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| 2000 - Spitfire Records |

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1. Brutal Planet
2. Wicked Young Man
3. Sanctuary
4. Blow Me a Kiss
5. Eat Some More (Taste the Pain)
6. Pick Up the Bones
7. Pessi-Mystic
8. Gimme
9. It's the Little Things
10. Take It Like a Woman
11. Cold Machines
12. Can't Sleep, Clowns Will Eat Me
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| Chronique |
 15 / 20 |
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Plombé, sombre et lourd... Ce sont les trois mots qui décrivent le mieux cet album d'Alice Cooper. Oublié School's Out, oubliées les chansons d'amour teintées d'humour de Trash ou Hey Stoopid, cette fois, l'artiste explore vraiment les contrées sombres de sa musique, qui savait pourtant déjà partir dans des délires morbides ( "I love the Dead" ou "Dead Babies". ) Alors oui, tenter de nouvelles choses, c'est bien beau, encore faut-il proposer quelque chose de crédible.
Si l'on fait le tour des sujets traités par Alice Cooper, on voit immédiatement que ça ne respire pas la joie de vivre : les meurtres de masse en milieu scolaire dans "Wicked Young Man" ( un an après les événements aux Etats-Unis ), les femmes battues dans "Take it like a Woman", la surconsommation dans "Eat Some More" ou cette histoire sinistre d'un homme collectionnant les os de sa famille et de ses amis décédés dans "Pick up the Bones"... Les titres à eux seuls sont très évocateurs, d'ailleurs, comme la pochette : sombre et étrange, très loin du joyeux kitsch de certaines autres ( Hey Stoopid, à nouveau, par exemple. ) Cet esprit glauque n'est cette fois pas un prétexte pour écrire des chansons au final plutôt sympathiques à la "Feed My Frankenstein". Cette fois, la musique et les paroles s'en ressentent vraiment.
Les trois adjectifs cités dans l'introduction conviennent à chaque chanson. Les guitares sont lourdes, le plus souvent lentes et répétitives... Ce qui cependant n'est pas un défaut, cela dessert l'ambiance très sombre recherchée dans cet album. Que ce soit un "Wicked Young Man" haineux aux riffs rappellant une alarme ou un "Pessi-Mystic" nihiliste, hypnotisant ou un "Cold Machines" empli d'un désespoir révolté, on ne sort pourtant pas des schéma établis et on prend quand même un réel plaisir à se laisser plonger dans les profondeurs noires de Brutal Planet. Ajoutez à ça quelques effets électroniques de ci de là, et vous aurez quelque chose de peu entendu chez Alice Cooper.
Mais tout n'est pas parfait pour autant, pas la peine de rêver. Car si l'album est bon, il est loin des meilleurs albums de monsieur Furnier. Certains fans seront d'ailleurs déçus par la répétitivité voulue mais maîtrisée des chansons, trop habitués à s'être passé les albums plus variés et plus accessibles et moins brutaux. Car en effet, si l'on compare aux débuts d'Alice Cooper, on est tout de suite frappé par la brutalité des guitares... On aime on on n'aime pas, mais une chose est sûre, il vaut mieux savoir où l'on met les pieds avant d'acheter l'album, c'est plus prudent.
L'album vaut donc 15/20 et n'est peut-être pas un indispensable, mais il pourra ravir beaucoup de monde... Comme il en décevera beaucoup d'autres. Quoi qu'il en soit, le maître se renouvelle et nous offre une galette pas mauvaise du tout, sentant bon la nouveauté... Et beaucoup d'autres odeurs moins agréables, mais c'est pour ça qu'on aime les albums sombres...
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