Whore of Bethlehem

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Nom du groupe Archgoat
Nom de l'album Whore of Bethlehem
Type Album
Date de parution 09 Septembre 2006
Style MusicalBlack Death
Membres possèdant cet album137

Tracklist

Re-Issue in 2015 by Debemur Morti Productions with a different cover.
1. Invocation 02:11
2. Angel of Sodomy 02:58
3. Lord of the Void 05:06
4. Dawn of the Black Light 04:56
5. Luciferian Darkness 02:59
6. Desecration 04:34
7. Black Crusade 03:31
8. Whore of Bethlehem 04:10
9. Grand Marshall of the Black Tower 02:57
10. Hammer of Satan 02:15
Total playing time 35:37

Chronique @ ArchEvil

21 Octobre 2008
Avant d'entamer quoi que ce soit, il faut bien mettre en avant un constat étrange : Archgoat n'a pas foutu grand chose depuis sa création. Depuis son apparition au grand jour via leur premier EP Angelcunt sorti en 1993, le groupe nous proposa diverses oeuvres séparées par de longues périodes de silence radio, parmi elles aucun full-lenght à se mettre sous la dent. En gros, ces finlandais mal léchés ne risquaient pas le surmenage. Toujours est-il que, malgré en état de semi-hibernation, Archgoat vivait bel et bien ; son statut culte de l'époque lorgnant vers l'école des pionniers de la deuxième vague aura beaucoup aidé.
Il aura finalement fallu attendre 2006 pour qu'ils se décident à pondre leur premier full-lenght, j'ai nommé : Whore of Bethlehem. 17 ans après la formation du combo, quelqu'un de tenté pour appeler le Guiness Book ?

La Finlande régnait surtout grâce à une poignée d'artiste à l'empreinte mélodique prononcée, sentant bon le givre et le grand cornu. Behexen, Horna, Satanic Warmaster, des noms qui auront survolé les frontières de leur terre natale pour s'inscrire au panthéon de la scène underground internationale. Pour un fan chérissant cette tranche de protagonistes, Whore of Bethlehem passerait pour un fameux ovni, aussi éloigné de derniers que du culte national Beherit.
En définitive, ce disque semble tirer ses racines principale dans le jus du black death lourdingue jusqu'au boutisme. La paille enfoncée bien loin, on se rapproche sensiblement de la clique War Metal, Blasphemy aurait sans doute apporté de l'eau au moulin. Cette première approche justifie une bonne partie de l'adjectif devenu omniprésent tout le long de ce disque : Ecrasant.

Le Liopleurodon est un reptile marin carnivore vivant vers le milieu du Jurassique avoisinant les 15 mètres de longs et aux mâchoires des plus terrifiantes. Whore of Bethlehem est son cousin le plus proche. En langage familier ça donne : Une putain d'énorme bestiole cadavérique et sanguinaire dont la principale activité se résume à bouffer chaque imprudent à sa portée.
Mais cessons les figures de style et penchons nous sur la créature. Dehors les mutants en plastique typique au navets de séries B ( et Belzébuth sait ô combien parasitent la scène... ), Whore of Bethlehem pue l'authenticité à mille bornes. Chiche? Allez, chiche ! Appuyons sur play...

Tout d'abord une introduction de deux bonnes minutes. Le rideau s'ouvre sur un message subliminal grogné, en arrière plan les basses fréquences d'un baryton et le tonnerre. Le soufre et la puanteur des catacombes apparaît en deuxième partie d'intro, un paysage mortifère des plus sympathiques apparaît d'un coup, une cloche sinistre ponctue ce mugissement lugubre venu d'on ne sait où... le ciel a prit une texture rougeâtre, le panorama en est devenu opaque, une obscurité insondable rend toute progression hésitante. C'est à ce moment qu'elle choisit d'apparaître. Qui elle? ... La putain de Bethlehem. Ses yeux diaboliques auront tôt fait de stopper les glands dressés face à ce corps pulpeux. Il lui suffira de prononcer cette petite phrase : "Bienvenue en enfer."

Angel of Sodomy. Et c'est l'explosion. Les gigantesques mâchoires du monstre se sont ouvertes dès ce premier riff acéré comme un rasoir, la basse se met à son tour à vrombir dans ses profondeurs abyssales et dès que le blast beat explose sans concessions, la terre se soulève, une horde de créatures épouvantables se jettent sur vous. Le rouleau compresseur est lancé et on sait qu'on ne pourra pas y échapper. Ce disque regorge d'une panoplie d'atouts indispensables au plantage du décor :
En premier lieu, cette production qualifiable en un seul mot : Imposante. Elle est le mariage modèle entre l'agressivité des guitares crues et aiguisées avec acharnement et la profondeur caverneuse, essentiellement dessinée par une basse rugissante tel un fauve. La batterie elle aussi s'y mêle efficacement, grosse caisse lourde et piétinante, caisse claire mate et ces cymbales cinglantes, surtout la ride résonnant à la manière d'un cliquètement aliéné. Pour couronner le tout, un growl funeste et patibulaire laissé un tant soit peu en arrière plan histoire de mieux se fondre au milieu du chaos, là comme un souffle mortel et lointain.
Sur ses structures, Archgoat ne s'encombre pas d'un riffing bourré de variations, on parle d'un black metal sous sa forme la plus basique. Mais à quoi bon se taper un répertoire luxuriant lorsque ce minimalisme en devient redoutable ? Le message est clair : Ca sent la mort, ça goûte le cadavre roussi, le monolithisme omniprésent ne sert qu'à oppresser continuellement.
En ce qui concerne les compositions, les riffs sont tous de bonne facture, anti-mélodiques et grimacants. De temps en temps, l'un d'entre eux résonne harmoniquement comme une invocation dans toute sa pureté. Le quatrième couplet de Angel of Sodomy, trois accords infernaux mémorables. Pareil pour Lord of the Void, un riff contemplatif suivit de son mid tempo pernicieux ou un Desecration, petite orgie de rebondissements assassins. Cette batterie suffisamment aventureuse pour poser un ou deux breaks quand il faut, évolue entre blasts beats tantôt corpulents et mécaniques, tantôt furibond. Ses mid tempos sont une vraie machine à crâne. Le batteur utilise aussi à bon escient certaines rythmique cassantes telles celles de Hammer of Satan et inscrit même une petite touche groovy sur le titre éponyme, à l'image de cette chaudasse en train de nous sauter avidement. Certaines intrusions comme de légères touche de claviers ambiants ou encore cette cloche cafardeuse reviennent creuser davantage les pesants ralentissements de Dawn of the Black Light, Luciferian Darkness ou Black Crusade, un effet somme toute non négligeable. Au final, chaque piste dispose de son petit élément. On regrettera peut être le manque d'une conclusion marquant l'apogée de l'apocalypse présente ici bas, mais le volume de crasse et de lave en fusion est tel qu'il suffira juste de réappuyer sur play pour que les frissons gardent leur intensité.

Alors peu importe le temps passé à glandouiller au final, il en vaudrait même la peine. Whore of Bethlehem s'inscrit parmi les plus impressionnantes invocations à Satan de ces dernières années, aussi prompt à vous faire basculer frénétiquement le crâne qu'à vous enfoncer six cent soixante-six pieds sous terre à grand coups de bélier. Et cette créature noire arpente les rues en secrets. Si elle sonne à votre porte, à vous de choisir. Dans la cas où vous ouvrirez, il y a de fortes chances qu'elles vous traîne sur le gravas avant de vous honorer sauvagement. Un bon conseil : Laissez la faire. Elle vous emmènera loin au pays des rêves les plus horribles... et les plus fantasmagoriques.

9 Commentaires

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Thorgir - 22 Octobre 2008: Je vais devoir trouver cet album moi, ou l'emprunter, il doit vraiment en valoir le coup, celui-là.

En tout cas, putain de chronique, comme d'habitude, mais pourquoi un Liopleurodon ?

ArchEvil - 22 Octobre 2008: Je te le graverais pour la prochaine fois. Puis au cas ou, tu pourras peut être le trouver chez painkiller vu qu'il est assez récent.

Pour le Liopleurodon, c'est rien que pour la taille de mâchoires et la sensation que cet album de bouffe morceau par morceau.

ArchEvil - 21 Mars 2009: Ravi qu'il te plaise
bojart - 22 Novembre 2011: La première fois que j'ai écouté Archgoat, j'ai compris que j'avais affaire à un mastodon de la scene black.



Dissonant, inharmonique, inhospitalier, cette oeuvre vous engouffre dans un abyssal royaume de bestialité monstrueuse.



Arkhon Infaustus sonne comme une berceuse à côté.



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Chronique @ Angelfukker

20 Août 2009
Dès les premières secondes cet album s’impose tel un condensé de haine blasphématoire et se révèle très old school, dans la pure veine de ce que le groupe aurait pu composer il y a une quinzaine d’années.

Après une introduction d’une ambiance hautement malsaine qui n’est pas sans rappeler le feeling présent sur les premiers albums de Beherit (quoi de plus logique ? Les deux formations étant de même nationalité et de même époque), les titres s’enchaînent sans interruption sur cet opus si bien que les morceaux suivants s’enchainent et se suivent à une vitesse folle, nous plongeant dans un univers chaotique, blasphématoire et bestial avec des textes très évocateurs, agressifs et sans compromis !

Archgoat n’a pas vieilli d’un pouce et sa musique non plus, nous envoyant en pleine face une musique extrêmement violente, bestiale et très sombre, avec des compositions simples mais efficaces dans la pure continuité de la scène War Black bestiale « traditionnelle », grandement influencées par des groupes tels que Beherit, Blasphemy, Proclamation ou encore Von

A l’inverse de la plupart des groupes de Black Metal plus « traditionnels » issus de la scène scandinave et plus précisément finlandaise, la voix, extrêmement grave et gutturale, se rapproche plus d’un registre Death Metal que Black et renforce la noirceur ambiante pour nous offrir un album de War Black Metal de grande qualité, aux compositions soignées, et où la rapidité et la violence, dignes d’une mitrailleuse de très gros calibre, s’efface parfois d’un seul pour laisser la place à des passages mid-tempo extrêmement puissants, lourds et hypnotisants.
Ces parties lentes et ambiantes laissent retomber la pression sur nos oreilles agressées de toutes parts et nous offrent un léger répit avant de repartir de plus belle en donnant comme une impression de seconde déflagration pour l’auditeur.

Cet album est un véritable monstre digne de figurer au panthéon de la scène extrême…
A noter également les illustrations de cet opus, nées du coup de crayon expert de Chris Moyen dont la renommée n’est plus à démontrer depuis bien longtemps…

Maintenant, si vous êtes amateur de Metal hautement extrême et que vous ne possédez pas encore cet album, aucune excuse ne vous est laissée pour ne pas vous le procurer au plus vite !

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Commentaire @ GOLLUM

10 Mai 2009
ARCHGOAT n'est pas un petit nouveau sur la scène BM. Le trio officie depuis plus de treize ans, et cependant, avec une discographie limitée à trois albums et un split (plus peut-être une ou deux démos), le groupe reste peu connu.

Il offre à nos oreilles un son presque true black qui lorgne avec une efficacité remarquable vers le black death. En effet, la marque de fabrique du groupe est sans conteste la "voix" du vocaliste, qui est d'un sombre très épais, ressemblant à un grondement de zombie, et que ne renierait pas un certain Will Rahmer (le grogneur de Mortician).

Les guitares sont elles aussi du plus terrible effet, très métalliques, tranchantes, et ne laissent pas le temps de souffler. C'est de l'attaque directe, sans concession.

"Whore..." est le dernier opus d'ARCHGOAT. Il est très bon. Pour qui connaît le groupe, le son est simplement un peu moins underground que dans le split fait en 1993 avec BEHERIT. Mais la violence est ausi grande, martelée. Le combo freine d'un cheveu, mais les passages mid-tempo font penser à une volée de roustes à chaque lancée de grattes ! Les instruments sont tous bien traduits et les musiciens jouent comme s'ils se préparaient à faire le concert de l'année : avec force et conviction. La dizaine de morceaux donnés sur cette sinistre galette joliment sérigraphiée sont un poil répétitifs, mais se complètent sans qu'un morceau ne vienne écraser les autres. C'est homogène.

Le mixage et les finitions du son sont excellentes pour un combo qui n'a pas encore pignon sur rue dans le milieu.

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore (malheureux que vous êtes, béotiens !), ARCHGOAT est un groupe pas si facile à cataloguer. Les guitares sont trop sombres pour être du black dans le style Darkthrone. On en est loin. Ils ont leur son propre. Quant à la voix, c'est effroyable, je vous dis ! C'est une voix death style SKINLESS, MORTICIAN, un peu NORTT aussi. Rien à voir avec les canons habituels du true black.

Alors, si vous aimez le vrai bon black death bien fait et ravageur, bien black, sans fioritures ni mièvrerie, bien sombre et purulent, faites l'acquisition de ce "Whore of Bethlehem", et de tout ce qu'a réalisé ARCHGOAT. Cela en vaut le coup.

Pour amateur des groupes précédemment cités, cet opus est très chaudement conseillé par votre serviteur !!

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