The Optimist

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Nom du groupe Anathema (UK)
Nom de l'album The Optimist
Type Album
Date de parution 09 Juin 2017
Labels KScope
Style MusicalMetal Atmosphérique
Membres possèdant cet album34

Tracklist

1. 32.63N 117.14W 01:18
2. Leaving It Behind 04:27
3. Endless Ways 05:49
4. The Optimist 05:37
5. San Francisco 04:59
6. Springfield 05:49
7. Ghosts 04:17
8. Can't Let Go 05:00
9. Close Your Eyes 03:39
10. Wildfires 05:40
11. Back to the Start 11:41
Total playing time 58:16

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Anathema (UK)


Chronique @ Just_an_Ellipsis

05 Août 2017

« Close your eyes, sleep tonight and dream on … »

« 36.63n 117.14 ». L’image de la plage de Silver Strand, à San Diego, vu depuis le siège avant d’une voiture. Un homme semble sortir de l’eau, marche péniblement en crachant alors que la mer s’écrase sur le rivage derrière lui. Il a l’air essoufflé. Regagnant sa voiture, allumant le contact en cherchant sa station de radio, le voilà prêt à prend la route. La destination, nous ne pouvons que l’imaginer. Un battement électronique se lance, les paysages défilent et nous nous asseyons sur la banquette arrière.

Pourquoi ces coordonnées et cette plage sont importantes ? En 1999, Anathema sortait « A Fine Day to Exit », repoussant encore plus loin le Doom du début 90. Davantage ancré dans un rock alternatif, immédiat, direct, les anglais traçaient une route pour eux-mêmes, se s’attelant pas à plaire ni à certains fans de la vieille époque ou autres obligations commercialement in-artistique. Et cette plage servait alors de pochette pour ce disque. Les coordonnées de l’introduction nous y ramènent tout droit. Presque 20 ans après, conceptuellement, Anathema termine son histoire avec le parcours d’un nouveau personnage…

Sobrement baptisé « The Optimist », l’histoire suit les traces de cet homme désirant s’échapper de sa vie. Pour quelle raison ? Est-ce important ? Ne vous est-il jamais arrivé de vouloir tout envoyer valser ? Partir sans un mot, sans un geste ? L’optimiste le croyait possible en s’échouant contre vents et marées sur cette grande plage. Après l’avoir essayé il y a plus d’un an sur les routes, Anathema se raconte à travers un disque que l’on sentirait presque autobiographique tant celui-ci transpire de peur, de crainte, de doute, mais surtout d’une émotion palpable, un chemin de la tristesse à la reconstruction. Un noyau émotionnel plaçant cet album dans la lignée de « Distant Satellites ».

Vincent Cavanagh pourrait être fatigué, celui-ci économisant encore davantage sa présence vocale sur l’album. « Leaving It Behinds » place un riff mélodiquement distordus, Vincent se lance, nous faisant ressentir son épuisement, presque un certain abattement. Mais lorsque celui-ci repart dans les hauteurs, le frisson est toujours au rendez-vous. L’intrumentation, usant efficacement des mêmes boucles mélodiques, nous tient enfermée dans un univers démesurément énergique, mais sombre. Dans une veine mélancolique me faisant énormément penser à un Devin Townsend version « Ki », « Can’t Let Go » se veut trainante, mélodique, presque un peu pop, mais pas plus joyeuse pour autant, en témoigne ses accords extrêmement aigus, à l’orée du Post-Rock, ou bien encore les chœurs hypnotisant rythmées aux claquements des mains.

L’album conserve à de nombreux instants une prépondérance à l’ouverture piano-voix et augmente drastiquement la présence de Lee Douglas. « Endless Ways » semble très posé. Le piano est lent, mélancolique. La voix tremblante de Lee fait merveille. La musique se développe par subtile touche, jusqu’à son réel départ, les nappes atmosphériques visent toujours juste, l’apport électronique, plus présent et Post-Rock comme jamais donne une intensité incroyable à l’ensemble. « The Optimist -titre donne globalement dans le même état d’esprit d’abord mélancolique avec la voix délicate de Vincent développant encore progressivement son rythme en lançant une de ces boucles mélodiques dont le groupe a le secret. Ensemble, plus lumineux que jamais dans l’obscurité. Mais dans le minimalisme, Lee fait toujours des merveilles sur la triste « Close Your Eyes », piano et violoncelle, jusqu’à donner même un petit aspect jazz relativement inédit pour le groupe par l’apport de subtils cuivres.

Dans la voiture, les décors défilent. Où va cet homme ? A-t-il atteint son but ? Nous passons par « San Francisco », les répétitions de rythme, de piano, de boucle électronique, le corps extrêmement psychédélique est déroutant, les décors d’une ville plongée dans le cœur de la nuit semblent défiler à vive allure sous nos yeux. On se croirait bientôt dans une expérimentation digne de 65daysofstatic… Mais le voyage se poursuit, nous sommes à « Springfield », l’ambiance est terriblement lente.. piano répétitif, basse enivrante, nappe mélodique. Le chant de Lee se fait par touche, prenant son temps jusqu’à avoir la puissance nécessaire pour nous clouer dans les sombres pensées d’un narrateur torturé. L’urgence se ressent, la musique se cassant et repartant aussitôt alors même que les musiciens détruisent nos barrières émotionnelles avec une puissance sourde.

Dans le même temps que les pistes défilent, nous suivons la route du narrateur par le biais de différents samples… Un téléphone qui sonne, un train qui passe, la pluie, la circulation, des voix lointaines… Nous sommes constamment sur le qui-vive, attendant impatiemment un signe nous guidant vers le but du personnage. Mais tout est nébuleux, comme dans un « Ghosts » éthérées, lointain, résonnant. Lee guide l’émotion, même quand la musique semble vouloir accélérer le mouvement. Alors que le terme du voyage se profile, « Wildfires » appose une atmosphère oppressante, les voix de Vincent se chevauchant jusqu’à son piano extrêmement grave, nos repères s’en retrouvent terriblement malmenés jusqu’à ce démarrage brutal, lent, sec… c’est saisissant.

« It’s okey, it’s just a dream, go back to sleep … »

Mais rêvons-nous vraiment ? « Back to the Start ». Fuir pour revenir. Un bruit de radio, une voix lointaine, une guitare un peu country… Nous rentrons chez nous. La musique s’apaise, alliant guitare acoustique et piano. Vincent nous berce de sa voix grave et mélodieuse, mélancolique et délicate. Mais delà à dire que la musique devient plus joyeuse… l’électronique se veut toujours assez perturbante, de même que l’ensemble basse-guitare reste très sombre. Les voix se lancent, sublimant un ensemble qui, s’il n’est peut-être pas joyeux, se veut plus positif… et au terme d’un long silence interminable, quelques notes de guitares, une petite fille chantant par-dessus, son père l’accompagnant… La fin d’un parcours et un bon retour chez soi ? Nous n’en saurons pas plus.

« The Optimist » est un album à prendre avec beaucoup de recul pour bien en saisir l’essence. Même si pleinement ancré dans la continuité, ce onzième album du groupe s’apprécie très différemment. Peut-être déroutera-t-il l’auditeur de sa construction plus expérimental et conceptuelle, très souvent piano-voix avec une majorité d’instrumentation Post-Rock et manquant peut-être de titres « centraux » ou encore de grandes envolées. Mais pour ceux faisant abstraction de ces détails, il en résulte un disque profondément noir, rempli d’une colère sourde et d’acceptation des peurs. Sombre et sensible, « The Optimist » marquera probablement moins dans le temps que ses prédécesseurs, mais laissera difficilement de marbres dans sa manière de raconter l’histoire de nos doutes.

8 Commentaires

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Molick - 07 Août 2017: "Franchement, comme je le disais déjà pour Distant Satellites, ce groupe n'a plus rien de Metal depuis son retour."

T'as posté ça avec Internet Explorer ? ^^

Ça fait 6 albums que ça plus rien de métal.
workflame90 - 09 Août 2017: A chaque écoute de cette album mon plaisir augmente d'un cran, Alors Metal ou pas!... en tout cas le niveau est là!
Just_an_Ellipsis - 17 Août 2017: J'ai l'impression parfois de lire le même genre de remarque que des groupes comme Linkin Park : " Ça n'a rien de Métal ".

Oui clairement depuis " The Silent Enigma ", le groupe a lâché leur Doom-Death. Mais ce n'est pas pour cette raison qu'il faut ressortir les même rengaines ... donc oui Anathema est référencé Métal car le groupe a su poser une énorme base au genre Doom dans le début des années 90. Et après et bien ils ont choisis de faire ce dont ils avaient envie et une très grosse majorité de leur public ne les a pas lâché pour autant et ça c'est quand même assez exceptionnel je trouve.
Just_an_Ellipsis - 17 Août 2017: @Molick
" A Natural Disaster " est pour moi leur perfection également. Et j'aime énormément le côté très direct de " A Fine Day to Exit ". Après, " The Optimist " est plus conceptuelle comme je le dis, moins immédiat .. il réclame bien plus de temps pour réellement l'apprécier. Les premières écoutes, je n'avais pas été hyper emballé pour te dire ^^
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