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Liste des groupes Heavy Metal Anvil Plenty of Power
CD, date de parution : 03 Avril 2001 - Massacre Records
Style: Heavy Metal

NOTE SOM : 16/20
Toutes les notes : 15/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Plenty of Power
2. Groove Science
3. Ball of Fire
4. The Creep
5. Computer Drone
6. Beat the Law
7. Pro Wrestling
8. Siren of the Sea
9. Disgruntled
10. Real Metal

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11 avis 1 15/20
Chronique
15 / 20
    AlonewithL, Dimanche 22 Avril 2012 parlez-en à vos amis  
Ils auront sorti les engins de chantier pour un bon défrichement de terrain.

« Anvil » parvient courageusement à passer le cap des années 2000. Sa situation n’aurait guère évolué depuis une décennie. En perte totale de reconnaissance et bientôt en grande difficulté financière la bande à Lips s‘enfonce, mais ne s’avoue pas vaincu. Ils s’acharnent encore et toujours et projettent un 10ème album deux ans après « Speed of Sound », peu après la sortie d’une compilation « Anthology of Anvil » sensée couronner une carrière désormais passée dans l’ignorance et le dédain. Cette fois, ils auront sorti les engins de chantier pour un bon défrichement de terrain. La pochette ne passera pas en revanche à la postérité. Peu attrayante, mesquine. Contraignant l’acheteur et le curieux à se détourner d’un album émérite monté sur chenilles. Encore de gros travaux coûteux en perspective.

L’opus démarre au premier tour de clef sur l’éponyme « Plenty of Power », bénéficiant d’un riffing costaud et solide. « Anvil » se retrancherait dans un heavy metal commun, mais non moins abouti. Le titre offre ainsi son mordant, sa puissance indéboulonnable, bâti pour effectuer le gros œuvre. Dans cette manœuvre lourde et colossale, on ne saurait trop vous conseiller « Pro Wrestling », témoignant lui aussi de sa robustesse. Par contre sa rythmique saccadée et son chant quasi-phrasé pourrait en perturber plus d’un. On le retiendra plus pour son caractère imposant et martial. « Beat the Law » se montre lui aussi bien carrossé, bien que simpliste. Il ressortirait une touche rock n’ roll donnant envie. Le bon et brave Robb Reiner nous y émoustille de son feu nourri de batterie.

Nos bâtisseurs canadiens se seraient finalement décidés par tremper leur heavy metal dans une solution à coloration groovy. On le jugerait ainsi en suivant certains titres, comme le très évocateur « Groove Science ». Celui-ci est à la fois palpitant et fignolé, ne partant étonnement pas en vrille comme on aurait pu le présumer à son intensité. « Ball of Fire » se révèlerait plus souple en comparaison, ne partant nullement dans les excentricités communes à la formation. C’est ce qui manquerait en fait dans cet album. Du coup cela en devient assez banal parfois, mais « Anvil » n’aurait jamais joué aussi proprement. En effet, les compositions sont au carré, pas un poil ne dépasse. La production frôlerait l‘excellence, dégageant parfaitement le jeu de l’ensemble des instruments. Dont la basse de Glenn extrêmement à son aise sur un « The Creep » alléchant par ses airs groovy, limite jazzy. L’enclume bienfaitrice se met à swinguer pour notre plus grande joie.

Niveau ambiance, on serait loin de l’implacable et rigide « Disgruntled ». Celui là délivrerait enfin les solis dantesques qui nous espérions. Sa froideur apparente aurait tendance à s’imprégner sur quelques autres morceaux, rendant à ce disque un aspect clair-obscur peu présent sur « Speed of Sound », mais généralement marquant chez les autres œuvres Anviliennes des années 90. Dans cette série noire, on comptera l’inquiétant « Computer Drone », misant pleinement sur l’anxiété. Il est particulièrement difficile d’en parcourir ses dédalles sombres. Avec un peu d’imagination ces étroits couloirs se confondraient avec ceux empruntés sur « Computer God » de « Black Sabbath ». L’évolution technologique aura de manière persistante alimenté les pires fantasmes. Ceux de Lips en tout cas ne sont pas là pour nous rassurer. Il jouerait ici le rôle de la mauvaise conscience venue nous souffler ses odieux désirs dans nos oreilles. Notre singe batteur possédé n’est pas mal non plus, faisant rouler ses fûts dans une perfection que l’on croirait démoniaque.

Ces quelques compositions heavy doom deviendraient une tradition chez « Anvil ». C’est habituellement en toute fin que l’on voit placer un définitif extrait de ce genre d’exercice. Sauf qu’ici, « Real Metal » ne s’y conformerait pas entièrement. Il y a bien son entame et quelques passages qui entrent dans l’allégeance au doom, dans un style similaire à « Candlemass ». Mais nos canadiens ne sont pas des bêtes que l’on enchaîne si facilement. Cela partirait bien souvent dans une folie furieuse à penchant thrashy, révélant la musique énervée que l’on pouvait entendre déjà sur un « Plugged in Permanent » consistant, fascinant. La surprise effrayante viendrait davantage d’un morceau comme le funèbre et mouvementé « Siren of the Sea », beaucoup plus dérangé et s’acoquinant à du « Mercyful Fate », que ce soit pour sa musique ou son chant d‘ailleurs. Et oui! Incroyable de s’imaginer Lips imiter King Diamond, pourtant il semblerait se prêter à ce fantastique effort.

Les coups de godet n’y changeront rien, « Anvil » poursuit son dur périple, malgré des œuvres de première qualité à l’instar de ce « Plenty of Power » polyvalent, plein de ressources. L’œuvre serait peut-être dépourvue de grand titre phare, mais à aucun moment il ne créera l’ennui ou le dégoût. Tout y est parfaitement articulé, mêlant les ambiances, les styles, dans une complète fraicheur assez inédite au groupe. Ce disque pourrait vous broyer comme le ferait un tractopelle vous passant dessus. C’est une certitude, l’absence de succès n’est due qu’à la seule malchance, et aussi au manque de promotion de Massacre Records qui aura décidément fait du tort à un groupe destiné à un avenir plus prometteur. Du gâchis, voila ce que c’est.

15/20




6 Commentaires
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