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Formé en 1992 à Bergen, Ancient est, au début de sa carrière, un pur produit de black métal 100% norvégien, comptant Aphazel aux guitares, basse et claviers, ainsi que Grimm à la batterie et au chant. Le groupe se fait alors rapidement remarquer, concluant un deal avec Listenable (jeune label à l’époque, distribué par les irréprochables Osmose Productions), qui commercialise leur premier album courant 1994.
Svartalvheim développe une musique à l’essence très pure ; Aphazel y livre des riffs très black, particulièrement tranchants, à l’image du refrain très entraînant de Det Glemte Riket, mais joués avec une approche unique, conférant un caractère très fort à chaque morceau. Quelques nappes de claviers, ou des guitares acoustiques, utilisées avec parcimonie, apportent de surcroit une atmosphère très sombre à l’ensemble, sans toutefois le rendre trop mélodique, mais privilégiant bien au contraire son climat glacial.
L’ambiance lugubre est renforcée par les vocaux de Grimm, au timbre terriblement profond et malsain, mais aussi par la présence de loups, dont on entend les hurlements, notamment sur le terrifiant Eerily Howling Winds. De plus, le groupe alterne intelligemment des moments calmes, à d’autres d’une grande puissance, à l’image des fantastiques The Call Of The Absu Deep ou Paa Evig Vandring, formant au final un album incroyablement intense.
Les paroles, dans la tradition scandinave, alternent langue anglaise et norvégienne, pratique relativement novatrice à l’époque, renforçant ainsi l’identité du groupe, et insufflant ce vent froid venant du nord. Enfin, la pochette dévoilant une très belle photo de Grimm crachant du feu, correspond parfaitement à l’essence même de l’album ; je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi elle a ensuite été remplacée par une photo d’Aphazel, sans profondeur.
Malheureusement, Grimm & Aphazel se séparent par la suite, le guitariste quitte sa Norvège natale pour les États-Unis (allez comprendre ! ), en recrutant des musiciens sur place et, faisant évoluer son black vers des contrées plus mélodiques, mais incontestablement beaucoup moins pures. Svartalvheim, superbe album trop souvent méconnu, représente ainsi une pièce unique dans la discographie du groupe et, plaira à coup sûr à tous les inconditionnels des débuts la scène revival black norvégienne.
Fabien.
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