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| CD, date de parution : 2002 - Cold Meat Industry |

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1. My Cold Sea
2. Lovelorn
3. Icons
4. We Rise Above
5. Innocent Child
6. Song Of The Dead Sun
7. Season Of Thought
8. Closure |
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| Chronique |
 18 / 20 |
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Cet album a été décrit dans une chronique précédente, avec les émotions ressenties par ce chroniqueur. Mais il me tient à coeur de le chroniquer depuis un bon moment, et je ne vais pas abandonner.
Inner a pale sun est donc le 4ème album d'Arcana, groupe mené par Peter Pettersson (qui se mariera plus tard avec Ia Bjärgö, ce qui explique son changement de nom), un membre éminent dans le domaine de la musique ambiante, puisqu'il officie également dans Sophia, épaulé par Stefan Eriksson dans la programmation et Ann-Mari Thim au chant.
Sur cet album, les influences de Dead Can Dance sont bien présente, en particulier la chanson mythique Summoning of the muse.
Cela dit, je trouve que l'ambiance émanant de ce chef d'oeuvre n'est pas la même, elle est plus "forêstière", j'entends pas là qu'elle s'accorde parfaitement bien avec la pochette : une vieille forêt, plutôt dense, mystérieuse, presque inquiétante, avec une pâle lueur au fond...
Et là, le moment est venu de s'interesser à la musique en elle même. Je précise dès maintenant que je vais faire parler mon imagination, mon ressenti profond...
Quand j'écoute ce disque, je vois quelque chose qui est en même temps mélancolique, magnifique, sombre...
Pour étayer mes propos, voici ce que je pourrais utiliser : dans Le Seigneur des Anneaux 2 (le film), Elrond dit à sa fille Arwen (qui est une elfe immortelle, amoureuse d'Aragorn, un mortel) que si elle reste avec ce dernier, elle goûtera à l'amertume de la mort. En voici les termes : "Que ce soit par les dégâts du temps ou par l'épée, Aragorn mourra, et rien ne pourra te réconforter, rien ne pourra soulager la douleur de son trépas. Il en viendra à mourir, une image de la splendeur des hommes dans une gloire non ternie avant la destruction du monde. Mais toi, ma fille, tu erreras sans fin, dans les ténèbres et le doute, comme la nuit d' hiver qui tombe sans bruit. Ici tu demeureras, prisonnière de ta douleur, sous les arbres qui dépérissent, jusqu'à ce que le monde ai changé et que les longues années de ta vie se soient écoulées totalement"
Et on voit une projection de cette possibilité de triste avenir : Arwen marche parmi les arbres, voilée, condamnée à errer jusqu'à la fin des temps, elle a perdu l'homme qu'elle aime, et elle est si belle, toujours aussi jeune en apparence.... Et pourtant, presque aussi vieille que le monde, dans cette forêt qui ne l'est pas moins, comme un témoin éternel, détachée du monde et pourtant condamnée à y rester, seule avec sa tristesse et sa mélancolie... Et si belle....Et si belle...
La musique d'Arcana semble émaner de cette scéne, avec tout ce que ça implique...
Et c'est particulièrement vrai sur ce que je considère comme le meilleur titre de l'album : Season of Thought, qui est la parfaite incarnation musicale de ce que je viens de décrire... Mélancolique et triste presque à en pleurer (cette idée d'une personne errante dans une très vieille forêt, condamnée à voir le monde évoluer jusqu'à la fin des temps), et Magnifique.
J'insiste particuliérement sur ce titre, car il n'a pas été mentionné dans l'autre chronique, et qu'il est selon moi le meilleur titre de l'album.
Mais si j'ai des titres favoris, ça ne signifie pas que les autres sont moins bons... Ils ont tous leur dose niveau émotion. Un fait particulier d'ailleurs, c'est que je trouve que la musique de cet album est en même temps contemplative et ressentie, comme venant des tréfonds de mon âme. (je parle pour moi, car c'est MON ressenti, chacun ressent à sa façon, même si je pense qu'il y a des lignes principales)
Que ce soit My Cold Sea, qui débute avec cette nappe de cordes, et cet instrument dont le son ressemble à un mix entre un hautbois et une clarinette (c'est une corne soprano parait-il... Toujours est-il que cet instrument en lui même sonne mélancolique), puis ce rythme, comme une marche inexorable vers je ne sais où.... Je vais d'ailleurs encore faire un parallèle avec Le Seigneur des Anneaux (désolé pour les anti-Tolkien, mais c'est MA chronique, j'écris ce que JE veux. Si j'ai envie d'écrire "mort au syndicat des endives cuites", je le dis!! D'ailleurs, mort au syndicat des endives cuites!! Voilà, ça c'est fait) : je pourrais comparer ce titre à la marche des ents (des hommes-arbres, vieux comme le monde et gardiens des forêts) sur l'Isengard. Comme ils disent, il est probable qu'ils courent à leur perte... Et pourtant, ils y vont, d'un pas décidé, inexorable, quelle que soit la fin...
Que ce soit Lovelorn, titre nettement plus posé (j'imagine un homme au milieu d'une petite clairière, toujours dans la forêt ancienne que l'on voit sur la pochette, en train de se lamenter sur son amour perdu, ou irréalisable...), au chant masculin de toute beauté...
Que ce soit Icons, ce titre grandiose, qui commence avec du grattage de dulcimer (ben quoi? Il à le droit de se faire gratter au même titre qu'une guitare ou que tout instrument à cordes grattées. Ma façon de le dire est merdique, je vous l'accorde...), accompagné d'un choeur masculin, d'une cloche redondante, formant un tout d'une beauté éclatante...
Que ce soit We Rise Above, avec son Dulcimer (un instrument qui à le même genre de son que la cithare), qui est en premier plan, avec une mélodie qui revient sans arrêt, mais qui pourtant ne m'agace pas, car la mélodie des autres intruments l'accompagnant évolue, ce choeur masculin toujours aussi beau...
Que ce soit Innocent Child et ce piano, ces cordes bien présentes, et jouant une mélodie d'une mélancolie et d'une beauté rare (qui n'a d'égal que l'album en lui même)...
Que ce soit Song of the Dead Sun, titre assez sombre, qui monte lentement en puissance, et qui finit en beauté...
Que ce soit enfin Closure, qui cloture (ah ah ah!) l'album sur des arpèges de piano montants, avec un choeur féminin qui accompagne, bientôt rejoint par un choeur masculin, qui monte en densité, avant de s'atténuer, jusqu'à disparaître totalement, comme une longue vie qui se termine, dans la tristesse et la beauté...
Sans oublier evidemment LE titre Season of Thought, sa harpe, sa corne soprano qui me colle des frissons, ses choeurs somptueux, les murmures lors de l'acalmie, qui laisse place à des nappes de cordes mélancoliques d'une beauté admirable...
Bref, quel que soit le titre écouté, le lot d'émotions, de mélancolie, et de beauté est bien présent.
Rien n'est à jeter.
Autrement, vous remarquerez que j'ai répété bon nombre de fois les termes "beauté, mélancolique, magnifique". Certains pourront le reprocher, quand à la forme de ma chronique, qui pourrait laisser à désirer, et même faire pâle figure à côté des oeuvres de certains cadors du genre... Je leur suggére alors d'écouter cet album, et ils comprendront le pourquoi de la répétitions de ces trois termes.
Un album hors du temps, et pourtant dans le temps.... Un album magique...
Magnifique, Mélancolique, Triste, Sombre, Beau, Magnifique encore....
Voilà ce que j'ai à dire sur ce chef d'oeuvre.
Titre préféré : puisqu'il faut choisir : Season of Thought.
18/20
11 Commentaires |
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| Chronique |
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"Le pâle soleil de l'intérieur".Un nom énigmatique, profond, tel "Dark Age of Reason" ou "Lizabeth"...qui amène à la réflexion, à l'évasion en nous-mêmes.Voici donc un nouvel magnifique opus de plus pour Arcana.Sorti en 2002, c'est avec cet album que j'ai connu nos excellents suédois et depuis, je reste toujours un trés grand fan de ce qu'ils font.Leur musique profonde, tantôt cémétériale (avec "The Last Embrace") ou philosophique (avec "Dark Age of Reason" ou "Cantar De Procella") voire médiévale ("Lizabeth" et "Isabel") est un véritable délice à entendre encore et encore.Ici, nous sommes au confluent du dark folk à la October Falls et de la darkwave à la Autumn Tears...tout un programme.Explorons l'album.
Un bruit de cello s'élève, tel l'aube sur une mer d'argent.Il est rejoint par un violon sublime: c'est un nouvelle ère qui débute.Des instruments médiévaux et un choeur trés typique se dressent alors dans cette symphonie grandiose (c'est bien le seul mot qui conviendrait!) qui se prolonge alors que nous voguons sur les océans, on ne sait où, vers les cieux, les étoiles...quelle parfaite entrée que "My Cold Sea".Une fois que dans un dernier élan les instruments s'arrêtent, la tonalité change.
"Lovelorn" ("en manque d'amour" ou "amour perdu") nous prend; avec ses notes de piano aigues sur un fond de violon, l'atmosphère se fait inquiétante et lourde.Le violoncelle arrive, rejoint par la voix masculine religieuse, et l'on comprend que l'on assiste ici au désespoir d'une âme en peine...où la passion s'est écroulée, où toute raison de vivre s'est éteinte.Le soleil luit encore,mais pour combien de temps?
"Icons", qui suit, pourrait représenter la folie de l'adoration.Une cithare solitaire introduit le morceau, dont les bruits résonnent, les choeurs prennent le relais et laissent alors une véritable réflexion s'engager:Devais-je aimer?Pourquoi?Les instruments médiévaux s'allient parfaitement aux sons de cloche lointains pour exprimer toute la fatalité du désir.
"We rise above" change à nouveau cette atmosphère si unique, des notes de piano vives mais longues expriment tout le titre: l'élévation spirituelle...au-dessus des amours inachevés et perdus.La voix masculine intervient de même manière que dans les deux précédentes; toujours aussi excellente.
"Innocent Child" est une de mes préférées chez Arcana: le cello est discret, le piano presque absent, et pourtant des images sépia d'un enfant heureux, qui jouait seul, défilent devant nos yeux.Le souvenir, doux et blessant de l'être perdu, revient alors en nous, tel une plaie éternelle de notre esprit.
"Song of the Dead Sun" annonce alors la fin: la souffrance lasse de l'être a soufflé sur la flamme de sa vie...son soleil.En effet, ce n'est pas ici des peintures spirituelles banales que nous peint Arcana...mais bien l'esprit:toute son immensité calme ("My Cold Sea"), les brulûres de la passion ("Lovelorn"), la folie teintée de rêves ("Icons"), l'innateignable élévation ("We rise above")et le souvenir perdu ("Innocent Child").Le divin violon de cette avant-dernière piste est extrêmement sombre, et nous replonge dans une atmosphère plus noire que Lovelorn...à la Elend presque.
Le piano de "Closure" termine le mieux du monde l'opus arcanique, allié au choeur (qui chante mieux que jamais), il nous laisse rêver une dernière fois.
Les paroles sont donc vraiment bonnes, il n'y a rien à dire.Et cette pochette (un plaisir comme toujours) qui nous présente cette forêt où une lumière luit faiblement au loin...je pense que vous aurez tous compris comment l'interpréter.
Excellent album donc qu'"Inner Pale Sun", en effet Arcana signe encore ici une véritable réussite pour le plus grand plaisir de tous.Espérons que les suivants seront tout aussi bons!
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