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| CD paru le 04 Novembre 2003 - Earache Records |

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1. Praise the Name of Satan 07:11
2. Prince of the North 02:04
3. Leviathan 07:48
4. Enraptured by Evil 04:06
5. Choronzon 02:07
6. Valley of the Crucified 05:09
7. Bathykolpian Avatar 05:26
8. Upon Coriacious Wings 01:47
9. Scapegoat 04:13
10. Son of the Morning 05:33
11. Becoming the Adversary 06:50
12. Goddess Flesh 02:31
Total playing time 54:45 |
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| Chronique |
 15 / 20 |
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Deuxième changement de label au bout de deux albums, et pas n’importe lequel. Signer chez Earache dans ces conditions, cela signifie forcément quelque chose; en tout cas la qualité de The Goat of Mendes a permis de placer son géniteur sous la lumière des projecteurs, ce qui n’est à la fois guère surprenant et en même temps un brin amusant quand on connaît le goût immodéré des Anglais pour l’obscurité démoniaque.
Ce changement de régime a t-il dénaturé la bête ? Ceux qui connaissent la bande de Mendonca et de Gray savent bien que le Mal est profond…Choronzon reste donc invariablement akercockien, du graphisme du livret (un poil plus élégant tout de même), des incantations obsessionnelles des lyrics, et surtout jusqu’au tréfonds de son ossature musicale.
Pour ceux qui découvrent le combo avec cet album, il s’agit d’un death/black absolument atypique, pouvant déverser des flots de violence haineuse sous diverses formes, du rouleau compresseur genre brutal death aux envolées black guerrières et parfois épiques, mais toujours dans une atmosphère blasphématoire des plus noires. Voilà pour le corps, mais Akercocke est bien plus inquiétant que cela, car son satanisme immodéré cohabite avec une double personnalité névrosée, qui va de l’utilisation fréquente de ces accords en arpège inquiétants, un chant clair et mélodieux qui ne dit rien qui vaille, de nombreux passages aériens et instrumentaux, et globalement des structures qui aiment se complexifier pour semer le trouble, le tout sans jamais perdre le fil d’une cohérence artistique impossible à prendre en défaut. Bref Akercoke est un groupe complètement barré, atypique, effrayant mais tellement talentueux.
Pour ceux qui connaissent The Goat of Mendes, cette description rapide pourrait laisser croire que Choronzon est dans la droite lignée de son prédecesseur. Et c’est ici qu’il faut nuancer avec autant de précision que possible.
Soulignons d’emblée que l’effet des moyens mis à disposition d’Akercocke se fait immédiatement entendre. Si les Anglais quittent ici une forme d’underground, c’est d’abord par le son : la production d’une grande clarté, avec le mixage cristallin de Neil Kernon, fait figure de première rupture. Je n’irai pas jusqu’à dire que le rendu est aseptisé, mais l’aspect abrasif et étouffant que l’on connaissait s’est un peu évanoui. Avant d’aller plus loin dans la déception, il faut rester cohérent et admettre que le groupe utilise avec justesse les nouvelles possibilités musicales qui s’offrent à lui.
J’en viens au second changement perceptible : l’utilisation plus massive des arrangements divers et variés, notamment des claviers régulièrement mis à contribution. Le caractère progressif de Choronzon s’en trouve d’autant plus marqué.
Symbole de cette transition – le mot est lâché – Leviathan, faisant d’ailleurs l’objet d’un clip, qui devient en quelque sorte le morceau référence d’Akercocke par le biais de sa promotion. Ses premières notes aérées, inquiétantes mais légères, son riffing fluide et direct, jusqu’à son final de la même veine, Akercocke se fait donc séducteur, accessible et ensorcellant…nonobstant son accès de colère révélant sa vraie nature, celle qu’on lui connaissait, pendant quelques dizaines de secondes en milieu de morceau. A dire vrai, vouloir se raccrocher à tout prix à ces comparaisons est parfaitement idiot, car ce serait oublier toute la qualité d’un tel morceau, qui manie à merveille la tourmente émotionnelle.
Pour autant, Leviathan reste la seule composition qui pousse si loin l’évolution. Si l’album est semé de d’inspirations progressives et de passages aérés, son rythme global est plutôt élevé et sa teneur virulente. En fait, c’est lorsque le groupe se montre le plus versatile qu’il est le meilleur. Il glace le sang lorsqu’il va piocher abondamment dans un black blasphématoire bien maîtrisé (Praise The Name Of Satan), se montre diaboliquement suffocant lorsqu’il ménage une descente aux enfers brûlante (la brutalisation progressive de Valley Of The Crucified qui résume les multiples talents du groupe), et sait même jouer avec un certain onirisme qui peut dérouter (comme le très baroque Son Of The Morning).
Pour autant qu’ils se montrent redoutables d’efficacité, les morceaux les plus radicaux dans la brutalité sont plus ou moins inspirés. Le terrifiant Enraptured By Evil, ou ce curieux Becoming The Adversary qui mêle un groove presque grind, des refrains de black sympho et quelques pointes nilesques, sont plus convaincants que par exemple Scapegoat ou Bathykolpian Avatar qui sentent un peu le pilotage automatique…mais le grief n’est pas bien lourd.
Une fois encore, Akercocke se montre très convaincant, maniant avec justesse son évolution vers des contrées musicales plus ouvertes et variées, sans perdre son âme de possédé notoire. Si cela paraît aussi fluide et naturel, c’est d’abord parce que le talent du groupe semble s’épanouir au fil de son ambitieuse progression, et qu’artistiquement, il semble intarissable…
Choronzon, à considérer soit comme une synthèse à mi-parcours résumant les différentes facettes du groupe, soit comme un album de transition à part entière, entre la face démoniaque et directe de ce monstre de The Goat of Mendes et la personnalité schizophrène et séduisante de Words That Go Unspoken, le bijou à venir…
A chacun de voir, toujours est-il que Choronzon est indispensable.
2 commentaires |
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| Mini-Chronique |
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Tiens, j'ai bien envie de faire du Métal habillé en costard...Ah zut ! Akercoke l'a déjà fait ! Bon, s'il est d'un visuel assez surprenant, alors que dire de sa musique ! Groupe réellement innovant et original, Akercoke avec ce 3ème album nous livre un véritable bijou de compositions. Alors qu'un morceau comme "Leviathan" frise l'hystérie dévastatrice, un morceau comme "Son of the morning" (mon préféré)nous délivre un morceau tout en nuance, avec des alternances de chants clairs et gutturaux, ainsi que criés, mais le chanteur semble ne pas avoir de limites...Et le plus incroyable c'est que les musiciens non plus ! On passe de morceaux feutrés avec guitares électroacoustiques à des riffs cataclysmiques qui, servis par une très bonne production, claire et audible,sont de véritables bombes qui explosent dans nos oreilles !
Les CD d'Akercoke ne plairont certainement pas à des Métalleux bornés qui pensent qu'au blast-beat et aux riffs à trois accords joués à 300 km/h !
Je pense qu'il faut être vraiment ouvert d'esprit afin de rentrer dans leur univers, mais une fois rentré, on découvre vraiment un talent pour les arrangements et l'agencement des structures.
Cet album, c'est un peu comme si vous mettiez Mekong Delta,Morbid Angel, SOAD et Abigor dans un shaker, et que vous en sortiez le meilleur...
A écouter absolument!
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