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Chronique
 | note : 17/20 | Est-il réellement possible de mettre d’accord les fans les plus intransigeants de la scène black avec ceux du grindcore ? Vous revoyez déjà le tableau de la guerre fratricide qui opposait il n’y a pas si longtemps death metal et black metal. Hormis quelques exceptions comme Dissection, ou plus récemment Behemoth, les deux mouvements se sont toujours regardés en chien de faïence. Alors avec les grinders, qui se contrefoutent de leur look comme de Satan, et qui en plus revendiquent le statut de champion du style le plus violent, il n’y a pas moyen de s’entendre, vont me dire les blackmétaleux. La réciproque étant sans doute vraie.
Oui mais voilà (revenons à nos moutons), Anaal Nathrakh, lui, a réussi le tour de force de se faire aimer des deux camps, à tel point qu’il serait bien délicat d’apposer une étiquette stylistique en fer forgé aux anglais.
L’usage commun veut qu’on les rattache à la scène black, ce qu’eux-mêmes revendiquent. Certes. Pour autant, avec leur look de gendre idéal, leur habitude d’appeler Shane Embury ou Danny Herrera pour faire des piges sur scène ou lors des enregistrements, et leur nationalité anglaise (ouh le vilain cliché réducteur), la culture death/grind n’est pas négligée. Cessons donc cette digression qui n’a finalement que peu d’importance, dont le seul but est simplement de prouver qu’avec du talent on peut allègrement casser les barrières stylistiques souvent trop rigides qui régissent notre petit monde du métal…
Rentrons donc dans le vif du sujet, à savoir la musique. Et avec Anaal Nathrakh, l’entrée en matière est vive, Bellum Omnium Contra Omnes, comme vos vieux souvenirs de latin l’indiquent, n’est pas un hymne à l’amour. Riff ultra rapide, ambiance black très guerrière, et ça blaste sans franchement souffler. Nous voilà déjà gonflés à bloc, la hache au poing, prêts à taillader tout ce qui bouge. L’enchaînement avec Between Shit And Piss We Are Born est redoutable. Outre son titre encore une fois très suggestif, ce morceau qui a servi à faire les previews et la promo du disque est presque caricatural d’Eschaton : une entrée en matière plutôt grind, avec un chant criard, un riff très basique, puis une accélération déhanchée typique, qui nous conduit brutalement au refrain qui bascule dans le black symphonique à grande vitesse, façon Emperor, avec une mélodie épique et SVP un chant clair du plus bel effet. La mise à profit conjointe des deux écoles est prodigieuse, tant elle paraît naturelle et évidente.
Timewave Zero et The Destroying Angel laissent moins transpirer l’aspect symphonique, pourtant, vitesse impressionnante, puissance et intransigeance sont les maîtres mots. Ce qui est remarquable, c’est que malgré une brutalité et une vitesse qui confinent au black le plus brutal, on sent vraiment une maîtrise artistique incroyable qui s’appuie aussi sur une technique exemplaire. Des onces mélodiques parsèment les morceaux, et la cohérence harmonique n’est jamais effacée devant la violence musicale. Tout ce que je viens de décrire, d’une manière ou d’une autre, signifie bien qu’on est en face d’un grand disque de black metal. Et l’apport de touches grind est utilisé avec pertinence, car il permet à la fois de casser la linéarité des compos, et de réinjecter un soupçon de puissance dans une musique qui ne demande que cela. Ainsi, Waiting For The Barbarians nous emmène dans une ambiance épique, très guerrière, où tous ces différents ingrédients stylistiques sont assemblés avec talent. N’allez pas pour autant croire que l’album est trop linéaire et répétitif : avec par exemple When The Lion Devours Both Dragon And Child, Anaal Nathrakh prouve qu’il sait aussi jouer du death technique et lancinant, en s’appuyant sur des riffs qui restent gravés dans la tête, élégants et monumentaux. La personnalité du disque en est encore rehaussée, l’atmosphère devient sur ce morceau délicieusement suffocante, sans perdre de sa prestance et son côté dramatique.
C’est d’ailleurs ce qu’il faut retenir d’Eschaton. Dans sa capacité à pousser très loin la brutalité, Anaal Nathrakh parvient à conserver une maîtrise artistique remarquable ; les touches mélodiques, tantôt portées par les guitares, ça et là renforcées par du chant clair du plus bel effet, permettent d’apporter une finition soignée à ce déferlement de haine et de violence. L’ombre d’Emperor n’est pas très loin en fait… ce qui vous situe le phénomène.
Eschaton, de mon point de vue, est l’un des deux ou trois disques de l’année 2006, dans la catégorie du métal…extrême (histoire de ne froisser personne…).
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1 commentaire
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Lundi 13 Aout 2007 |
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Chronique
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| Pas d'introduction avec Anaal Nathrakh, le disque démarre sur les chapeaux de roues, avec des hurlements tantôt aigus dégageant un haine et une violence inouïe, tantôt graves à la limite du guttural, la guitare est saturée et la batterie jouée de façon assez rapide n'arrange rien et ne laisse aucun répit.
Pas de corpsepaints non plus, au lieu de miser sur les apparences, le groupe mise tout sur la musique en la faisant la plus violente possible. Paradoxalement sur certaines chansons comme "When The Lion Devours Both Dragon And Child" les refrains sont chantés en voix claires. De plus cette chanson a un refrain assez mélancolique.
Le refrain de "Timewave Zero" est meurtrier dans sa maniére de melanger le chant hurlé ainsi que le chant claire.
Le thème musical est principalement la mysanthropie comme en témoigne le titre "Between Shit And Piss We Are Born" (Entre la merde et la pisse nous sommes nés).
On a même le droit à des mélodies et à un solo de guitare sur le titre "The Yellow King".
Tous les titres de cette petite perle qu'est "Eschaton" sont rapides a l'exception d'un seul: "Regression To The Mean" qui avec un coté assez ambiant et pesant clôture l'album en beauté.
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Mardi 06 Fevrier 2007 |
Commentaire
| note : 18/20 | | Découverte inopinée de ce groupe par l'achat de Eschaton , un peu au pif en fait ! Je ne connaissais Anaal Nathrakh que de nom , et il est vrai qu'à la première écoute , l'album m'a laissé un peu perplexe ! Je n'avais pas trop compris la tempête qui venait de me traverser les tympans et ... je n'avais pas trop envie de réitérer l'expérience une deuxième fois d'affilée ! Par contre une fois qu'Eschaton a tourné dans ma bagnole , j'ai eu la révélation : j'étais en possession d'un album qui certes fait très mal par où il passe mais surtout d'une inspiration et d'une efficacité à toute épreuve !
Pour résumer , il faut imaginer un mix entre Napalm Death et Impaled Nazarene puissance dix , mais tout aussi bon !
Pour moi un des albums 2006 pour sûr (catégorie extrême) | Vendredi 04 Janvier 2008 |

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