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Liste des groupes Heavy Metal Anvil Still Going Strong
CD, date de parution : 2002 - Massacre Records

NOTE : 14/20
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Tracklist
1. Race Against Time
2. In Hell
3. Holy Wood
4. Still Going Strong
5. Don't Ask Me
6. Waiting
7. White Rhino
8. What I'm About
9. Sativa
10. Defiant

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10 avis 1 14/20
Chronique
13 / 20
    AlonewithL, Lundi 21 Janvier 2013 parlez-en à vos amis  
Atlas implore et rage de ne pas être plus fort.

C’est le creux du creux pour les canadiens d’« Anvil ». Malgré un « Plenty of Power » très satisfaisant, personne ne se presse plus pour les voir. Cette riche carrière part en lambeaux de manière injuste et incompréhensible. Le groupe a beau se montrer aussi spectaculaire en live qu’en disque, rien n’y fait. C’est une malédiction qui semble s’être abattue. La bande de Lips décide aussitôt après son « Plenty of Power » d’enchaîner avec un nouvel album, comme une tentative de rompre le maléfice. Pour cela, ils sont aidés à la production par Pierre Rémillard, très sollicité en ce début des années 2000. Il faut dire que cet ex-guitariste du groupe canadien « Obliveon », s’est fait connaître pour avoir travaillé pour le compte de grandes formations de death tels « Cryptopsy », « Gorguts », « Quo Vadis ». La pochette de ce onzième ouvrage passé sur l’enclume est un mix de celles de « Ride the Lightning » de « Metallica » et de « 5150 » de « Van Halen ». Il ne connaîtra néanmoins pas la consécration de ces prestigieux opus. Ce titan du heavy metal est en train de faillir sous sa lourde charge. C’est encore l’énergie du désespoir qui l’anime. Atlas implore et rage de ne pas être plus fort.

Vous l’aurez compris les choses ne vont pas bien chez « Anvil ». Nous ne serons donc pas étonnés de la lourdeur, de l’atmosphère orageuse du titre d’ouverture « Race Against Time ». C’est un « Anvil » particulièrement tranchant et agressif que l’on y rencontre. Sur tension, nerveux, accélérant frénétiquement le rythme sur la fin de piste comme pour déverser une rage difficilement contrôlée. Ils auront de nouveau l’occasion de lâcher leur violence sur un étouffant « Waiting ». Il faut que ça déménage, que ça rentre coûte que coûte, faisant fi d’éventuelles résistances. C’est simple, brut et direct. Toutefois on juge le titre solide qu’en apparence seulement. Celui-ci use beaucoup de répétitions et se révèle fragile à la longue. Ce serait d’ailleurs le même constat sur « Defiant ». Le heavy metal traditionnel joué souffre des défauts habituellement reprochés à ce style. En premier lieu la redondance rythmique, mais aussi un manque flagrant d’originalité. Si bien que ce dernier morceau passera très vite à la trappe de l’auditeur averti.

Il est curieux en revanche d’assister à un véritable contrepied sur le lent et écrasant « In Hell ». La musique n’est plus cette fois conventionnelle mais infernale, dans la lignée d’un « Mercyful Fate » ou d’un « King Diamond ». D’autant que la voix de Lips serait ici quasi fantomatique, ajoutant encore plus au rapprochement avec l’univers horrifique des groupes du « King » danois. Mais qu’en est-il du « Anvil » décalé, démonstratif et généreux ? Il serait difficile à trouver, pourtant ce n’est pas une nouveauté. On sait pertinemment que le groupe n’a cessé les expérimentations hasardeuses depuis son moyen « Worth the Weight » de 1992. Les canadiens cherchent une issue de secours. Ils ne la trouveront pas sur « Holy Wood », nonchalant et à l’esprit hard rock, qui nous fait renouer avec l’« Anvil » délirant d’autrefois. Cependant musicalement la manœuvre est très limitée. Le développement par à-coups et l’absence de débordement finira très vite par nous lasser. Par contre, il sera compliqué d’être indifférent à l’éponyme « Still Going Strong » qui s’inscrit dans le pur et authentique « Anvil ». Celui qu’on aime. Celui qui s’égare dans des soli ambitieux et nous fait perdre la tête. Un beau bordel.

L’« Anvil » qu’on aime, qui trépigne, qui s’agite, continue sa résistance sur l’instrumental « White Rhino ». Ce sera l’occasion pour Robb Reiner de s’illustrer sur un long drum solo. Technique et assurance sont au rendez-vous. Ces deux éléments figureront aussi sur le virevoltant et priestien « Sativa ». La cadence et les horizons sont cependant tout autre sur « Don’t Ask Me ». Effectivement les riffs patauds et rugissants nous font découvrir une musique associée au pays de la bannière étoilée. On friserait parfois le stoner dans l’exercice. La rythmique est hachée, mais se révèle entrainante. Le lien avec les Etats-Unis d’Amérique n’est plus à vérifier à l’écoute de l’entame acoustique « Vieux sud » de « What I’m About ». Même la suite s’inscrit dans l’allégeance à Uncle Sam. Ils la font derechef dans le registre stoner. Mais gare aux surprises et aux éboulements qui pourraient se produire en chemin. Il y a quelques sorties déchainées qui pourront vous surprendre, plus en tout cas que le chant dramatique du Père Lips. L’adresse vocale n’équivaut pas l’adresse guitaristique. L’homme est dépassé par son instrument.

Comme le titan Atlas, condamné à l’éternité à soutenir le ciel, « Anvil » supporte un destin sombre et sans débouché. Ils ont beau continuer et toujours recommencer année après année, le résultat est le même. Pas de public, un disque passé inaperçu. Même si « Still Going Strong » est à des encablures de ce que les canadiens ont pu fournir de meilleur, il n’en reste pas moins un album tout à fait correct avec son petit lot de titres sympathiques et énergiques. La fin de carrière semble promise dans ce début des années 2000. Mais c’est méconnaître la bande à Lips. Ceux-ci sont prêts à affronter leur destin dans une lutte à mort. Souvenez-vous qu’Atlas n’a jamais failli à sa tâche, sous peine d’écrasement. Si « Anvil » s’écroule, promis, le ciel nous tombera sur la tête.

13/20




9 Commentaires
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