Kenotic

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Nom du groupe Benighted Soul
Nom de l'album Kenotic
Type Album
Date de parution 27 Octobre 2014
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album12

Tracklist

1. Halcyon Days 04:45
2. Too Far Gone 04:42
3. Si Se Non Noverit 07:13
4. Only Make-Believe 05:04
5. Martingale 04:42
6. Pant-Up 06:04
7. Enlightenment 06:02
8. The Shallow and the Deep 05:59
9. Let You Win 05:34
10. Threshold Exceeded 04:47
11. Bound 06:26
12. One Last Harvest 06:44
Total playing time 1:08:02

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Benighted Soul


Chronique @ ericb4

22 Juillet 2015

Une œuvre vitaminée encourageante...

Pas moins de trois années se sont écoulées depuis leur premier et remarquable album full length « Start from Scratch ». Mais, le jeu en vaut la chandelle. Ainsi, le groupe de metal symphonique français revient en force avec ce second opus longue durée, sur lequel s'égrainent douze plages parsemées sur un ruban auditif de près d'une heure dix minutes. Et ce, pour nous inviter à un voyage instrumental épique, nuancé en couleurs harmoniques, savamment cadencé et riche en arpèges. A l'heure où les cadors du genre, à l'instar d'Epica, Nightwish, Xandria, Leaves ' Eyes ou encore Within Temptation semblent tenir les rennes de la scène metal symphonique à chant féminin sur le plan international, la place laissée à la concurrence semble quelque peu ténue. Le valeureux quintet a pris la mesure de cet enjeu. Aussi, notre combo nancéien, jouissant d'une expérience significative de plus de dix ans, a de bonnes raisons de croire en ses chances de s'illustrer tout autant dans un registre metal de plus en plus prisé. C'est dire que cette fringante formation, à l'instar de ses compatriotes Wildpath, Adrana ou Evolvent, compte ne pas se laisser distancer dans cette bataille à coups d'inaltérables rythmiques, de riffs sanguins et de lyrisme de haute volée.

Les maîtres d'oeuvre de cette roborative galette comptent dans leurs rangs : la chanteuse lyrique et fine parolière Géraldine Gadaut, le talentueux guitariste Jérémie Heyms, le bassiste Jean Gabriel Bocciarelli, le délicat claviériste, compositeur, ingénieur et mixeur Flavien Morel (Friend Of Misery, ex-Akroma) et le fougueux batteur Guillaume Bergiron (Ashes Will, Expect Anything). Précisons que chaque membre du groupe a assisté Flavien dans la plupart des compositions, de fort bonne facture, d'ailleurs. Non contents de s'en tenir aux éléments fondamentaux de la troupe, nos acolytes ont sollicité un beau parterre de choeurs, conjuguant les talents de : Anthony Da Silva, Régis Moinaux, Emmanuel Toussaint, Benjamin Marchal, Lafée Nyx, Marie Beyel, Aline Martin, Amandine Kazmierczak et Thomas Durand.

Il en ressort une qualité de l'espace sonore tout à fait à la mesure des attentes d'un public de plus en plus exigeant en la matière. En outre, le mixage a autorisé un bel équilibre sur chacune des pistes entre instrumentation et champ vocal. Ce qui ne va sans un enregistrement minutieux, nous octroyant un confort auditif supérieur à ce qui a été produit jusqu'alors par le groupe. Le mastering, quant à lui, est signé Chris Edrich. Les finitions, le plus souvent, n'ont pas non plus été omises dans ce dédale de noires et de blanches virevoltant allègrement sur la souriante rondelle. Et ce, à l'image d'un artwork de la jaquette aux belles nuances de couleurs habillant un oiseau prêt à s'envoler pour s'extraire d'une enceinte d'une blancheur immaculée. Oeuvre du graphiste Pierre-Alain D. (3mmi Design). Quant aux illustrations du livret, d'inspiration gothique, on les doit à l'expert doigté de Julien Oddo. Enfin, la mise en page, plutôt agréable, relève de l'inspiration de Lucie Voinson. Fort de cette distribution de bon aloi, le groupe nous aurait-il concocté une œuvre aussi rayonnante dans ses lignes mélodiques que percussive dans ses impacts rythmiques ?

Une bombe d'énergie émane de certaines pistes, témoignant d'une volonté manifeste du combo de vitaminer son propos. Lorsque cette agitation frénétique se couple à des courants mélodiques ascendants, le processus d'immersion s'effectue assez prestement. On peut déjà l'observer dès l'entame de l'opus, à l'instar de « Halcyon Days », où une rythmique généreusement entraînante s'associe à un riffing acéré, nous conduisant à des couplets accueillants et à des refrains bien customisés, à la façon d'Adrana. Et ce, non sans renvoyer aux claires impulsions vocales de la belle, assistée d'un viril comparse et sachant changer de tonalité au moment opportun. En outre, un pont instrumental rend compte d'arrangements bien ciselés, précédant une césure oralisée. Pour sa part, le fuligineux « Martingale » sort ses riffs échevelés pour nous entraîner dans le sillage de refrains un tantinet complexes dans la construction de leur ligne harmonique. Un beau délié à la lead guitare rejoint par quelques nappes synthétiques nous livre un spectacle aussi saisissant de technicité que rythmiquement revigorant, la soprano reprenant le flambeau sur le refrain, avec dignité. Dans la même lignée atmosphérique, mais dans un registre mélodique assez soutenu, « Let You Win » nous assaille de ses riffs corrosifs adjoints à une section rythmique entraînante, enjouée sur les refrains, aux modularités originales. Vivifiant, ce titre fait s'exprimer le duo mixte, le long d'une instrumentation riche en rebondissements, libérant au passage des choeurs enjoués. Un beau solo de guitare s'inscrit opportunément avant la clôture, plutôt radicale. Idem pour le sémillant « Bound », qui fait s'accélérer le tempo pour nous envoyer à la découverte de couplets et de refrains assez bien sculptés, mais où la lumière mélodique reste en demi-teinte. Un temps d'adaptation s'avère nécessaire pour s'immerger dans les arcanes de cette piste assez habilement mise en relief par les angéliques impulsions de l'interprète. Un pont instrumental se cale avant que les ondulations vocales de la belle ne se fassent bien présentes. Pourtant vitaminé et doté d'une profusion d'effets dus à de savants arrangements, l'instant a du mal à retenir le pavillon sur la durée. Tout comme sur le frondeur « Too Far Gone ». Celui-ci fend l'espace sonore de sa rythmique vrombissante et de riffs écorchés vif, nous menant dans les tribulations d'une instrumentation complexe, où la lead guitare sait se faire ouïr. Toutefois, le tracé mélodique ne jouit pas de variations des plus captatrices, malgré les efforts de la sirène pour tenter de nous retenir.

A d'autres moments, le groupe a su ralentir la cadence, avec quelques belles pièces à la clé. Ainsi, la fresque « Si Se Non Noverit » nous accueille avec les honneurs sous l'égide d'une épique orchestration, relayée par les inflexions aériennes de la déesse. Une démoniaque lead guitare nous assaille au beau milieu de ce mid tempo aux riffs griffus, nous laissant alors en face à face avec des refrains nuancés, subtilement raccordés à une dense instrumentation, dans l'esprit de Wildpath. Un pont nous est ensuite proposé, mais un poil trop long pour nous impacter. Autrement dit, en dépit des louables qualités techniques du morceau, la ligne mélodique tend à se noyer dans d'inextricables sables mouvants en fin de piste. Dans cette même veine, on remarquera aussi « Threshold Exceeded », qui fait gronder ses riffs et évoluer ses choeurs sur une ligne harmonique subtile, bien que non immédiatement accessible. Un break opportun laisse s'échapper un beau picking à la reprise, au fil d'une orchestration pléthorique, avant que le corps vocal mixte ne reprenne le flambeau. Cependant, une rupture abrupte se dessine, au final.

Quelques touches d'originalité s'observent également par instants, non sans rapport avec des jeux de contrastes dont s'enorgueillissent certains passages. Aussi, de beaux arpèges au piano nous accueillent sur « Only Make-Believe », jolie fausse ballade progressive, finement mise en scène par les angéliques vibes distribuées par la parolière. Parfois déroutant sur ses couplets, ce titre dispose de refrains incitatifs à l'adhésion, grâce à ses jeux d'ombre et de lumière harmonique. Un tapping en faction sort de l'ombre pour nous convier à un bain orchestral aux vibrants remous. Dans une ambiance emprunte d'allégresse, de beaux arrangements ainsi qu'une confondante chorale s'illustrent sur « The Shallow and the Deep ». Ceux-ci précèdent les célestes et puissantes poussées de la belle, assistée par une voix masculine sombre, un tantinet rocailleuse, sur de sinueux couplets que suivent des refrains aux séries de notes non convenues. Une atmosphère théâtrale émerge de cette plage où les patines synthétiques ne manquent pas à l'appel. Le frétillant morceau finit crescendo.

Le combo a aussi opté pour une instrumentation intégrale dans son propos sur l'une des pistes, et non des moindres. Ainsi, de magnétiques gammes au piano nous saluent sur « Enlightenment », tapissées par quelques nappes synthétiques, suivies d'une fringante lead guitare, le tout convolant à l'unisson dans une mer limpide à la sereine mouvance intérieure. Un solo de guitare s'invite au sein de cette grandiose pièce instrumentale, faisant jeu égal avec celui, bien amené, par le claviériste. L'ensemble rencontre des choeurs chatoyants avant de clore le chapitre avec brio. Une ambiance de fond qui peut en évoquer certaines d'Evolvent.

Enfin, les mots bleus n'ont pas été omis, mais il faudra attendre l'outro de l'opus pour en jouir. Les envolées célestes de la délicate chanteuse nous installent confortablement sur « One Last Harvest », ballade intrigante, aux harmonies insoupçonnées, non sans rappeler Voices Of Destiny, première mouture. Apparemment lunaire, le tracé mélodique semble plus nuancé qu'empreint de ternes suites de notes, notamment sur les refrains. Un sensible piano s'inscrit alors pour laisser place à quelques gammes finement pyrogravées à la lead guitare, à une basse vrombissante, l'orchestration s'effaçant avant une rupture faisant montre d'un beau dégradé du spectre sonore.

Cependant, un bémol transparaît dans cette œuvre, situant l'une des pistes en-dessous du lot. Un serpent synthétique s'insinue sur « Pant-Up », à la rythmique plombante et aux riffs rugueux, avant de rejoindre quelques couplets graveleux et des refrains un poil déconcertants sur le plan harmonique. Des variations de tonalité et d'ambiance se font jour, mais le cheminement mélodique n'est pas des plus aisés à suivre, au risque de se perdre en conjectures instrumentales, malgré les renforts des choeurs. Une conclusion étonnante est octroyée, sur fond de boîte à musique suivant une jolie dégressivité de l'intensité sonore.

On ressort de l'écoute de la pléthorique galette revigoré par cette profusion de magmatiques plages, convaincu des talents cohésifs et bien harmonisés des musiciens et du corps vocal global. La technicité éprouvée au service d'un registre autorisant sa mise en valeur n'a pas failli dans quelque passage que ce soit. Les gammes offertes à nos tympans requièrent néanmoins parfois une certaine adaptabilité, mais non hors de portée pour les accoutumés du genre. Pour faciliter encore l'accessibilité du message, il eût été souhaitable d'élargir le spectre mélodique et d'en affiner les modularités sur certaines pistes. De plus, les enchaînements inter titres auraient gagné à laisser l'oreille souffler un peu pour stimuler d'autant plus la reprise auditive.

Pour les pavillons habitués à ce registre metal, ils ne seront pas désarçonnés, les ingrédients du genre y apparaissant tout le long. Toutefois, à l'aune de ces plages aux teintes mélodiques mordorées, pourront-ils oublier les sources d'influence, ou d'autres formations du même acabit ? Autrement dit, le projet s'affine au fil du temps, témoigne d'une diversification des exercices de style proposés, rondement menés, mais devra encore peaufiner ses accords pour conférer plus d'éclat aux empreintes mélodiques, souvent requises par un auditorat type de ce registre metal à chant féminin. Un deuxième galop encourageant, qui en appelle un troisième plus captateur de nos émotions. Nul doute que le combo saura s'y atteler et nous offrir alors sa pièce d'orfèvre !...


3 Commentaires

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Sonadenn - 22 Juillet 2015: Merci Eric pour cette nouvelle belle chronique. Après avoir écouté le titre proposé, les extraits sur le site du groupe ne m'ont pas convaincue. Si l'interprétation est sans faille, je trouve que tout ceci manque cruellement d'émotions; c'est trop linéaire pour moi et je n'accroche pas du tout.
frozenheart - 22 Juillet 2015: Merci pour cette chronique.
Ayant déjà l'album je serais du même avis que Sonadenn quant au contenu de l'album. C'est bien interprété, mais ça manque de variété, d'émotion et la plupart des titres ont du mal à décoller.
J'attendais peut-être trop de cet album, à vrai dire je suis assez déçu du résultat.
ericb4 - 22 Juillet 2015: Merci pour les compliments et pour vos réactions motivées. Je comprends tout à fait vos points de vue et je les respecte. On peut donc en discuter.

Je partage ce qui est dit sur la difficulté d'accroche sur certaines plages. Après une période d'adaptation, on peut toutefois finir par y adhérer, mis à part le titre en-dessous du lot. Mais, là, c'est un avis personnel.

J'y ai décelé, malgré tout, quelques belles pistes qui ont leurs mérites, comme dans la première série évoquée dans l'analyse, y compris la ballade en outro. Si les prestations de la chanteuse sont de bonne facture, l'instrumental permet de profiter d'une plage techniquement bien effilée et agréable sur le plan du relief du champ acoustique.

Cela dit, les harmonies ne se montrent pas toujours des plus précises, ce qui peut avoir pour effet d'émousser la charge émotive de quelques morceaux. Forcément, un manque d'âme transparaît par moments et peut désarçonner l'auditeur. Donc, on en attend plus, pour la suite de leur projet. Pour l'instant, c'est relativement bien ficelé, mais on ne touche pas du doigt l'exceptionnel. Peut-être les mélodies seront-elles plus affinées au prochain épisode...
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