, Mickaël Akerfeldt, préférant se consacrer pleinement à Opeth. A l’issu d’un long suspens et de nombreuses supputations, Bloodbath intronise Nick Holmes (Paradise Lost) au poste de « growler » en chef, ce qui laisse évidemment pantois au vu des dernières oeuvres de la formation de Halifax, plus proches du métal gothique que du « death-metal », même si, et il ne faut pas l’oublier, Paradise Lost commença sa carrière en évoluant dans un « doom-death » lourd, au chant assez primitif. Le groupe, aujourd’hui composé de Martin Axenrot à la batterie, de Andres Nyström et de Per Ericksson aux guitares, de Jonas Renkse à la basse et de « Old Nick » Holmes au chant, publie sa quatrième offrande intitulée « Grand Morbid Funeral ».

En préambule, il est à noter que l’artwork est magnifique, avec une none et son regard maléfique, tenant dans ses bras, comme si elle portait un nouveau-né, un crâne d’un corps sans doute exhumé du cimetière, situé en arrière-plan, le tout, en noir et blanc. La pochette présage d’un contenu primaire, morbide et empreint d’une certaine spiritualité.

Sans même que les présentations d’usage ne soit faites, « Let the stillborn come to me » ouvre le bain de sang et ne fait pas dans la dentelle, avec une rythmique alambiquée, soutenu par d’énormes riffs, entrecoupé de breaks lourds et pesants et, enrobé d’une mélodie sinistrement belle. Il est clair que le surplus de technicité et de complexité qui émanait de « Fantomless Mastery », est resté au fond du caveau et que Bloodbath a décidé d’opérer un sérieux retour aux sources, tout en restant différent de la période « Resurrection Through CarnageNightmares Made Flesh ». Outre la brutalité mise en exergue sur des compostions telles que « Let the stillborn come to me », « Total death exhumed », « Famine of god’s word » ou encore « Mental aborption » et « Beyond creation », l’ambiance qui ressort de cet opus est tout simplement poisseuse, et, force est de constater que le groupe n’a pas menti lorsqu’il affirmait que « Grand Morbid Funeral » était un de ses méfaits le plus sale. L’ensemble pue la morbidité putréfiante, le tout, enveloppé d’une atmosphère lugubre et obscur.

Non content de faire valser les dentiers par dizaines, grâce à une cadence très « death old school », la formation assoie également sa violence au travers de « blasts » bien sentis (« Beyond creation », « My torturer ») et enfonce littéralement le clou avec des breaks lourds et puissants, aux riffs pachydermiques comme sur « Famine of God’s word », « Unite in pain »My torturer », « Let the stillborn come to me », la fin de « His infernal necropsy », lorgnant ainsi vers le Paradise Lost de la première heure. Bloodbath livre également une bonne charge mystique avec « Church of vasistas » d’une beauté froide à glacer le sang. « Gand morbid funeral » est un album direct, qui ne s’embarrasse pas de fioritures, hormis quelques claviers discrets ici ou là, qui appuient cette ambiance brumeuse, le riffing y est assez simple mais très efficaces.

La production de Dave Castillo met également en lumière le côté cradingue de la chose au travers d’un son cru, gras, velu, dégoulinant, typiquement suédois, mais d’une puissance sans faille. Les musiciens sont tous au diapason avec une section rythmique énervée et précise, une usine à riffs qui ne connait pas la crise et qui tourne à plein régime, rehaussée de solos, pas piqués des vers (« Total death exhumed », « Mental aborption » ou « My torturer »). Quant à Nick Holmes, son « growl » s’avère moins profond que celui de Mickaël Akerfeldt, mais son timbre éraillé et médium, confère à l’ensemble, un aspect très brut, il est certain que son organe vocal ne laissera personne indifférent et sera sujet à de vifs débats, le verdict sera sans doute aléatoire, mais, en ce qui me concerne, je trouve que « Old Nick » s’en sort plus qu’avec les honneurs mais l’essai sera totalement transformé lors des prochaines prestations « live » du groupe, pendant lesquels il devra se réapproprier les compositions éructées par son prédécesseur, mais également par Peter Tägtgren, cela ne sera pas une mince affaire, le véritable jugement se fera à ce moment et l’avenir de Nick Holmes, au sein de Bloodbath, sans doute également.

Cependant, mon enthousiasme est (légèrement) terni par une structure des titres assez similaires, le groupe a simplifié son propos, tout en conservant une certaine dose de technicité et, de ce fait, aucun morceau « évident » ne ressort vraiment de « Grand Morbid Funeral » (ou est-ce dû à sa grande qualité ? C’est au choix). Pire, au milieu de toutes ces compositions qualitativement élevées, le morceau titre surnage par sa médiocrité. Alors, certes, la noirceur est au rendez-vous, mais ce titre est très conventionnel et n’arrive pas à décoller et ce, malgré les guests de choix que sont Chris Reifert et Eric Cutler, des légendaires Autopsy.

Avec « Grand Morbid Funeral », Bloodbath renoue avec son passé, sans atteindre la claque infligée, à l’époque, par « Resurrection Through Carnage ». Cependant, « Grand Morbid Funeral » possède tous les atouts nécessaires pour faire date dans la discographie des suédois, renvoyant à leurs études, toute une ribambelle d’apprentis qui souhaite prendre la place du maître. Si la collaboration avec Nick Holmes perdure et, est validée par la scène, ce disque peut ouvrir une nouvelle ère au groupe, une ère poisseuse, sale, rebutante, morbide dont cet opus peut être le point d’ancrage. Même si je reste un inconditionnel de « Resurrection Through Carnage », je dois bien reconnaître que « Grand Morbid Funeral » vient de m’infliger une bonne grosse baffe dont je me souviendrai.

Sinistrement beau, brutalement sale !!

28 Commentaires

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growler - 09 Mars 2016: Moi ;)
LeMoustre - 09 Mars 2016: Ben, c'était quand même pas gagné, au vu des itws de PL au cours des deux dernières décennies.
growler - 09 Mars 2016: oui, c'est vrai et c'est pour cela que c'est encore plus surprenant mais je pense que Vallenfyre, le projet de Gregor Mackintosh, y est aussi pour quelque chose.
LeMoustre - 09 Mars 2016: Sans doute, comme quoi, on revient souvent à ses premiers amours. Désir de revivre sa jeunesse ? Marre du même registre ? Envie de se prouver quelque chose ? Ou autre chose ? Quoiqu'il en soit, c'est réussi, et j'aime bien son grain, intelligible et éraillé, à mille lieues des étouffements sourds que j'entends parfois dans le deathmetal.
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