Heimweh

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Nom du groupe Black Messiah
Nom de l'album Heimweh
Type Album
Date de parution 29 Novembre 2013
Labels AFM Records
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album12

Tracklist

1. Symphonia Pagana 03:59
2. In the Name of Ancients Gods 07:22
3. Jotunheim 06:57
4. Wildsau 05:58
5. Edmund von Ostanglien 06:20
6. Nidhögg 07:04
7. Heimweh 06:11
8. Die Quelle der Weisheit 08:01
Total playing time 51:52

Chronique @ AlonewithL

30 Novembre 2013

On ne voit plus que la proue à l’air libre.

Qu’est ce qui tracasse actuellement « Black Messiah » ? Un mal être profond ? Une nostalgie que l’on ne parvient aucunement à résorber ? Le groupe nous donne un sentiment mitigé par son dernier album paru en cette fin d’année 2013. Rien que le titre laisse présager un ouvrage plus morose qu’à leurs habitudes. « Heimweh », se traduit par « mal du pays ». Mais de quel pays parlons-nous ? Zagan ne se sentirait plus chez lui dans les contrées mythiques et légendaires des vikings ? C’est une page qui est en train de se tourner pour un groupe prestigieux du pagan metal allemand. Il aurait tout donné, tout épuisé dans ses précédents efforts, pour arriver aujourd’hui essoufflé, en panne d’inspiration. Comme nous le constaterons, tenter de se rapprocher de la forme épique qui avait envouté « Oath of a Warrior » s’avèrera inefficace. « Black Messiah » s’habille d’un lourd et terne manteau gris, celui que portent les hommes dépourvus de richesse.

Beaucoup imaginent la formation emmenée par Zagan comme se classant dans le black symphonique. L’erreur est répandue ; je souhaiterai donc éclaircir ce point. Il n’y a pas grand-chose d’orchestral chez « Black Messiah ». L’enrobage produit par les claviers est assimilable à de l’épico-atmosphérique et non à de la symphonie. Ceci est d’ailleurs vrai depuis les débuts de la formation, quand « Black Messiah » faisait du black atmosphérique sur « Sceptre of Black Knowledge ». Certains auront l’occasion de me contredire en se servant de l’introduction de ce nouvel opus comme exemple. Il est tout à fait vrai que « Symphonia Pagana » use de la grandiloquence orchestrale. Nous avons d’abord une ravissante musique cristalline, admirablement accompagnée d’une voix féménine limpide. S’en suivra les grandes sonorités cuivrées, puis les percussions tribales. Un paysage en relief, enneigé et charmant, qui ne devra pas faire illusion sur le restant de l’album. Il n’y aura point de telle prestation par la suite. La symphonie aura servi de racoleuse, de prétexte pour quelques défenseurs obtus d’un « Black Messiah » black symphonique, ayant pourtant depuis près d’une décennie rejeté Satan pour Odin.

Comme nous faisons justement allusion à Odin, il sera certainement compris parmi ceux d’« In the Name of Ancient Gods ». Le titre ouvre dans du pur battle metal enivrant, avant de se tourner dans un pagan teinté de regret, mal desservi par un chant devenu amorphe, des riffs répétitifs, stériles et une batterie mal attentionnée avec sa caisse claire. L’escalade s’annonce donc périlleuse. L’arrière-plan atmosphérique sauve à peine le morceau. On aura encore droit à des références à la mythologie nordique sur l’opus. Le groupe cite notamment la figure angoissante de « Nidhögg » sur un extrait du même nom. L’entame nous offre un parfait descriptif. C’est une bête monstrueuse, vivant dans l’obscurité du sous-sol. Représenté soit en serpent, soit en dragon. Entre les grognements et les sifflements, « Black Messiah » s’exerce à entretenir le doute au sujet de l’animal. Les mélodies de guitare participent à entretenir un climat de terreur, de crainte. Ce sera toutefois sans compter sur l’irruption des claviers et ses airs épiques enchanteurs. Comme pour « In the Name of Ancient Gods », cette structure d’apparence solide va s’effondrer, ne laissant plus que les claviers de proprement potables. C’est sobre, monotone. On pourra heureusement se contenter d’un break au violon, beaucoup plus entreprenant et intéressant.

L’un des groupes les plus exemplaires du pagan germanique offre un aperçu inquiétant, loin des envolées de leurs précédents albums. Il a adopté une forme épurée digne de formations des années 90. L’écoute de « Jötunheim » confirme cette analyse. Le riffing est plutôt sommaire, redondant, le jeu n’est pas super développé. Il faut ajouter à ces instants peu transcendants une couverture atmosphérique qui a pris un sérieux coup de vieux. « Black Messiah » prend la poussière et commence à se couvrir de mousse quand vient la pluie de « Die Quelle der Weisheit ». Les débuts, comme il est coutumier, sont charmants. C’est lors du véritable enclenchement de la mesure et du chant que ça se gâte. Et ce serait peu de le dire, tellement Zagan entrecoupe sa voix. On se plaint aussi à retrouver une batterie sans envergure, sonnant plat. Non ! Le morceau n’est pas celui espéré. Les allemands déçoivent pour ce coup et donnent l’impression d’avoir travaillé de manière irréfléchie, de s’être contenté d’un premier jet.

Néanmoins, l’auditeur devra se rassurer, ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, car certaines pistes plus digestes permettront une réconciliation, ou plus exactement un compromis du groupe à ses fans. Je veux pour exemple le champêtre « Wildsau », qui nous rappelle le « Black Messiah » excentrique et joyeux de « Of Myths and Legends » ou de « First War of the World ». Il s’agit de folk pagan, bien accompagné par le violon et l’accordéon dans un premier temps, avant de délivrer un refrain musclé contenant toute la puissance et la spécificité allemande. Les amateurs et connaisseurs du groupe seront à l’inverse décontenancés par la froideur et la sobriété des morceaux « Edmund von Ostanglien » et « Heimweh », parfaits reflets de l’austérité de la pochette de l’opus. Nous sommes plongés dans une nappe de mélancolie. Le chant clair langoureux de ces deux chansons produit un effet contemplatif inédit. « Heimweh » se révèle un peu plus riche dans son contenu émotionnel, en partie grâce à l’apport de la pesanteur créée par le violoncelle. Ils nous surprennent et nous inquiètent.

Si ce n’est pas un mal du pays, « Heimweh » révèle bel et bien un sentiment de mal être chez « Black Messiah ». Les compositions se sont dangereusement appauvries, au point que l’on est à remarquer que le groupe s’aligne désormais au niveau de débutants dans le genre. On pressent qu’ils ont cherché à reproduire le black pagan fortement épique d’« Oath of a Warrior », si on en croit la rareté des éléments folkloriques au profit d’une ambiance atmosphérique à l’ancienne, sans toutefois parvenir à une qualité égale. Le caractère poussif des parties guitares, l’aspect vieillot des mélodies de claviers, un chant éreinté; à peu près tout laisse à croire que le fier navire viking est en train de prendre l’eau. On ne voit plus que la proue à l’air libre, et ceci malgré quelques titres plus agréables sur un disque qui n’en comporte que 8. Preuve du manque d’inspiration et du faible enthousiasme qu’il pourrait susciter. Doit-on comprendre « Black Messiah » comme une œuvre en perdition ? Des travaux de restauration devront vite être entrepris afin que la bande de Zagan recolle au sommet du pagan metal made in Germany.

12/20

3 Commentaires

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Darksaucisse - 30 Novembre 2013: Bonne chro' encore une fois et qui confirme ce que j'avais écouté avec le titre dévoilé Jotunheim, pauvre, faible et complètement mollasson... Un peu à l'image de la pochette. Pour le coup l'habit fait le moine...
hack - 03 Décembre 2013: Thanks for your excellent review. So now I know what to expect from this release.
Mr4444 - 03 Décembre 2013: Tu as l'air de t'être dis "Hé mouais" en l'écoutant ...

... Désolé
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