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| CD paru en1994 - Modern Invasion Music |

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1. Bestial Warlust
2. Dweller of the Bottomless Pit
3. Satanic
4. Heathens
5. Holocaust, Wolves of the Apocalypse
6. Storming Vengeance
7. At the Graveyard of God
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| Chronique |
 16 / 20 |
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Ceux qui pensent que les individus les plus dérangés de la scène Metal du début des années 90 viennent du grand nord, boivent dans des cornes de rennes ou foutent le feu à des églises, se mettent le doigt dans l’œil jusqu’au petit orteil… Dans cette île lointaine qu’est l’Australie, des malades mentaux comme Sadistik Exekution font déjà depuis longtemps leurs gammes (mais est-ce bien le bon mot ?) dans un Black / Death ultime, bestial et déjanté qui fera bien vite de cette scène australienne l’une des plus extrême du circuit, mais Dave Slave et sa troupe de tarés ne sont plus seuls…
Evoluant tout d’abord sous le charmant patronyme Corpse Molestation depuis 1990, Keith Warslut et les siens optent finalement pour Bestial Warlust, alors que leur Death d’outre tombe à la Incantation se métamorphose au fil du temps en Black Metal sauvage et minimaliste comme peuvent le pratiquer Beherith et Blasphemy.
A l’autre bout de la planète, le Black Norvégien explose tout sur son passage, les Pure Holocaust, A Blaze in the Northern Sky, In the Nightside Eclipse et autre Opus Nocturne faisant voler en éclat un Death Metal à bout de souffle n’ayant pas su se renouveler. Mais loin de ses considérations idiotes de l’époque consistant à abandonner le Death Metal pour une vague Black soit disant plus « Evil », Bestial Warlust lui se moque de ces clowns et de leurs trémolos, il prend le côté le plus sombre, guerrier, satanique et minimaliste dans chaque style et enregistre cet abject premier album au Carlton Studio à Melbourne, judicieusement nommé Vengeance War ‘Till Death (1994).
Que ce soit clair : le son est affreux, la batterie sonne comme si j’avais moi même fait les prises de son dans ma cave avec un dictaphone, la basse n’est qu’un brouhaha suivant vaguement les rythmique, la guitare mordante et crasseuse se mêlant à l’ensemble, de plus le chant de Damon Bloodstorm semble tout droit sorti des enfers tellement il est écorché et belliqueux.
Une puissante déflagration en guise d’intro suivi d’un matraquage intensif de caisse claire et d’un tonitruant « BESTIAL WARLUST », le ton est donné rapidement sur le morceau éponyme, les riffs distordus entraînent l’auditeur dans une féroce guerre où les coups pleuvent de toutes parts, lui donnant envie d’hurler sa haine en défonçant un mec à coups de hache et lui bouffer ensuite son foie et son cerveau…
Bestial Warlust réussi même l’exploit de délivrer des riffs accrocheurs, notamment le premier de Heathens, très incisif et dans la tradition de ce que fera plus tard Deströyer 666, mais c’est bien un des seuls points communs avec le futur groupe de Keith Warslut, car les considérations épiques sont la dernière des préoccupations de BW. Sur les frappes ininterrompus de Markus Hellcunt, les guitares vomissent des notes distordues et les soli ne sont que martyrisation de vibrato, rajoutant si besoin en était à la folie insufflée par ce combo déjanté.
Et quand le tempo semble se pacifier, que le bruit de la bataille s’éloigne et que semble venu le repos du guerrier, le carnage reprend de plus bel avec Holocaust Wolves of the Apocalypse ne laissant qu’une minute de répit avant de démarrer dans un fracas indescriptible que les inconditionnels de « female vocals » et de mélodies mielleuses ne manqueront pas de qualifier de bruit, oui sans aucun doute le bruit de l’enfer.
Aucun disque ne symbolise mieux la bataille que ce Vengeance War ‘Till, donnant l’impression d’être plongé au cœur d’un massacre sans nom et même d’y participer activement. Jusqu’au bout, At the Graveyard of God balance ces riffs débridés et implacables et ces hurlements inhumains sonnant comme des invocations aux dieux de la guerre, nous entraînant irrémédiablement dans ce déchaînement radioactif de colère et de haine.
Le Metal est fait pour choquer et détonner à la base il me semble, si tout le monde se met à en écouter il perd ses lettres de noblesse et retombe dans la masse grouillante, il est loin le temps où les tenues en cuir de Rob Halford et les clips de Twisted Sister choquaient le péquin moyen, il faut désormais employer d’autres moyens. Alors non, Bestial Warlust n’est pas fait pour tout le monde, oui les oreilles chastes trouveront ça stériles et inécoutables, rien que pour ça Bestial Warlust mérite l’ordre national du mérite, la légion d’honneur et surtout la croix de guerre…
The land is my battlefield and all you sheep my prey.
BG
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