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| CD paru le 06 Mars 2009 - Elegy Records / Darker Than Black Records |

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1. In Power 2:10
2. Dictator 5:21
3. Slaves of God 4:40
4. The Encomium of Terror 6:30
5. Chambers of Hate 5:31
6. Solitary Supremacy 5:50
7. Zogisdead 5:13
8. Total Völkermord 4:14
9. Schlachthaus Der Gedanken 7:18
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| Chronique |
 17 / 20 |
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TROIS semaines avant de recevoir ce bijou ! Je n'y croyais plus... (Et puis je me suis rendu compte que je m'étais planté dans l'adresse...) Quoi de mieux pour sauver d'une journée de merde avec cette nouveauté ?
"I am not a slave of God"
Une phrase très rependue dans le monde Metal, réutilisée à tout bout de champs dans le True Black ou Brutal Death et ici méchamment mise en avant comme "slogan officiel" pour cet impitoyable et très attendu Dictator - A Monument of Glory de la part de notre cher dictat... heu Kaiser Wolhanaz.
Puissance, agressivité, rapidité. On n'avait pas vu ça depuis Theory 0, malheureusement un peu décevant pour les fans. Car ici c'est une vraie évolution musicale. La voix de l'époque Climax Of Hatred n'a pas changé, à peine étouffée par le son des instruments. Ce son Black industriel conférant un style militariste propre à Ad Hominem - et que nous avons pu découvrir à travers l'étonnant EP précédent - est ici un peu plus poussé dans le titre éponyme qui suit une introduction ténébreuse et presque inquiétante.
Ça nous met dans l'ambiance, ça nous prépare à la tuerie... Ça troue le cul et... ça redescend...
Des chants... une musique... un opéra... étrange, t'es sûr que c'est bien l'excellente Slaves of God qui nous avait mis l'eau à la bouche sur le MySpace ? T'es sûr qu'ils se sont pas plantés là ?? Putain encore une erreur d'enregistrement hein ! C'est peut-être une connerie de passage qu... Oh putain non c'est elle !
Bon, ça peut paraitre exagéré, mais au moment où j'écris cette chronique j'en ai les mains qui tremblent. Non, je ne suis pas une groupie du Kaiser, mais l'effet que nous procure ce nouvel opus est vraiment... indescriptible. C'est sûr, ça ne vaut pas les anciens albums. Ad Hominem est vraiment sorti de la catégorie Black Metal underground (NS ou pas, peu importe), mais la puissance est là !
Et ça continue, même pas le temps de se remettre de ses émotions (ou alors un petit peu sur The Encomium of Terror). L'ambiance nous plonge complètement dans ce nouvel empire totalitaire où règne haine et terreur.
Une terreur qui nous rattrape... Chaque silence sur cet album soulage peut-être les oreilles, mais certainement pas le cœur. On angoisserait presque si tout ceci était vrai.
Chambers of Hate reste cependant un peu torché à mon goût. Quant à la suite, elle n'emporte pas plus que ça non plus... on se croirait face à un discours (un peu) énervé de 1937, sauf que le moustachu est remplacé par un chevelu et puis on se demande où ça veut en finir...
Oh ! Tiens, une autre track connue. ZOG is Dead, qui, comme la troisième et excellente piste du début, nous résume le nouveau style de Kaiser dans un contexte plus politique (cf. ZOG pour ceux qui en ignorent encore la signification). Encore des slogans criés en fond qui procurent cette ambiance très propre au nouveau Ad Hominem.
Mais alors pour ce qui va suivre, grosse déception.
Si vous êtes de ces puristes des anciennes chansons peu connues et que vous aurez remarqué la présence de Total Völkermord (oui, troisième édition), vous serez déçu à votre tour. Non pas qu'elle est nulle, mais qu'elle est massacrée par ce nouveau son. L'orgue qui donnait ce côté malsain et inquiétant n'est plus présent. Le chant ne dégage plus du tout la même impression. Et les paroles ne seront jamais mises au jour, absentes sur le livret, dommage. Un changement intéressant néanmoins, qui nous montre qu'un artiste peu jouer avec n'importe quel style. A quand une version acoustique ?
Le dernier titre en allemand - mais malheureusement, seulement le titre - (oui, je suis assez friand de langues germaniques) nous clôture cette nouvelle tuerie comme elle nous l'a ouverte. Mais sans dernier coup de puissance, sans dernier slogan totalitaire à scander sous les pavillons tricolores... Oui, au passage vous aurez remarqué de la couleur ! Nous fûmes très surpris devant le lumineux Theory 0, nous le sommes toujours devant ce nouveau Dictator. Fini le noir et blanc. Fini le chant saturé. Fini la violence violemment violente et typiquement Black Metal.
Une nouvelle ère de terreur s'est ouverte, un nouvel empire s'est créé avec ce nouveau son hérité des cendres de Climax Of Hatred et du petit EP de passage.
11 commentaires |
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| Chronique |
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Sorti de l'esprit de Kaiser Wodhanaz il y a dix ans, Ad Hominem est une formation que l'on ne présente plus. Pilier du black metal français, AH a su innover en créant un monde à part, à la fois cru, haineux et typiquement black. L'album "Planet Zog - The End" est celui qui a envoyé AH au faîte du monde underground, certes à grand renfort de provocations politiques, mais le tout formait une masse musicale si accrocheuse et si juste qu'on ne pouvait pas ne pas y prêter attention. Il y eut après "...for a new world", que j'ai trouvé très décevant, Kaiser faisant dans la surenchère côté paroles sans y attacher des riffs très catchy ou très variés. Ensuite vinrent quelques splits, pas mauvais du tout quoi qu'un peu inégaux. "Climax Of Hatred" releva le niveau, avec un côté lourd sans l'être trop et le retour de l'ambiance totalitaire propre à Ad Hominem. Certains en ont voulu à Kaiser parce qu'il avait, dit-on, vendu son cul à l'industrie pour sortir cet album. Et après ? Tant que la musique n'en pâtit pas, je ne vois pas l'inconvénient. Les groupes comme Nightwish ou Die Apokalyptischen Reiter (dans un autre genre, on l'avouera) sont devenus mous et inintéressants parce qu'ils se sont mis à viser un public trop large. Ad Hominem a peut-être glissé ses albums dans les forges de la grande distribution, l'important est qu'il n'y perde pas son âme, et à mon sens il a plutôt bien réussi à la garder.
Le mini-CD "Theory 0", sorti fin 2007, était musicalement très bon. On y retrouvait l'atmosphère tant appréciée (ou décriée) de Planet ZOG, avec un côté plus développé. Son contenu était néanmoins décevant : sur quatre chansons, il y avait deux reprises et un remix, ainsi qu'un clip... disponible sur Youtube. Bref, pas de quoi pavoiser malgré cette fois le retour de la coloration militariste des débuts. Heureusement, AH est de retour. Après trois ans de silence (si l'on excepte la sortie de Theory 0), voici l'album qui renoue avec l'ambiance totalitaire et puissante de Planet ZOG, tout en y ajoutant une production au poil : Dictator ! Sorti avec deux mois de retard, livré au bout de trois semaines minimum, on peut dire qu'il a fait rêver pas mal de fans. Les samples mis sur Myspace étaient déjà alléchants. Ca tombe bien, Dictator est très bon, au point d'en être probablement le meilleur album d'AH fait jusqu'ici.
Ad Hominem n'est pas politique, mais la politique se glisse dedans. L'ambiance, la coloration noir-blanc-rouge de l'album, tout dedans donne l'impression d'une liberté par le totalitarisme. Non que le totalitarisme soit un régime très libre ; seulement, AH nous met aux commandes d'une monstrueuse exaltation, où haine et amour se dissolvent dans une volonté exaltée jusqu'à la lie. Que le défilé commence, avec autant de tambours que de fusils !
Les riffs sont rapides, catchy, avec un bon équilibre entre le lourd et l'acéré. Les paroles collent bien à la musique. Toujours sans concession, soulevant la haine pour en faire un catalyseur de l'énergie musicale. Il faut avouer que question claque dans la gueule, Kaiser Wodhanaz en connaît un rayon. Le chant est très bon aussi, quelquefois modulé, ce qui est extrêmement rare dans le BM. B.A.R. impeccable, musique tantôt furieuse tantôt propice au headbang, il y a de quoi se faire plaisir de nombreuses écoutes durant. Le meilleur réside dans les passages scandés. L'alliance des voix fait toujours frissonner, et quand elle est portée par l'énergie, elle emmène l'auditeur assez loin. On se plaît à imaginer les esclaves de Dieu conduits à l'échafaud dans la chanson "Slaves of God", ou une foule tenue comme un seul corps dans "Dictator"...
AH fait partie des quelques groupes qui ont compris que ce genre de choses, politiquement ou moralement incorrectes, ne sont pas un matériau radioactif à craindre comme la peste. Au contraire ! Comme catalyseur du plaisir musical, il n'y a pas mieux ! La haine, l'envie, la construction et la destruction ne font qu'un dans Dictator. A l'écoute de l'album, la liberté chute comme un vase et elle se répand sur ceux qui sont en dessous, les ceignant de ses énergies destructrices, pour le plus grand plaisir de l'art qui tire son énergie du négatif. Il n'y a pas de limite à cela, et surtout pas politique. D'ailleurs, la chanson "ZOG Is Dead" est totalement jouissive à l'écoute, sans qu'on ait besoin d'être NS ou non pour le ressentir : choeurs scandés, riffs rapides et puissants, batterie qui donne une furieuse envie de balancer sa tête d'avant en arrière... Quant à la reprise de "Total Völkermord", elle a un petit côté dansant qui est assez original. Certes, on y perd le côté malsain des débuts, mais on ne perd pas au change puisque Kaiser parvient à renouveler l'atmosphère d'une même chanson.
A part ça, les transitions entre les titres, les passages calmes dans les chansons, les rythmiques de batterie... tout est bien arrangé. Comme Planet ZOG, en mieux.
Un seul regret : le dernier titre, "Schlachthaus der Gedanken", est un peu long à mon goût. On y entend des rythmiques abrasives qui fatiguent un peu l'auditeur après la joie destructrice du reste de l'album. Mais bon, le reste efface largement ce petit inconvénient. On regrettera également que notre Kaiser national ait déménagé en Italie. Non que j'aie quoi que ce soit contre les italiens, mais AH ne fait plus de concerts que dans le sud de l'Europe ! Espérons qu'ils penseront aux européens du nord pour leurs prochaines sessions. En attendant, cet album se laisse volontiers écouter plusieurs fois, surtout si on n'est pas fatigué.
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