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| CD paru le 24 Avril 2006 - Listenable Records |

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1. The Awakening
2. I'm Calling
3. God Has a Plan for Us All
4. Suicide on My Mind
5. Deity of Disgust
6. The Addiction
7. Six Feet Under's Not Deep Enough
8. Do You See Me Now
9. Original Sin
10. Hell Hath No Fury Like a Woman Scorned
11. Confide in Me
12. That's What the Wise Lady Said
Bonustrack (Limited Edition)
13. A Child that Walks the Path of a Man |
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| Chronique |
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Angtoria.
Un tout nouveau groupe, et déjà un album très remarqué.
Nouveau ? Pas vraiment, quand on sait que la chanteuse est une ex de Cradle Of Filth, Therion et Mortiis, rien que ça.
Angtoria ne manque pas de nous surprendre par sa présence très encrée dans le symphonique, prouvé par les nombreuses mélodies et arrangements que ce premier album contient. "God Has a Plan for Us All" est un subtil mélange envoûtants de teintes colorées et atmosphériques très appréciées. Le tout enjolivé par la sublime voix de Sarah Jezebel Deva. Une voix que je n'arrive pas à décrire d'ailleurs. Ni trop lyrique ni trop éteinte... bref magnifique. Dans tous les cas, le groupe voulait quelque chose de très orchestral. Il est donc normal que la base de l'album parte de ce point de vu.
D'entrée, l'album nous offre "The Awakening" une intro bien trouvée, enchaînée par le titre "I'm calling", qui aurait pu faire un excellent single. Un titre que l'on retient facilement et qui se chante volontiers. Angtoria impose de suite son style si particulier.
Puis vient le premier single du même nom que l'album "God Has a Plan for Us All", titre qui pourrait résumer à lui seul l'ambiance à la fois sombre et légère de l'album.
C'est ensuite le tour de "Suicide On My Mind", qui change un peu de registre par une intro légère reprise par de bons riffs.
Puis arrive "Deity of Disgust" dans lequel on retrouve des ambiances quelque peu orientales.
"The Addiction" reste calme et régulier après une intro très instrumentale. Sarah pose sa voix sans trop d'effets. Elle laisse juste la place à son timbre si particulier et si doux.
"Six Feet Under" présage une belle envolée avec son intro qui monte et cède la place au chant pour être reprise un peu plus loin avec de bons effets bien trouvés en arrière plan. Un refrain entêtant, une mélodie bien travaillée avec de petites touches de pianos et quelques riffs ça et là. Bien joué.
"Do You See Me Now" inclus une intro et quelques passages (synthétiseur) prouvant que le groupe ne donne pas toujours dans la même constante. Quelques teintes légères qui repartent sur un rythme d'instruments tout en puissance.
"Original Sin" s'impose direct avec son style (entrée des gladiateurs). Puis retombe pour laisser Sarah s'exprimer. Puis l'on découvre une seconde voix, plus sombre, contrastant parfaitement avec celle de Sarah pour donner un final des plus sublime.
"Hell Hath..." est un titre contenant encore une intro magnifique ainsi que des cadences très fortes laissant place au chant pour remonter en perspective d’un refrain toujours aussi bien travaillé.
"Confide In Me" propose, dans la même flambée que les précédents titres, un piano et des orchestrations légères, avec des riffs bien exécutés, mettant en valeur la voix encore plus sublime de cette madame Jezebel Deva, qui décidément fait preuve d'un excellent potentiel tout au long de cet album. On ne s'en lasse pas, avec une fin des plus belle.
Pour finir, "That's What..." annonce un titre calme et enjôleur ; un piano, une voix, quelles effets ça et là. Très agréable. La mélodie domine largement le reste et les guitares ne sont là que pour donner le ton, avec un passage de solo bien joué et reposant.
Je parlerai également de la version Digipack que je possède, avec le titre bonus "A Child... ". Titre merveilleux proposant des mélodies et une orchestration encore une fois très présentes.
Le timbre de voix de Sarah est parfait, doté d'un petit côté synthétique qui crée une réelle osmose avec la musique.
Angtoria promet de belle chose.
Seule ombre au tableau, la jaquette, que je trouve trop fade pour le Digipack et trop glauque pour la version normale.
3 commentaires |
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| Chronique |
 14 / 20 |
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Certains artistes, au sein de la scène Metal Symphonique, pensent que l’audace consiste à ajouter toujours plus d’éléments et d’idées à leur musique. Véritable empilement de strates où la confusion règne, noyant l’émotion principale, initiale et essentielle, dans une cacophonie toujours plus grande d’instruments classiques toujours plus nombreux, d’orchestres philharmoniques toujours plus envahissants, d’arrangements toujours plus magnifiques, pour des œuvres, certes, belles, mais dont l’intention première d’une émotion touchante à la pureté simple, sans détours sinueux, est difficilement perceptible. Ainsi cette surenchère inepte de la part de ces groupes obtus avec leurs intentions sans inspirations profondément nouvelles, et parfois même pas tout à fait complètement les leurs, rend laborieux une quelconque tentative de déceler au milieu de cette immonde fange sans âme, celui ou celle qui saura véritablement se révéler. Cette difficulté consacrera inévitablement certains, et pas nécessairement pour leurs qualités artistiques, à une renommée un peu facile et surtout un peu usurpée, alors que d’autres continueront dans cette quête d’une survie artistique, à être ensevelis indéfiniment et inexorablement sous les affres d’un anonymat certain.
Assurément, Angtoria fait partie de ceux qui, avec une sincérité indéniable, tentent de s’affranchir des carcans étrécis d’un genre qui, comme tant d’autres, est trop étroitement défini, entre autres, par des adeptes, parfois revêches, aux attentes préjugées inaliénables. Indéniablement, ce sont aussi les artistes qui donnent la saveur voulue à leur création, mais cet équilibre incertain, entre les volontés des uns et leurs attentes, et celle des autres et leurs envies créatives, conjugués à certains impératifs inhérents à la scène par laquelle chaque groupe tente de se définir, est parfois contradictoire et surtout, le berceau le plus cruel de dilemme cornélien. Souvent, confrontés à ce choix, les groupes se contentent du confort appréciable de la prise de risque minimum, et malheureusement n’offrent rien d’autre que des albums fades directement inspirés par les inspirations d’autres.
Formé par quelques musiciens efficients de scènes diverses telles que Black Metal, Death Metal, Power Metal, ou encore Progressive, avec notamment une Sarah Jezebel Deva au chant (Cradle Of Filth, Therion ou Mortiis), ou encore un Dave Pybus à la basse (Cradle Of Filth, Anathema) mais aussi Christian et Tommy Rehn aux guitares et claviers (Evergrey, Abyssos), nous étions en droit d’attendre d’une telle confrontation d’influences, forcément, un mélange surprenant.
Dès les premières mesures d’une courte intro, The Awakening, on sent d’avantage une symphonie aux accents tragédiens, composés pour réellement nous conter une histoire bien plus proche d’une réalité épique que de celle classique proposée à l’accoutumée. Mais c’est surtout à l’aide d’un I’m Calling débarrassé de cette apparence solennelle, d’habitude inévitable, qu’Angtoria nous offre l’aisance d’un morceau efficace aux refrains très réussis. Loin de cette emphase grandiloquente et magistralement ennuyeuse qui alourdit nombre des œuvres de ces petits camarades, défendues aux sons de sonates soporifiques d’orchestres symphoniques et soulignant le lyrisme de divas divinement pompeuses, Saraj Jezebel Deva et ses comparses ont su revenir à cette simplicité essentielle et fondamentale. Enchaînant les titres d’un Metal Symphonique enfin limpide, le groupe affirme une personnalité forte et reconnaissable sur des titres aussi aboutis que God Has a Plan for Us All, Six Feet Under's Not Deep Enough, ou encore Do You See Me Now. L’authentique sacre de l’œuvre d’Angtoria est la couronne que constitue Original Sin. Titre épique s’il en est, il nous mène dans les contrées d’un drame héroïque où les voix gutturales de Aaron Stainthorpe (My Dying Bride), et celle plus douce de Sarah Jezebel Deva, s’affrontent dans une apocalypse finale délectable.
Ajoutons que la production est intelligente, et que malgré l’usage de nombreux éléments mélodiques, chaque instrument, et notamment les guitares, occupe parfaitement l’espace qui doit être le sien.
Bien sûr ce God Has a Plan for Us All n’est pas exempt de tout défaut, et on y retrouve ça et là certains passages, certains éléments où l’on reconnaîtra aisément d’autres influences. On peut aussi entendre certains titres moins essentiels, ou tout simplement moins singuliers. Ainsi, citons Confide In Me ou encore Thats What the Wise Lady Said, qui, s'ils sont de jolis moments, ne sont pas forcément indispensables.
Quoiqu’il en soit avec ce disque aux propos plus épiques et moins classiques, avec des orchestrations plus subtiles et moins envahissantes, avec des guitares plus audibles et moins étouffées, avec une volonté d’offrir des morceaux plus essentiels et moins complexes, et avec une chanteuse plus soucieuse d’interprétation et moins de démonstration, Angtoria nous offre d’emblée une alternative pas totalement réussie mais bigrement plus intéressante, là où d’autres se contentent d’un immobilisme sclérosé.
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