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Liste des groupes Doom Atmosphérique Anathema (UK) Pentecost III
EP paru en1995 - Peaceville Records
Anathema (UK) : Pentecost III, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 16/20
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Tracklist
1. Kingdom
2. Mine Is Yours to Drown In
3. We, the Gods
4. Pentecost III
5. Memento Mori


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possédé par 49 membres Album suivant
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NEUF
Chronique
17 / 20
    eulmatt, le Mercredi 12 Aout 2009 parlez-en à vos amis  
Pentecost III, EP tragique.
La destinée de ce format l’est souvent, tragique. Rarement affublé du prestige des albums qui s’accaparent l’essentiel des faveurs. Au pire un ersatz d’album dont on fustige la durée frustrante, au mieux un avant-goût éphémère d’un album à venir. Voilà bien l’ingratitude à laquelle est généralement soumise ce format peu populaire...
C’est définitivement le cas de Pentecost III, enfanté en l’année 94, dans la foulée du prometteur Serenades, mais mis dans les bacs quelques mois avant The Silent Enigma, un futur album culte, incarnant presque à lui seul la reconnaissance du talent d’Anathema...et quand fait partie de ces trentenaires qui ont suivi le parcours des Anglais à cette époque, et qui ont pu découvrir ce disque à sa sortie, surtout avant The Silent Enigma, on ne peut que s’émouvoir du destin funeste de Pentecost III, trop souvent (et honteusement) oublié depuis.

Pentecost III, EP tragique.
Le moteur artistique du disque, le carburant de sa création, c’est aussi un deuil qui affecte les membres du groupe au cours de cette année 94. Pentecost III est donc un hommage funèbre à ces proches brutalement disparus dans un accident. Quand on connaît la noirceur du doom/death des anglais, leur goût du funèbre et du désespoir qui transpire notamment de Serenades, il va sans dire que Pentecost III n’avait aucune chance d’évoquer la joie de vivre...

Une mélopée de quelques notes en son clair, une mélodie très pure et d’apparence anodine qui sort de nulle part et qui chemine lentement, avec entêtement. Voici Kingdom, ensorcellant morceau qui ne s’échappe pas de son thème. Car les minutes passent, et ces notes, toujours les mêmes, finissent par envouter l’auditeur. Anathema utilise la méthode du crescendo, construisant son morceau autour de ce fil rouge, ces quelques notes répétées à l’infini, en incorporant progressivement – et avec une subtilité remarquable – les différents ingrédients de la montée en intensité émotionnelle.
Quelques soli en second rideau, d’une beauté éthérée à couper le souffle, le chant presque récité dans une langueur plaintive, une basse souple et élégante, la batterie non moins subtile...les minutes passent, la puissance s’impose puis finit par exploser ; les trois notes sont toujours là, mais au travers d’un doom-death furieux et monumental, au lyrisme vibrant, au désespoir enflammé...après huit minutes à vous filer la chair de poule, les riffs s’enchaînent toujours plus implacables sans pour autant perdre ce fil mélodique qui s’est inscrit dans votre chair. Mo-nu-men-tal.
Il ne faut pas plus longtemps pour comprendre que le Anathema de Serenades a grandi, et mûri, sans pour autant sortir de son cadre doom-death. Désormais, la césure est nette entre le référentiel classique, utilisé jusque là et partagé avec ses congénères (construction entre couplet/refrain), et la nouvelle démarche d’Anathema. Le groupe n’hésite plus à se lancer dans des compositions éclatées, parfois réduites à la plus simple expression (comme Kingdom), retrouvant l’atmosphère décalée et aérienne d’un Pink Floyd.
Anathema semble avoir pris conscience que son art s’épanouit mieux dans les grands espaces, qu’il s’exprime plus profondément en s’échappant des cadres trop rigides d’un certain académisme. Le doom atmosphérique prend une forme encore plus aboutie grâce à l’audace des Anglais.
Le second morceau, Mine Is Yours, s’inscrit dans la même démarche. Bien que réutilisant une approche rythmique déjà entrevue sur Serenades (Sweet Tears notamment), avec son tempo chaloupé, il apporte lui aussi son chapelet d’émotions en jouant sur un registre épuré mais plus dur: après quelques minutes hypnotiques où le désespoir semble sans fin (doom très sombre), un accès de colère éruptive symbolisant un dernier souffle de vie (riffing mêlant le lyrisme du heavy metal et la puissance du death metal), vient rugir avant la lente agonie que laisse augurer la fin du morceau.
Un tantinet plus travaillé, We, The Gods puise encore plus dans le répertoire du rock progressif. La première moitié du morceau s’appuie par exemple sur une rythmique mélodique jouée à la basse, les guitares venant apporter en appoint quelques touches très esthétiques. Le morceau s’emballe sur un riff lyrique digne des plus grandes heures du heavy metal anglais qui parachève le morceau magistralement (comment ne pas penser à Hallowed Be Thy Name, le chant en moins…). Les dix minutes défilent trop vite.
Si le titre éponyme, instrumental et relativement court, reste dans la droite lignée émotionnelle des trois morceaux précédents, Memento Mori, le dernier titre, apporte un net contraste.
Non pas que l’atmosphère qu’il dégage, absolument lugubre, tranche avec l’état d’esprit du disque. C’est plus son identité musicale qui surprend, tant on croit entendre un morceau de Lost Paradise, au travers de ce death metal lent, malsain et franchement funèbre, qui semble un peu anachronique par rapport au contenu de Pentecost III. Sans doute le seul bémol à formuler sur cet EP (vous aurez noté que l’abstraction concernant la question de la qualité du son, qui ne vaut guère mieux que celui de Serenades…), même si Pentecost III aurait mérité une fin autre.

En résumé, Pentecost III est un disque remarquable et unique dans la discographie d’Anathema. La musique du groupe parvient à un degré de richesse émotionnelle incroyable, le tout dans un apparent dépouillement et un allègement profond de ses structures. L’aboutissement de la beauté dans la simplicité est indiscutablement le signe d’un talent hors normes. Pentecost III incarne donc un premier sommet artistique du groupe, celui qui réunit la puissance monolitique du doom/death et la beauté aérienne du metal atmosphérique, dans le cadre d’un univers l’un des plus noirs du genre. Même The Silent Enigma, superbe album encensé à juste titre, n’atteindra pas cette profondeur obscure...la musique du groupe aura déjà basculé vers son nouvel univers, même discrètement.

Pour tous ceux qui sont passés à côté de cette perle, pour diverses raisons, plongez donc dans l’obscurité des racines d’Anathema, à ce moment précis de l’histoire où elles coïncident avec celles du doom atmosphérique...d’autant plus que Pentecost III est toujours disponible (dans une version remasterisée que je ne connais pas), et comme quoi, tout n’est pas si tragique.



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3 commentaires
Mini-Chronique
    yogsothoth, le Mardi 11 Novembre 2008 parlez-en à vos amis  
Autant je n'ai pas tellement aimé "Crestfallen", autant ce "Pentecost III", acquis au même moment, résonnait plus agréablement à mes oreilles "doomiques".

Le chant de "Crestfallen" était trop guttural et les compos pas trop originales.
Ici, on commence dès le début dans une ambiance planante et mélancolique, avec un chant profond, des guitares graves et un tempo plutôt lent qui connaît un bref sursaut vers la fin : "Kingdom" est un régal !
"Mine is yours" et "We, the gods" sont bons sans être impérissables, mais on reste dans cette continuité bien lourde et désespérée.

On finit en beauté avec "Pentecost III" et surtout "Memento mori" qui clôt cet album très inspiré et qui annonce le magnifique Silent Enigma.
Allez on se le remet et on va se souvenir des morts...

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