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Avantasia The Metal Opera: Pt. 1 & 2 - Gold Edition
CD paru le 06 Mars 2008 - AFM Records
Avantasia : The Metal Opera: Pt. 1 & 2 - Gold Edition, chronique, tracklist, mp3, paroles

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NOTE : 18/20
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Tracklist
DISC 1

1. Prelude
2. Reach Out for the Light
3. Serpents in Paradise
4. Malleus Maleficarum
5. Breaking Away
6. Farewell
7. The Glory of Rome
8. In Nomine Patris
9. Avantasia
10. A New Dimension
11. Inside
12. Sign of the Cross
13. The Tower

Bonustrack
14. Avantasia

DISC 2

1. The Seven Angels
2. No Return
3. The Looking Glass
4. In Quest for
5. The Final Sacrifice
6. Neverland
7. Anywhere
8. Chalice of Agony
9. Memory
10. Into the Unknown

Bonustracks
11. Sign of the Cross (Live)
12. Chalice of Agony (Live)

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Chronique
20 / 20
    Eternalis, le Jeudi 11 Decembre 2008 parlez-en à vos amis  
"The Metal Opera" ! Un double album mythique et dantesque, projet ambitieux et prétentieux de la géniale tête pensante d’Edguy, j’ai bien évidemment nommé le grand Tobias Sammet. Alors que son groupe commençait à sérieusement percé sur la scène heavy metal, le lutin allemand décide de réaliser un véritable opéra métallique, avec de nombreux intervenants extérieurs, autant vocalistes qu’instrumentistes. Un projet irréalisable ? Un gamin victime d’une trop grande prétention ?
C’est bien mal connaître le bonhomme que de penser ainsi, car c’est sans autre envie que de réaliser un grand et pur album que notre cher Tobias nous fit le bonheur de créer cette œuvre enchanteresse et elfique.

Découvrons le concept pour commencer. Gabriel (Tobias Sammet) est un jeune moine qui va commettre la mégarde (quelle malchance tout de même !) de découvrir un livre sacré et mystique contenant l’emplacement de la porte d’un monde de fées et d’elfes appelé Avantasia. Il sera aidé dans sa quête par le druide Lugaid (Michael Kiske) contre un ordre religieux diabolique et corrompu (Oliver Hartmann interprète le Pope Clemens IIX). Dans un même temps, la demi-sœur de Gabriel Anna Held (Sharon Den Adel) est accusée de sorcellerie. A ce sujet, l’intermède "Malleus Maleficarum" reprend le nom d’un des plus célèbres romans de l’histoire de l’inquisition qui fut à l’origine de plusieurs centaines de meurtres de femmes accusées d’être des sorcières. Le morceau est ainsi sombre, malsain et torturé avec de nombreuses voix démoniaques soufflant des maléfices à nos oreilles. Un pur délice.
Mis a part cela, vous voyez bien que nous naviguons dans un univers clichesque à souhait et manichéen mais correspondant bien au style, et étant tout de même fort bien écrit (si on comprend un minimum l’anglais !). A ce sujet, le nouvel opus ("The Scarecrow") n’a absolument rien à voir et explore un conte plus contemporain digne du mythe de Faust. Le monde proprement baptisé Avantasia n’existe donc que sur cet album.

Passons maintenant à ce qui nous intéresse en premier lieu : la musique. Et quelle musique ! Si je vous disais qu’il s’agit de l’œuvre la plus épique de Tobias, cela vous suffirait-il pour comprendre toute la jouissance que procure son écoute. Non, je ne pense pas, il faut que je vous décrive ? Très bien, allons-y !

Pour la première fois réunie ensemble, ces deux albums ("Part I" et "Part II") forment aujourd’hui une véritable œuvre, ce qui est plus approprié d’un point de vue uniquement artistique, les deux opus ayant été enregistré pendant la même période.
"Prelude", sombre intro laisse rapidement la place au tube "Reach Out for the Light", speed mélodique dans toute sa splendeur et sa démesure. Le chant assuré par Tobias (qui intervient sur chacun des vingt-trois titres !) et Michael Kiske est grandiose et les envolées de guitare et de clavier sont simplement gigantesques. Tobias avoue lui-même que la patte d’Helloween est perceptible, et le fait que Markus Grosskopf joue la basse ne fera que accentuer cet état de fait. Et puis les chœurs en mettent dès le début plein la vue, beau et grand ; simplement.

"Serpents in Paradise" ne fera pas redescendre de notre nuage avec toutes les qualités du premier morceau, mais avec des chœurs plus ésotériques, chantant en latin des paroles obscures. Il est même difficile d’évoquer le moindre défaut à cet album, visiblement touché du sceau de la grâce et béni des Dieux. Kai Hansen ( Regrin, le nain de l’histoire) ira même jusqu’à dire qu’ils s’agit des dignes successeurs des "Keepers of the Seven Keys".

En effet, à l’écoute passionnée et enrichissante de The "Glory of Rome", comment ne pas fondre devant tant de richesse, à la fois impérialement agressif mais divinement orchestral et beau. La puissance dégagée par ce titre est carrément énorme, Alex Holzwarth (Rhapsody) dégainant sa double pédale avec une furie salvatrice et les solos étant virtuoses et rageurs, comme le ferait un certain Kai Hansen (mais c’est Henjo Richter qui le fait, l’autre guitariste de Gamma Ray- rien que du beau monde).
Suit un intermède délicat et reposant avant le tubissime titre éponyme "Avantasia". Une intro explosant (comme sur le "Hallowed" de "The Savage Poetry") dans un déluge de guitare très soft et des nappes de claviers, presque pop pour laisser le terrain uniquement au créateur de cette œuvre. Les couplets sont très beaux et enivrants, relatant la découverte du monde d’Avantasia par Gabriel, puis le refrain très puissant et hymnique (fait pour faire chanter des stades entiers c’est certain !!) joué presque toujours lors des concerts d’Edguy.
"Sign of the Cross", avec ses cinq chanteurs, enchante pendant plus de six minutes avant de déboucher sur les deux morceaux fleuves de cet opéra. "The Tower" et "The Seven Angels", respectivement dernière et première plage du premier et second tome.

"The Tower" est simplement le meilleur morceau jamais sorti sous l’appellation Avantasia. Du haut de ses neuf minutes, il représente à lui seul le génie et l’aboutissement de toute une œuvre musicale, une apogée créatrice inestimable. De son intro au piano à ses envolées vocales stupéfiantes ("Hallelujah, Hallelujah…") ne ressemblant en plus à aucun groupe en particulier. Puis vient le moment où la Tour elle-même parle pour ensuite voir tous les vocalistes aux chœurs atteindre des sommets de démesure et de musicalité. Un titre à tiroir, avec de nombreux breaks, solos (interprétés par un Jens Ludwig dont on reconnait instantanément le style si particulier), passages narratifs et intermèdes au piano lui conférant une richesse peu commune.

Mais si vous pensiez que c’était le maximum, "The Seven Angels" sera loin de vous faire redescendre. Quatorze minutes d’extase musicale, que rien ni personne ne pourra expliquer avec des mots ; il faut écouter pour se rendre compte. L’intro ténébreuse faites de chants grégoriens se brise rapidement dans un déluge une nouvelle fois de chœurs et toujours cette magie de tous les instants de toucher le Saint-Graal de très prêt, de l’attendre même. Il s’agit également du seul titre où la totalité des chanteurs sont réunis. Un déluge d’orchestrations de plus rehaussé dans cette nouvelle version où l’intégralité des parties de claviers ont été réenregistrées et remixées afin de leur donner plus de profondeur et d’impact.

Le reste du second opus sera plus agressif et moins symphonique, comme le démontre le speed "helloweenesque" "No Return" ou le très hargneux "The Final Sacrifice" (avec David DeFeis au chant) où Tobias dévoile la teneur de ce que deviendra "Hellfire Club" avec une agressivité marqué et un solo tordu mais jouissif (nommé meilleur solo de l’année 2002 par le Kerrang espagnol !) de Jens Ludwig.
La magnifique ballade au piano "In Quest For" est d’une émotion palpable et viscérale tandis que le mélodieux "The Looking Glass" révèle un refrain très posé et beau, qui, une fois incrusté dans l’esprit, ne le quitte que très difficilement.

"The Chalice Agony" restera dans l’esprit plus direct avec un Kai Hansen s’en donnant à cœur joie au chant avec sa voix si particulière. Le final ("Into the Unknown") sera d’une grande beauté et saisissement grâce au chant de Sharon d’une légèreté et d’une tendresse hallucinante se mariant incroyablement bien avec les envolées vocales du ‘sieur Sammet, décidément impérial de bout en bout d’une œuvre qu’il tient à bout de bras pendant près de deux heures. Une fin magnifique et parfaitement significative d’une fin, je veux dire que ce morceau possède une aura permettant de faire clairement comprendre qu’une histoire s’achève, avec brio de plus.

J’ajouterais pour terminer que le coffret est absolument superbe et précieux. Présenté comme un livre ancien, avec des pages volontairement jaunies et des feuilles calques permettant plusieurs lectures, il s’agit déjà d’un objet avant de n’être qu’un boitier d’album. S’ajoute de nombreuses notes de Tobias, qui parle de chacun des morceaux, du concept dans l’intégralité et une lecture textuelle pour chaque titre (comme des chapitres se suivant, ce qui permet une plus grande compréhension pour ceux que ça intéresse car il y a également le synopsis écrit initialement par Tobias). Quelques jolies photos s’ajoutent à ce tableau déjà bien garnies qui ne pourra que rendre aux anges les fans et les autres. Les cds se présentent comme deux disques d’or, de part et d’autre du manuscrit. Le tout se termine par une interview de l’homme-orchestre allemand datant de 2008 avec tout le recul nécessaire sur ces deux albums où AFM Records déclare que ces deux opus restent à ce jour la meilleure vente du label (300 000 albums pour chaque partie !).

"A monument for eternity". Je ne pourrais qu’être d’accord avec une telle affirmation !


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