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Liste des groupes Gothic Metal Artrosis Ukryty Wymiar
1997 - Morbid Noizz Productions
Artrosis : Ukryty Wymiar, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 16/20
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Tracklist
1. Lisa
2. Czarno-Białe Sny
3. Taniec
4. Nazgul
5. Siódma Pieczęć
6. Rzeka Istnień
7. Żywiołom Spętanym
8. Epitafium
9. Góra Przeznaczenia
10. Szmaragdowa Noc

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14,95 €
Chronique
16 / 20
    dark_omens, le Jeudi 10 Septembre 2009 parlez-en à vos amis  
The Gathering avec son Mandylion, et Theatre Of Tragedy avec son album éponyme, viennent seulement de définir les nouvelles aspirations d’un Gothique dans une vision plus douce ou l’expression féminine s’inscrit, enfin, comme un atout majeur, essentiel et primordial. Et alors que dans une démarche ou chacun de ces deux groupes affirment de manière forte les caractéristiques d’une personnalité nouvelles, s’élève de Pologne une petite voix mélancolique dont les accents langoureusement remarquables vont conquérir l’ensemble des cœurs meurtris Polanes, avant de touché les autres, non moins désespérément avide de sombre tristesse, en dehors des frontières slaves.

Formé en 1995, à Zielona Gora, petite ville de Pologne, Artrosis s’inscrit dans une philosophie très proche de celle des deux groupes déjà cité. Les similitudes flagrantes entre les intonations vocales de sa chanteuse Magdalena »Medeah » Dobosz et celles de Anneke Van Griesbergen sont indéniables. On doit aussi parler de ressemblances musicales évidentes. Artrosis partage avec ces « tragédiens » allemands le goût pour ce doux enlisement de mélodies aux sons lascifs, et avec l’école hollandaise celui de rythmes parfois plus soutenues. Au fond a l’exception des ses origines ce groupe pourrait n’être rien d’autre qu’une étrangeté anecdotique.

Et pourtant là ou nos Polonais offre une véritable évocation différente c’est, tout d’abord, dans l’amalgame réussis de ces deux influences majeures. Il donne en effet un récital contradictoire où la délicatesse ténébreuse atmosphérique très allemande s’unie formidablement à l’énergie plus «virulente» de guitares et à de tempos plus hollandais. Union délicieuse avec laquelle il se positionne donc très clairement, à l’instar de The Gathering, souvent dans une approche très lointaine de ce Doom/Death originel, mais aussi, à l’image de Theatre Of Tragedy, dans une inquiétante grâce, dans une paisible tristesse, avec notamment l’utilisation de ces nappes de synthé, de ces pianos et de ces violons, et parfois de ces passages plus lents, déjà indispensable au genre.

C’est ensuite dans la personnalité propre de l’entité Artrosis qu’il faut trouver son particularisme le plus envoutant. Proche d’un cri primal originel, proche d’une vérité organique qui vient du plus profond de son âme il exprime ses langueurs tourmentés, et belles tout à la fois, dans la langue Polonaise qui l’a vus naitre. Ses mots se chargent alors d’une aura mystérieuse très poignante, et particulièrement adéquates aux émotions propres à ce nouveaux mouvements naissant. Il parait, bien entendu, évident que Medeah sculpte de manière plus nuancé et plus naturelle les contours d’un émoi bien plus palpable et bien plus gracieux dans les intonations d’une expression qu’elle use depuis toujours, que dans celle plus emprunté d’un anglais qui serait forcement plus forcé.

Pour en finir avec ces divergences enrichissantes, on ne peut parler du Artrosis de ces années-là sans mentionner ses musiciens, ou plutôt leurs absences. Impuissant à trouver un vrai batteur, l’instrument est joué par Maciej Niedzielski à l’aide de son synthé. Si cette déficience derrière les fûts aurait pu, et aurait du, constituer un véritable handicap pour la musique du trio, elle en sera, pourtant, un de ses plus grands atouts. Ces note de cymbales, de caisses claires et de toms virtuels, froide et pesante, machinale et sans vie, conduisent chaque riff tourmenté et mélancolique de Krzysztof « Chris » Bialas dans une alliance aux mécaniques implacables, et souligné admirablement par le contraste, avec une Medeah très aérienne, vers un inexorable trouble saisissant.

Cette opposition entre l’aspect organique et éthéré des voix, des éléments classiques liés aux genres (violons, synthés…) et l’aspect mécanique et accablant de la musique est l’essence même du paradoxe, et surtout de la magie lié à ce groupe. Elle illustre de manière très différente cette dualité beauté/laideur, lumière/obscurité, que Theatre Of Tragedy exprime dans ces conversations entre vocaux Death masculin et chants clairs féminins.

L’album le plus représentatif du travail d’Artrosis reste ce Ukryty Wymiar, sortis principalement sur le territoire Polonais dans un relatif anonymat, et qui doit son succès aux médias locaux, et à un public toujours plus grand. Tant et si bien que ce retentissement conduira le groupe à envisager une sortie moins confidentielle sous le nom de Hidden Dimensions. En effet soucieux de rendre son propos moins inaccessible, les chansons et le titre de cet album seront traduites et proposés dans des versions Anglaises, leurs faisant perdre un peu de ce charme énigmatique.

Quoiqu’il en soit ce Ukryty Wymiar donne à entendre les mélodies envoutantes d’une œuvres entêtante. Dès les premières mesures Lisa nous hypnotise. Ce titre, aux lenteurs infinies, ou Medeah nous invite à un périple intérieur profond, et ce d’une plainte épurée de tout mot, unique lamentation incantatoire accompagnée d’un riff incessant et sombre, d’une nappe de clavier et de quelques sons de synthés. Dans un registre très similaire, Rezka Istnien, y rajoute simplement la gravité de quelques narrations masculines parlées. Ce voyage ne prendra fin que lorsque résonneront en nous le dernières notes de Szmaragdowa Noc, qui est sans doute, malgré ses violons, le titre le moins Gothique de ce disque et qui préfigure déjà, un peu, de la direction musical que prendra Artrosis par la suite.

Chaque titres de ce Ukryty Wymiar est un paysage unique ou se mêle des couleurs ternes et d’autres moins pâles pour donner un tableau émouvant. Une de ces fenêtres sur le monde d’Artrosis, Zywiolom Spetanym, dans ses passages rythmiques les plus soutenus et ses sonorités de guitares les moins sombres, nous laissent entrevoir, sans doute très involontairement, les infimes prémices de ce qui bientôt sera le Metal Symphonique féminin. Ce qui n’est pas absurde si l’on songe que The Gathering est à la fois une des influences de ce genre, et une influence majeur d’Artrosis.

Le reste de l’album s’inscrit parfaitement dans cette confrontation de style décrite plus haut, ou Artrosis se nourrit à la fois du Doom/Death des uns, du Gothique plutôt Rock des autres et parfois même, de manière très brève, de Heavy. Et cela pour nous offrir une œuvre de Metal Gothique riche, pas forcement majeur, mais assurément inoubliable.

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