Helvítismyrkr

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Nom du groupe Arckanum
Nom de l'album Helvítismyrkr
Type Album
Date de parution 16 Septembre 2011
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album61

Tracklist

1.
 Helvitt
Ecouter
2.
 Myrkrin Vinna Hefnt
Ecouter
3.
 Ór Djúpum
Ecouter
4.
 In Svarta
Ecouter
5.
 Nifldreki
Ecouter
6.
 Svartr ok Þursligr
Ecouter
7.
 Þrúðgelmis Hlaut
Ecouter
8.
 Sísoltinn
Ecouter

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Arckanum



Chronique @ valentheris

23 Septembre 2011

Un album de qualité, prenant, et nécessitant plus de temps pour être comprit et ingéré.

Prenant l'habitude de nous offrir une nouvelle production chaque année depuis maintenant quatre ans, Shamaatae avait laissé quelque peu perplexe une partie de son auditoire en 2010 avec la sortie du bon, mais réchauffé "Sviga Læ". En effet, alors qu'il avait su remonter la pente de la réussite en 2009 avec "ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ", album tranchant radicalement avec un "Antikosmos" qui misait bien trop sur son atmosphère, le frontman suédois avait encore une fois fait diminuer l'intensité de son œuvre, qui bien qu'offrant de bons moments, restait trop en demi-teinte par rapport à son prédécesseur. L'annonce de la sortie d'un nouvel opus seulement onze mois après "Sviga Læ" n'avait à priori rien de rassurante et par ailleurs très peu d'informations ont été délivrées quant au concept de ce dernier jet ou sur la voie qu'il allait suivre, pour ne rien arranger.
Changeant encore une fois de label, Shamaatae signe cette année avec Season of Mist pour offrir son septième Full-Lenght à un public désormais incapable de prédire ce que nous réserve l'homme en question, mais impatient d'avoir des réponses aux question qu'il se pose.

À mi-chemin entre celles de "ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ" et "Sviga Læ", l'atmosphère de "Helvítismyrkr" garde l'aspect mélancolique, et intense du premier tout en arborant cet aspect sinistre et opaque qui se colle sans coup férir à la musique plus proche du second. Si cela semble être une ambiance idéale pour s'imprégner de la nouvelle œuvre de Shamaatae avec un plaisir malsain, les choses ne seront pas aussi simples. En effet, comme l'annoncera la très bonne piste introductive "Helvitt", Johan Lahger semble décidé à moins tirer sur la corde émotionnelle grâce à des riffs envoûtant et minimalistes comme tantôt, mais développe un jeu instrumental, certes reconnaissable entre mille, mais misant sur un aspect plus profond, moins facile d'accès au premier abord. Le rendu final sonne ainsi plus direct, plus brut, comme si les pensées du géniteur d'Arckanum étaient retranscrites d'une manière plus viscérale pour apporter une conclusion à sa dernière trilogie débutée il y a quelques années et illustrer ce qui semble être le règne de la déesse Hel dans les enfers.

Comme pour appuyer ce sentiment, "Myrkrin Vinna Hefnt", la seconde piste, développe d'une manière encore plus intense que précédemment l'aspect vindicatif (mais mesuré) qui restera flagrant tout au long de l'album tout en mettant en avant le second point fort des compositions : la conservation des parties répétitives et envoutantes. En effet, si le riffing s'avère plus brut de décoffrage, la pâte que Shamaatae aborde depuis 2009 est encore bel et bien présente et renforce toujours aussi bien les compositions avec ces mélodies dont le maître a le secret.
Le jeu instrumental et la production sont pour l'un comme pour l'autre égaux aux habitudes du leader suédois : de très bonne facture. Toujours assez clair mais avec ce côté grésillant si délectable, le rendu sonore laisse s'exprimer les différents instruments sans soucis, le jeu de batterie a rarement été aussi jouissif chez Arckanum et le chant caractéristique du groupe a gagné un aspect un peu plus rauque dans sa tessiture qui sied vraiment bien au côté sauvage plus mis en avant que précédemment.

Cependant, bien que "Helvítismyrkr" dispose encore une fois de quelques morceaux de choix comme un "Svartr Ok Þurslir" envoûtant et efficace tout du long avec ce riff qui reste collé en tête dès la première écoute et ce final qui sonne comme une réminiscence de la première trilogie, ou encore un "Ór Djúpum" très jouissif avec une basse qui claque délicieusement, ce dernier opus en date sera à l'origine de quelques regrets suivant les points de vue.
Si dans le fond chaque morceau se vaut, on regrettera que l'interlude "In Svarta", plaisant au premier abord, ne servira au fur et à mesure de l'assimilation de l'album plus à grand chose, il en est de même pour le final "Sísoltinn", qui bien qu'à travers son riffing semble conclure de manière adéquate l'album, laissera place à un grand vide final inutile et qui aurait pu être comblé d'une manière plus juste par le talent du sieur Lahger. Un autre point à soulever, sans doute le plus subjectif de tous mais pas des moindre pour autant, est que tous ceux qui espéraient du renouveau, ou un retour aux sources seront déçus. Shamaatae conclut sa trilogie mythologique et offre un album qui s'inscrit tout de même dans la lignée des précédents ce qui est somme tout logique, mais rendra certains vieux fans mécontents.

"Helvítismyrkr" est donc un peu surprenant par son aspect plus hargneux que "Sviga Læ" ne laissait pas entrevoir. En tout cas, la conclusion est de qualité, prenante et nécessitant plus de temps pour être comprise et ingérée. Certes, la beauté et la force d'un "ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ" n'est pas égalée et la furie d'un "Kostogher" n'est pas retrouvée, mais Shamaatae arrive encore à tirer son épingle du jeu et à mener ses projets à terme avec un talent certain tout en restant intègre à son art et ses idées. Il ne reste plus qu'à voir ce que le projet va devenir et quelle voie il va suivre, pour l'instant il est juste impossible de le savoir.

Val'

21 Commentaires

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valentheris - 27 Septembre 2011: Et bien je te remercie également Nekro, ton avis est intéressant et pas dénué de sens bien que je n'aurais peut-être pas fait le rapprochement, en tout cas tu as très bien fait d'en faire part.
Avec tes précisions et celles de l'ami Soulofnorth les lecteurs devraient en tout cas avoir assez d'informations (ou avis personnels développés et pertinents selon certains points) pour savoir à quoi s'attendre avec la dernière bête de Shamaatae.

Après j'attends ton avis au tournant, en espérant que l'album te plaise.
Merci en tout cas.

Val'
Soulofnorth - 28 Septembre 2011: Je reviens avec cette fois, un avis musical de cet album. Je dois avouer que cet album m'a agréablement surpris, j'ai entendu de la part de beaucoup de fan du groupe dire que cet album était un mélange des trois derniers albums, et pas aussi bien qu'avant. Ce dont je doute fort quand j'entend des compositions aussi fortes que Helvit ou Nilfdreki etc... Bon après, je découvre le groupe, donc je ne peux juger que cet album actuellement. Et une très bon album afin de découvrir cet univers passionant que celui de Shamaate.
En gros, j'adore, de la part d'un nouveau fan du one man band.
CirithUngol - 28 Septembre 2011: Très bonne chronique, j'étais plus que perplexe lorsque tu m'as envoyé tes premières impressions.
Mais ce troll de Shamaatae, possède encore la hargne, et surtout le talent.
Le sviga...m'avait complètement dégouté, n'étant pas un adepte des plats préfabriqués et surtout réchauffés!
Mais là, force est de constater que ce putain de dernier album sent bon le souffre.
Bon je n'en suis qu'a quelques écoutes vu le délai de livraison...mais je peux d'ores et déjà qualifier ce putain de truc de grosse tuerie.
Merci Val'
valentheris - 28 Septembre 2011: Héhé content qu'il te plaise vieux !
Je savais au fond que tu serais satisfait quand je t'en ai parlé.
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Chronique @ utumno666

04 Juillet 2012

Vaut le détour, mais n'offre rien d'assez transcendant pour marquer les esprits.

Ah la Suède! Ses forêts, ses élans, ses meubles Ikéa, ses Volvos et ses bonhommes masqués qui gesticulent dans les bois. Car c'est là souvent l'image qu'on associe au mystérieux Shamaatae, soit avec fascination, soit avec le sourire, lorsqu'il se vêtit d'une robe et dissimule son visage derrière un masque ritualistique. Jamais complètement sorti du milieu underground (tant mieux?), ça fait maintenant presque vingt ans qu'il promène son one man band culte. Ceci pour une discographie renfermant sept albums, que j'ai entamée avec Kosthoger, sorti en 1997. Le son était poisseux, les cris et les gémissements étaient grinçants, ça avait du charme ma foi, et les critiques reçurent avec chaleur ce black metal occulte et froid venu du nord.

Mais les années ont passé, et le son de ce Helvítismyrkr ne laisse aucune illusion : Arckanum a gagné en finesse. La voix de Shamaatae a perdu en folie, et ses compositions en primitivité abrupte. C'est donc à du black metal complètement différent des débuts d'Arckanum auquel il faudra s'attendre. Alors qu'auparavant, le groupe misait sur son atmosphère intrigante, ce qui lui permettait d'ailleurs de tirer parti d'une production cheap, ici Shamaatae nous sert quelque chose de beaucoup plus propre, carré... impersonnel? Ceux qui reprochaient parfois - à juste titre - le minimalisme des vieilles chansons râleront peut-être moins. D'un autre côté il y en aura toujours pour dire que "c'était mieux avant". Ceux-ci auront oublié le brillant ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ, qu'Arckanum nous avait balancé pas plus tôt qu'en 2009.

Propres dans la forme (enfin, c'est relatif, il faut comprendre "propres" pour du black...), les morceaux dégagent tout de même une délicieuse effluve des eighties. Mais l'originalité de Helvítismyrkr provient probablement des influences païennes nordiques que le groupe revendique ouvertement. Attention cependant à ne pas tirer de conclusions hâtives de ce constat, parce qu'Arckanum c'est du black pur et dur. C'est dans les mélodies et la rythmique qu'on ressent cette filiation traditionnelle. On s'approche beaucoup plus de groupes comme Elite, voire même Bathory, que de vikings folkeux type Moonsorrow. Même en comparaison à Windir, cité pourtant comme référence du black viking, Arckanum évolue dans des terres terriblement plus froides et arides. Le violon occasionnel de Shamaatae, auquel il nous a habitué depuis de nombreux cds, se fait comme à l'accoutumée hypnotique et planant plutôt qu'entraînant. On reste tout de même accroché par un jeu de batterie assez nerveux, qui ne lésine pas sur une double-pédale particulièrement puissante. Shamaatae fait à nouveau démonstration de ses talents de multi-instrumentiste...

Que d'éloges peut-être, mais ce n'est pas parce qu'un visage est dépourvu de verrues que c'est celui d'un sex symbol. Ainsi, comme de nombreux autres, Helvítismyrkr vaut le détour et laisse de bons souvenirs, mais n'offre rien d'assez transcendant pour marquer les esprits. C'est néanmoins une belle pièce qui s'ajoute à une discographie plus que respectable.

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