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Chronique
 | note : 16/20 | DANS L’ANTICHAMBRE DIVINE :
Quod Superius Sicut Inferius est l’album qui fait la transition et la césure nettes entre ce nous considérerons la première période d’Astarte et la seconde.
Premièrement, en ce qui concerne le changement de line-up : il s’agit en effet du dernier album où l’originel est présent, constitué de ces dames Kinthia (chant/guitares), Nemesis (guitares) et Tristessa (basse/guitare acoustique), sans oublier les différents membres de session (batterie/claviers). Après cet album, le line-up éclatera quasi totalement ne laissant que Tristessa, reprenant la basse et s’imposant au chant, par ailleurs tout à fait mauvais.
Deuxièmement, en ce qui concerne l’orientation musicale. Si les deux premiers albums consistent en un black transparent plutôt lent, mais léger, froid, atmosphérique et mélancolique qui aurait mérité d’être plus étoffé, les deux derniers – avec Tristessa s’illustrant en tant que leader donc – sont des avortons death/black presque (notez bien, lecteurs-lectrices : presque) inécoutables. La qualité des paroles et des thèmes développés en a elle aussi pris un sacré coup. Quant à Quod Superius…, il est le seul qui daigne vraiment sortir du lot de par un son amélioré et versant superbement du côté mélodique, ainsi que de par un ensemble fouillé, structuré et dont on sent qu’il est pour le groupe l’album ultime, celui qui va honorer la maxime de Pindare : « deviens ce que tu es » Sans aucun doute, cet album est un coup d’éclat, et l’on comprendra sûrement pourquoi la première période d’Astarte a pris fin avec cette production. La boucle est bouclée. Cette formation musicale depuis sa naissance était en route vers elle-même et Quod… en constitue l’arrivée finale. L’on devrait toujours se retirer dignement et silencieusement après un chef-d’œuvre, celui qui marque l’accomplissement au sens nietzschéen du terme.
Et le groupe aurait dû s’arrêter ici, puisqu’il était enfin parvenu à atteindre à son harmonie. Mais Tristessa veillait. Et les albums suivants ont souillé la mémoire de Quod… et de la formation. Astarte, sous l’égide de Tristessa, n’a pas su se retirer en arborant la classe des grands vaincus qui sont justement les vrais vainqueurs. Si encore Sirens et Demonized avaient été de bonnes galettes !
C’est peut-être pour cette raison que Kinthia a attaqué en justice son ancienne partenaire quant à l’obtention des droits sur le nom et le logo, le procès ayant duré deux ans et s’étant soldé par – on s’en doute – la victoire de la bassiste et « chanteuse ».
Kinthia savait certainement que l’aventure devait prendre fin ici, définitivement.
Mais il ne servirait à rien de palabrer là-dessus.
Car déjà les portes de l’antichambre s’ouvrent et la déesse Astarté, revêtue de ses apparats écarlates et dorés, nous attend. Traversons donc le corridor qui nous en sépare, et sur le sol duquel est déroulé un tapis de velours rouge. Les murs froids et épais renferment les secrets des Âges et des Hommes. Seuls les rayons de la Lune noire, à travers les fenêtres de cristal, nous éclairent. L’heure est au Mystère. Dehors, l’Astre illumine également un autre explorateur des passions terrestres d’une aura inquiétante tandis qu’autour de lui, les ténèbres sont impénétrables… Trouvera t-il, durement comme nous, le chemin vers le château d’Astarté ? Ou les démons de son cœur, tapis dans cette obscurité, l’emporteront avant dans ses propres abysses ?...
Ή ΤΕΣ ΘΕΑΣ ΑΠΟΚΑΛΥΨΙΣ :
Astarté, c’est la Déesse-Mère selon les Phéniciens. Mais elle est aussi la Déesse-Mère selon tous les peuples « païens ». Seul le nom change à travers les civilisations, bien que les racines étymologiques demeurent parfois. Astarté est par exemple associée à l’Aphrodite des fameux Grecs.
Astarté est autant l’éternelle Vierge que l’éternelle Amante, la Mère, la Sœur et la Fille. Mère de tous et de personne à la fois, et nécessairement femme de personne. Le Féminin dans toute sa Splendeur, qui alors n’est plus Féminin, mais Divin… et Humain, et qui brise et transcende ainsi les clivages.
Ce paradoxe (enflammé) n’en est donc pas un.
La piste 5, « Astarte », est un hymne à cette fameuse déesse. Je vous laisse découvrir le texte de la chanson : il parle de lui-même. Une courte introduction au piano nous laisse présager une chanson calme, voire une douce berceuse. Or il s’agit d’un morceau énergique et convaincu sans être agressif, comme si le groupe avait voulu rendre hommage à la déesse sans offenser son Aura. Ici donc, la démesure (l’hybris) est évitée. La séparation entre divin et humain est claire : Astarté est un Être inaccessible que l’on se doit d’honorer en n’essayant pas, nous pauvres mortels, de se hisser à hauteur de son pouvoir, sous peine de subir impitoyablement sa colère. L’on notera la présence de Spiros Antoniou de Sceptic Flesh qui nous gratifie de son chant death excellent, tout comme sur la chanson titre de l’album.
Paradoxe enflammé… « Inflamed Paradox » est placée en deuxième position sur l’album, comme si de rien n’était. Mais ce morceau est une véritable apothéose. Il aurait pu clôturer l’œuvre. Là encore, introduction au piano, cette fois-ci accompagné de la batterie et de la guitare acoustique. Puis la 2:20 arrive, et des chœurs grandiloquents, semblant venus du fond des âges, surgissent pour chanter la gloire perdue d’une étrange Dame, morte peut-être et errant éternellement sur un lac, imposant son pouvoir maudit à ceux qui le traversent… « Inflamed Paradox » est LE morceau de l’album, mélodique et symphonique à souhait, quoiqu’une retenue et une pudeur soient là aussi à remarquer, et venant limiter toute cette majesté, tout ce sublime destructeur.
« Reign Unfold » est également une apothéose. Les dieux olympiens nous regardent et se jouent de nous… Ils festoient à jamais, là-haut dans leurs sommets dissimulés par la brume. Mais les dieux grecs sont, ainsi que les mortels, soumis à des passions déchirantes. Ils défient le Temps, mais pas la Fatalité. Et leur règne se dévoile par là même, les limites entre humain et divin s'estompant...
Là encore les chœurs sont présents et enivrants, l’ensemble instrumental impose le respect solennel, la contemplation distante, belle et mélancolique d’un âge d’or révolu.
À ces deux titres, ajoutons « Deep Down the Cosmos » et qui dans son ensemble illustre mieux encore que « Quod Superius… » le concept de l’album, son sens et sa portée philosophiques : microcosme et macrocosme ne sont jamais que deux parties opposées mais complémentaires du Cosmos, du Grand Tout. Et c’est à cette réunification entre l’individu et la Nature que le groupe nous invite.
Les Grecs anciens, sous leur apparence calme et sage – traits conférés par Apollon –, dissimulaient en eux la fougue de Dionysos, l’amour insatiable pour l’Abîme, le « démon de la perversité » tel que le disait Edgar Poe. Les membres d’Astarte ont hérité du génie de leurs ancêtres en ce sens que l’album, en apparence classique, grouille de cette même ivresse tragique où l’humain et le divin, le « bien » et le « mal » ; les contingences et les sensations enfin, se confondent dans une joie éternelle.
Si les paroles, inspirées, énigmatiques et poétiques (ah ! Chère Tristessa ! N’en écrirez-vous jamais plus de pareilles ?) font état de cette exaltation toute dionysiaque (celles de « In Velvet Slumber » raviront les symbolistes déchaînés), la musique également, quoique le mélodique, le symphonique, l’engagé et l’enragé ne sortent jamais de leurs limites. Car Apollon veille à ce que le Sublime ne redevienne pas Chaos inaudible.
Cet album est maîtrisé. Terriblement maîtrisé. L’instrumentation est propre et épurée, le chant de Kinthia soigné, efficace et incisif sans être brutal ; sa voix est en accord parfait avec la musique et ne s’égare pas une seule fois.
Les claviers sont assez présents mais placés judicieusement. Même sans eux, l’alchimie eût été excellemment assurée (« In Velvet Slumber » ou le quelque peu dérangeant « Sickness », ou comment demeurer cadré dans le concept et le créer par là même sans avoir recours aux claviers ou sinon à dose infime). Ils rajoutent simplement à l’atmosphère sans ne jamais tomber dans le pompeux (ambiance égyptienne dissoute et trouble comme la chaleur étouffante et enfermée des pyramides pour « Incarnate Legend of Mummy Queen »). Attention : je ne dis pas que le groupe aurait pu s’en passer. Non ! Quant à la basse, on l’entend peu, sauf sur les pistes « Incarnate Legend… », « In Velvet Slumber » ou « Sickness », où Tristessa nous montre tout son talent : c’est une charpente solide, au son aiguisé. On sent que le faux pas n’est pas craint et qu’il est repoussé avec fermeté, tant et si bien qu’il est évité, et de loin.
Si l’album ne se termine pas dans une apothéose à la « Inflamed Paradox », « Crossing the Wounded Mirror of Death » nous évoque une odyssée tragique à la Orphée et Eurydice (supposons-le, car il est dur de faire l’exégèse de tels textes), mais chantée dans cette même rage qui a peur d’exploser franchement alors, quand la rage n’advient pas, il ne reste que le chant reposant, que les bras du Sommeil et de Thanatos pour nous apaiser et nous accueillir. Nous sommes fatigués d’avoir vécu si intensément et de nous êtres perdus. La perte, d’ailleurs, est irréparable, et le manque de l’Autre insupportable. La Vie n’a plus de Sens. Il est temps de fermer les yeux, d’oublier en silence…
« Crossing… » évoque tout cela. Après la tempête survient le calme. Nous avons été séparés de la Vie, nous la regrettons, mais il faut nous résoudre à l’abandonner, à abandonner le Sublime et la Beauté, les couleurs, les sons… « Oblivious Darkness », ou le solipsisme de la mort. Mais la mort n’est qu’un passage. Un tunnel silencieux et oublieux d’un millième de secondes. La renaissance dans l'Élysée nous attend, là dans la Fête à jamais renouvelée, dans le ré-abouchement au Tout. Dionysos a vaincu Apollon, bien que cet album nous laissait croire le contraire – en apparence toujours, car la Volonté en tant que force et puissance pures est toujours guidée par Dionysos, Apollon ne faisant que la représenter en formes et en couleurs.
In fine, Quod Superius Sicut Inferius est une perle du génie grec.
Si les éléments constituant cette œuvre sont savamment dosés, son en-soi en revanche brûle ardemment de désir d’éclater et d’inonder le Cosmos.
Astarte, comme ses ancêtres, maîtrise à merveille et par la musique ces deux forces de vie fondamentales. Souple musicalement et subtilement hypnotisant, mystique, mélancolique et prométhéen, cet album est une alchimie, ce n’est ni du Black Metal (seuls vestiges BM des précédentes galettes dans celle-ci d’ailleurs : la voix et les blasts, toutefois « légers » et participant à l’osmose) ni même du Metal, c’est de l’Art, une re-Quête avérée de l'Absolu.
Or il comporte des défauts (certes, j’aime casser les élans dithyrambiques à leur toute fin voyez-vous). Eh oui, pourquoi « seulement » 16 (j’ai hésité à mettre 15) après un tel éloge ? Parce que certaines phrases dans certains textes ont été « zappées » par Kinthia ! Et je suis sévère là-dessus, les textes sont du coup comme amputés. De même, l’on sent que le potentiel pour cette production n’a pas été exploité, épuisé jusqu’au bout. Un sentiment de frustration persiste donc, mais qui n’a rien ou lointainement à voir avec la retenue apollinienne. Enfin, la mélodie de « Quod Superius Sicut Inferius » ressemble bizarrement au début de « Fear of the Dark » d’Iron Maiden... Plagiat volontaire ou influence inconsciente, je dois bien avouer que cela sape quelque peu l’originalité de Quod…
Mais la complexité et la vitalité de cette œuvre l’emportent.
En vous en souhaitant une écoute des meilleures possibles !
~ Capt. Jane FLINT ~
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12 commentaires
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Vendredi 25 Juillet 2008 |
Commentaire
 | note : 18/20 | | Haaa, le premier album d'astarte que j'ai découvert grace a un ami, je l'en remercie car cetalbum a tout simplement changer ma vie. En effet ca a été une claque monumentale a sa premiere écoute et à toutes celles qui suivirent et elles sont trés nombreuses. Beaucoup trouvent ce troisieme album du groupe grec totalement inutil dénué de sentiment et d'interet et je peut le comprendre car c'est le genre d'album qu'on aime ou que l'on deteste (je remarque que ce principe s'applique également au groupe) donc mon avis sur ce cd est totalement personnel. Ce nouvel album ne déroge pas a la regle et nous sert du black metal assez mélodique dans l'ensemble on peut noter l'apparation de passage en voie claire de la chanteuse (tristessa) utilisant une voie trés plaintive capable d'en exiter plus d'un ! on note également le chant du chanteur (normal quand meme) de dimmu borgir sa le gratte (shagrat) qui pousse la chanssonette sur un morceau et qui la pousse plutot bien. l'album dur a peu prés une heure et quelques minutes et se laisse écouter sans ennuis (toujours d'aprés mon avis personnel) aprés tout ce temps je continu a l'écouter et je ne me lasse toujours pas les parties mélodique me touchent toujours autant , les riffs , la voie tous est fait pour ne pas lasser, je me suis meme rendu compte que cet album pouvais servir de berceuse (dans le bon sens du terme évidament).
donc au finale un album a conseiller principalement a ceux qui connaissent et aime astarte (excepter le dernier) et qui on envie de rever de se laisser transporter par de la musique pas trop complexe et trés mélodique. | Mardi 31 Mai 2005 |

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