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Dans ce vaste champs artistique que constitue l’imagination d’un musicien compositeur, une ouverture d’esprit trop large peut s’averrer des plus problématiques. Et ce surtout si elle se retrouve mêlé à une certaine aspiration de reconnaissance inopportune. Dans cette soif inextinguible de musique et nourrit par l’esprit confus d’Alexandre Krull ou s’entremêlent les nœuds inextricables d’oeuvres tantôt Death (Hallucinations, Todessensucht), tantôt plus Thrash (Blut), tantôt très nettement plus Gothique (Gemini) (cette dernière à l’ombre (coïncidence troublante) de l’explosion de la vague Metal Symphonique/Gothique à chant féminin d’où l’on pourra, si on le souhaite, mesurer l’arrivisme fort à propos du guitariste allemand), tantôt d’un mélange approximatif, mais pas forcément détestable, pièces imbriquées d’un peu tout à la fois (Atlantis), il devient difficile de ne pas être déconcerté par l’œuvre d’Atrocity. Comment alors imaginer sans peine que l’excellence géniale d’un talent grandiose offre en chaque circonstance l’évidence d’une œuvre réussie captivante incontestable ? Ce qui est à peine vrai pour nos plus grand virtuoses, s’avère être le constat le plus douloureux pour nos moins grands. Et que dire de nos plus petits ? Car si la grâce oublie parfois le génie et souvent le très bon, elle ne s’offre que trop rarement au médiocre. Loin de moi l’idée de juger l’ensemble de la carrière de ce groupe et de condamner sa musique sous les mots d’une sentence établie sur un seul album, mais un opus aussi moyen ne peut, et ne doit, mériter aucune clémence.
Car enfin voyons, soyons sérieux, si le très périlleux exercice de la reprise peut représenter un couperet délicat, dont le filet aiguisé par les erreurs d’une interprétations soit trop semblable à l’originale, soit trop éloigné, peut, à coup sûr, être fatal ; il n’en reste pas moins une figure de style qui doit absolument, et au minimum, demeurer un édifice battis sur des titres forts et représentatifs. Percutant et indissociable d’une certaine idée du choix d’un hommage cohérent. Incontournables et né dans les entrailles d’une scène artistique aux idées plus passionnantes les unes que les autres en des temps bénies. Ce choix est crucial car on peut débattre sans fin sur la pertinence et l’interêt de reprendre un morceau, ou deux, d’un groupe dont l’œuvre est aux antipodes de la votre ; il devient quasiment impossible d’argumenter de manière convaincante sur un album complet. On le peut moins encore dès lors où les titres sont issus d’une période, les années 80, ou la pauvreté musicale de certaines scènes parait aujourd’hui ridiculement effrayante. On est réduit au silence lorsque les versions proposés ne sont que de pâles fantômes moribond, exhumation gênante de la vague Pop/Wave ou l’agonie putride les rongeaient déjà.
De fait jamais Atrocity n’aura jamais aussi bien porté son nom, et sous les sonorités d’un Gothique Indus aux effluves parfois proche de la froideur, et de l’aspect martial d’un Ramstein avec des titres comme Der Mussolini, il nous propose souvent les affres de ces sempiternelles références traditionnelles ultra-connues ou l’on pourra citer entre-autre Crematory et Liv Kristine. Dire que cet opus n’est qu’un ersatz, immonde copies des influences cités, noyés dans le concept délirant d’un disque complet de reprises des années 80, serait très loin de la vérité. On ne peut, en effet, nier que l’ensemble, où transparait l’aura parfois des uns, parfois des autres, reste, tout de même une œuvre relativement et brièvement personnel. Mais suffit-il de rajouter de la guitare saturé et de la double grosse-caisse là ou autrefois il n’y en avait pas pour rendre un morceau brillant ? Et d'autant plus que le morceau ne l’était pas nécessairement à l’origine ? Assurément non.
Cette anecdotique étrangeté n’aura, au final, que l’interêt limité d’éveiller une infime curiosité. Chacun d’entre-nous ira, fort de ces souvenirs, entendre quel horreur ennuyeuse Atrocity ,dans ses créations aux mutations monstrueuses, en aura faites. Certaines personnes, s’élevant au nom d’une indulgence inconcevable, pourraient être tentées de défendre cette œuvre. A mon sens elles le feraient sans aucun doute pour de mauvaises raisons, car si on peut, à la rigueur, loué les qualités originales d’un Let’s Dance de David Bowie ou d’un Shout de Tears For Fears, le mérite de ces qualités n’en reviendrait alors qu’à leur auteurs et faire rejaillir n’en serait-ce qu’une once sur Atrocity, à l’écoute de ce Werk 80, s’apparenterait à un scandale pur et simple.
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