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Liste des groupes Heavy Metal Black Sabbath Dehumanizer
CD, date de parution : 29 Juin 1992 - Intercord Record Service (IRS)
Style: Heavy Metal

NOTE : 16/20
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Tracklist
1. Computer God 06:10
2. After All (the Dead) 05:37
3. TV Crimes 03:58
4. Letters from Earth 04:12
5. Master of Insanity 05:54
6. Time Machine 04:10
7. Sins of the Father 04:43
8. Too Late 06:54
9. I 05:10
10. Buried Alive 04:47
11. Time Machine (Wayne's World Mix) 04:18
Total playing time 55:53

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118 avis 1 16/20
Chronique
16 / 20
    AlonewithL, Vendredi 11 Fevrier 2011 parlez-en à vos amis  
C’est toute la froideur et la solidité d‘une machine maléfique qui se déploient

Au tout début des années 90, « Black Sabbath » n’était plus qu’un géant moribond de la scène metal. Les deux derniers opus d’alors, « Tyr » comme « Headless Cross » avaient fait un flop monumental, proche du bide intersidéral. Le groupe n’avait pas connu d’opus à succès depuis, depuis…depuis quand déjà? 1981, et son impressionnant « Mob Rules ». Autant dire une éternité. « Black Sabbath » sera passé complètement à côté de la florissante décennie 80.
Pourquoi ne pas tout recommencer en partant de cet album devait se dire Tony Iommi, et réunir en même temps le line up de l’époque « Mob Rules », à commencer par Ronnie James Dio. Et puis les rancœurs entre Iommi et Dio suivant lequel aura la plus grosse paire de burnes, sont oubliées (enfin, provisoirement). Il faut songer aussi que Ronnie est en difficulté à ce moment là, avec son projet « Dio ». Pareillement pour le bassiste Sabbathien Geezer Butler, qui ne fait pas grand-chose avec son « Geezer Butler Band », ni même avec « Ozzy Osbourne » où il faisait de manière temporaire le bassiste de tournée. Il serait fou de ne pas accepter une refondation au sein du groupe qui lui aura donné ses galons. Cozy Powell aurait été le seul rescapé de la sinistre période « Headless Cross - Tyr », s’il n’avait pas été victime d’une chute de cheval, ni en mésentente avec Ronnie James Dio, alors qu’ils avaient pourtant cohabité ensemble avec « Rainbow ». Ronnie James Dio avait d’ores et déjà le nom de son remplaçant: Vinny Appice. Ainsi fait, la boucle est bouclée. On repart avec le line up de « Mob Rules », et on fait en sorte que sa suite n’ait jamais existé (ce qui aurait été pas plus mal en fin de compte).

L’album « Dehumanizer » pointe le bout de son nez quelques temps après le film « Terminator II ». Le thème de la domination des machines sur l’être humain n’est donc pas en soi novateur. On chercherait plutôt alors à surfer sur ce qui fait la mode du moment, bien qu’il faut reconnaître que ce thème particulier ne soit pas des plus abordés généralement dans le heavy.
Niveau son, l’opus est à ranger parmi les albums les plus sombres et heavy de la discographie. « Dehumanizer » aurait véritablement fait l’effet d’une bombe s’il était sorti 10 ans plus tôt. L’album n’était pas suffisamment révolutionnaire pour marquer les esprits, surtout que le début des années 90 a vu la déchéance du heavy au profit d‘autres styles de metal ou d‘autres styles musicaux tout court. L’étendard « Black Sabbath » ne faisait plus vendre non plus. Son logo a même été modernisé pour l’occasion, mais rien y fait. Malgré la qualité de ses titres et le retour de Dio dans les rangs, « Dehumanizer » est sorti sous les hourrahs des fans endurcis, mais dans la quasi-indifférence si on comprend l’ensemble du monde metal et musical de l‘époque. Il faudra attendre encore quelques années pour que l’on découvre la vraie nature de l’album et des titres contenus; sombres et puissants. D’une obscurité qui donnerait le vertige. Certainement le meilleur album de « Black Sabbath » depuis « Mob Rules ».

Sombre est le mot pour définir des titres tout en puissance et en domination comme « Master of Insanity », automatique, aux rouages parfaitement huilés, et « Computer God » où la guitare de Iommi fait ressortir toute sa dureté d’impact et une violence quasi-inédite chez « Black Sabbath ». Un Dio changé en démon profère ses paroles comme des menaces. C’est toute la froideur et la solidité d‘une machine maléfique qui se déploient. Même si on entraperçoit un semblant de faiblesse sur un break où Dio de sa voix désolée retrouve momentanément son humanité.
Dans le teneur du heavy endiablé, on retrouve en plus de « Computer God », des titres comme l’énigmatique et malsain « I », mais aussi l’infernal et chaotique « Buried Again ». Les riffs se font ici beaucoup plus à l’arraché, comme des flammes venues lécher la piste. Un feu animé par Dio littéralement possédé pendant les couplets. Quelques mélodies bien inspirées apporteront quelques éclats de lumière et adouciront du même coup le morceau.

Au milieu des ténèbres figureront des titres plus tonitruants, d’une brutalité moins effrayante, d’un heavy plus commun dirait on, comme « Time Machine » et ses riffs salvés de guitare, ou encore comme l’impressionnant et rythmé « TV Crimes ». Aussi fou et manipulateur que les télés évangélistes dont il est mention. La batterie de métronome de Vinny Appice répond parfaitement à la guitare de Iommi.

Le vent glacé du doom soufflera sur une bonne partie de l’album. Cela est éminemment perceptible au travers de « Letters from Earth » où les le rythme part ventre à terre. Un titre qui prend sa force par ces riffs lourds et d’une absolue maîtrise. Plus sombre encore sur « After All » venu des fonds des cavités. Le chant de Dio est ici aussi prophétique que cruel. Quels mots pourraient autant signifier le dépit qu’« After All ». Un dépit que Dio semble génialement nous faire partager au refrain.
Tout aussi tortueux et torturé, « Too Late » fait place à la morosité et au plus profond désespoir. Cette tristesse, cet abandon se transformeront en tentatives colériques de rébellion contre son destin. De la colère on passe immédiatement aux supplications proférées par Dio, puis à nouveau à l’accablement. On retient le duo dantesque basse/guitare à partir du milieu de piste. Une véritable envolée transcendante qui se perd soudain sur des sons scintillants.

« Sins of the Father » est un peu à situer à part au milieu de tout ça. Le titre est plus habituel à l’ancien « Black Sabbath ». Le son est plus libre et moins compressé, comme pris d‘hallucinations. On croirait même retrouver Ozzy sur l’entame de ce petit retour en arrière qui fait suite au mécanique « Time Machine ».

« Dehumanizer » a été salué comme le retour de « Black Sabbath », même si l‘album en lui-même ne parvient pas à percer autant qu‘on aurait voulu croire, au su surtout de son étonnante qualité et de la noirceur qui s‘en dégage. Un retour au sommet qui paraissait pourtant évident avec la présence de Ronnie James Dio. Mais tout repartira de travers suite à son départ en pleine tournée. Tony Martin le chanteur maudit de la formation sera rappelé de nouveau et « Black Sabbath » continuera son dépérissement, alors qu’un espoir était né avec « Dehumanizer ». Comment pourrait-on conclure pareille situation? Par « Too Late » ou « After All »? Quoiqu’il en soit on regrette que cela n’ait pas été le nouveau départ escompté.

16/20




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