Black Sabbath... Featuring Tony
Iommi... Waouh... En voilà un événement extraordinaire, rendez-vous compte, Tony
Iommi qui joue dans
Black Sabbath ? C'est au moins aussi rare que de voir Dave Mustaine jouer avec
Megadeth ou même d'avoir
Yngwie Malmsteen à la guitare sur un album d'
Yngwie Malmsteen ! Tony
Iommi s'est pourtant rarement affiché avec ce groupe, ne faisant que l'intégralité des albums parus à ce jour...
Bon, blague à part, la pochette est comme on peut le constater des plus étranges. Pourquoi insister sur la présence du guitariste dans le groupe dont il est l'âme, comme chacun sait ? C'est là une histoire singulière, que je m'en vais vous relater... Si l'aspect historique vous emmerde, vous pouvez tout aussi bien sauter le prochain paragraphe, mais sachez qu'il est indispensable à la compréhension de l'album...
Après une décennie 70 très riche,
Black Sabbath se sépara de
Ozzy Osbourne, remplacé judicieusement par un certain Ronnie James
Dio avec lequel ils sortirent
Heaven and Hell et
Mob Rules, devenus cultes depuis lors. Mais malheureusement, les choses allaient vite se compliquer. Encore une fois,
Black Sabbath se sépara de son chanteur et trouva en remplaçant
Ian Gillan, plus connu pour ses travaux avec
Deep Purple. Si le succès commercial de l'album fut certain, les critiques envers
Born Again étaient plutôt hostiles.
Ainsi arriva l'année 1985. Des rumeurs commencèrent à courir sur une reformation du groupe avec la composition originale du groupe, du fait du départ ( encore un ) de
Ian Gillan et donc du retour d'Ozzy au micro. La rumeur fut confirmée et le groupe joua même un concert. Cependant, Ozzy alla enregistrer son nouvel album et la reformation tant attendue n'eut jamais lieu.
Iommi, plutôt que de rester à ne rien faire décida d'enregistrer un album solo, recrutant au passage
Glenn Hughes ( encore un ancien de
Deep Purple ) au chant. La vie était belle, l'enregistrement se passa sans encombre et l'album était prêt à sortir quand la maison de disque décida que finalement,
Seventh Star devait sortir sous le nom de
Black Sabbath... D'où la pochette risible... Et d'où une musique, disons... surprenante...
Car n'espérez pas entendre du
Black Sabbath sur cet album. Oh, bien sûr, on reconnaît sans peine les riffs de Tony
Iommi, mais franchement... Il en faudrait plus pour sauver l'album.
Musicalement, à quoi ça ressemble ?
Bienvenue dans le monde du Hard FM ! Si vous vouliez des riffs inquiétants et pesants ou tout ce qui a pu faire le succès de
Black Sabbath... Vous pouvez oublier. Si "In For the
Kill", avec un bon riff d'ouverture et un refrain sympatoche peut fait illusion, dès "
No Stranger to Love", l'entourloupe est subitement moins subtile : des claviers mielleux comme on en faisait à l'époque, une chanson d'amouuuur (bien entendu) sans grande surprise... Alors oui, cela peut contenter les fans de FM, mais enfin franchement, quitte à écouter ce type de Rock, écoutez un bon vieux
Boston, franchement plus surprenant et plus créatif.
Heureusement, au niveau du chant,
Glenn Hughes s'en sort honorablement et est un des seuls points forts de
Seventh Star.
Soyons honnêtes, il y a des bonnes chansons telles que "In for
The Kill", "Turn To
Stone", "
In Memory" ou "
Danger Zone", mais le reste est au mieux guère marquant. Le meilleur exemple reste quand même "
Heart Like A Wheel". Surtout, ne vous fiez pas au nom, oubliez les chansons d'autres groupes parlant de roues ("Freewheel Burning", "Wheels of Steel" ou autres) car la chute n'en serait que plus grande. Il s'agit là d'un morceau bluesy (on connaît tous l'influence du Blues sur
Iommi) assez... Chiant... Difficile de le dire autrement. Non pas que je n'aime pas le Blues, mais là, c'est poussif, et en plus ça dure plus de 6 minutes ! Autant dire qu'on a le temps de s'ennuyer !
Alors j'en vois déjà dire : "Non, ça ne se fait pas de critiquer un album qui à la base n'était un
Black Sabbath comme si ça en était un quand même !". C'est un point de vue qui se défend, mais j'ai deux choses à y répondre.
La première : la pochette. Qu'est-ce qu'il y a d'écrit dessus ? Oui, "
Black Sabbath", vous lisez comme moi. Donc celui qui achète cet album est en droit d'attendre un
Black Sabbath, non ? C'est comme si vous achetiez un paquet de pâte rempli de haricots. Y'a tromperie sur la marchandise et le mec qui voulais bouffer des pâtes, il est bien dégoûté, même si par ailleurs, il aime quand même les haricots. Là, c'est pareil. Donc c'est sensé être un album de
Black Sabbath et doit donc être jugé en tant que tel.
Oui, je sais... Ces maisons de disques, quand elles s'y mettent...
La deuxième : même en partant du principe que c'est un album solo, ça n'empêche que l'album est raté et ça ne ferait monter la note que d'un point ou deux. Du FM peu inspiré, malgré les quelques chansons sympas (et en aucun cas excellentes), ça reste du FM peu inspiré et donc la note tombe.
Voilà donc.
Seventh Star est raté. Il ne s'agit pas d'un album ignoblement mauvais, mais de la part de Tony
Iommi, que ce soit en solo ou avec
Black Sabbath, on est en droit d'attendre de la qualité. Ici, on a au mieux du "sympa", qui surnage dans du "franchement dispensable". Si vous êtes un grand fan du
Sabbat Noir, vous pouvez toujours tenter, après tout, mais ne vous attendez pas à être éblouis.